Un jour, un métier - Lespinas, voyage en terre maorie

  • Régis LESPINAS
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Depuis la fin de sa carrière, l’ancien trois-quarts propose des stages d’immersion au sein du rugby néo-zélandais à travers son entreprise NZ Rugby Connect. Toute l’année, Régis Lespinas accompagne ces jeunes joueurs qui tentent l’aventure à l’autre bout du monde.

Un voyage et une expérience en Nouvelle-Zélande ont changé la vie de Régis Lespinas. Après avoir bourlingué à travers la France, de Brive à Lyon en passant par Montauban et Montpellier, l’ancien ouvreur est parti au pays du long nuage blanc. Nous étions alors en juillet 2013. "Après deux saisons assez difficiles au Lou, j’avais besoin de changer d’air et de me lancer un défi. J’avais la sensation de ne pas avoir atteint mon pic en France mais presque. J’avais besoin de fraîcheur, de retrouver l’essence de ce sport : le plaisir ! J’avais aussi cette envie de voyager et le choix de la Nouvelle-Zélande s’imposait comme une évidence tant sur le rugby que sur la découverte d’un nouvel environnement. J’y étais déjà allé en tournée avec la sélection des moins de 17 ans. C’est un pays fabuleux, peut-être l’un des plus beaux dans le monde."

Dix ans plus tard, voilà de nouveau le Corrézien dans l’avion pour vivre une deuxième expérience au pays des All Blacks. Un début en amateurs "sur des terrains avec des ficelles pour tracer l’aire de jeu, et pas grand monde au bord du terrain". Puis une ascension progressive qui l’a emmené jusqu’à l’équipe de Hawke’s Bay, située à Napier et le championnat des provinces néo-zélandaises (anciennement ITM Cup, aujourd’hui appelé Mitre 10 Cup) - où il a notamment côtoyé des All Blacks comme Israel Dagg, Alby Mathewson, ou encore Zac Guildford. "Tout ce chemin m’a permis de découvrir toute la partie immergée de l’iceberg du rugby néo-zélandais. Tout le monde voit les All Blacks, le Super Rugby. C’est magique, incroyable, c’est ce qui se fait de mieux en termes de rugby dans le monde. Mais ce que les gens ne voient pas, ce sont toutes ces strates pour y arriver, comment les Néo-Zélandais vivent ce sport, comment le rugby leur est inculqué. Nous ne sommes pas beaucoup à avoir tenté l’expérience, donc en rentrant en France, je me suis dit que je pouvais aider les jeunes qui voulaient tenter l’expérience. De leur donner les outils pour partir, pour qu’ils puissent apprendre ce que j’ai appris durant mon séjour là-bas…"

Le fils de Szarzewski a intégré un lycée néo-zélandais grâce à NZ Rugby Connect

Dès la fin de sa carrière à Aix-en-Provence en 2018, Régis Lespinas crée son entreprise NZ Rugby Connect. Le concept ? "Organiser des expériences pour découvrir le cœur du rugby néo-zélandais." Peu importe l’âge ou le niveau, il y en a pour tout le monde. Et même désormais pour les staffs. "Les programmes se déclinent en termes d’offres. Je travaille notamment avec sept lycées reconnus en Nouvelle-Zélande, comme celui de Napier (Napier Boys’High School) où est actuellement un jeune Lyonnais Nathan Fialip ou celui de Roturua (Rotorua Boys’High School) dans lequel se trouve Hugo, le fils de Dimitri Szarzewski. Les stages d’immersion et de développement peuvent durer de quatre à six mois ou bien quatre semaines intenses durant l’été dans un lycée à part entière. Je travaille aussi désormais avec des universités ou des établissements permettant de valider des matières à l’étranger. En ce qui concerne la performance, il est aussi possible de s’entraîner entre quatre et vingt semaines avec les meilleurs jeunes des provinces, les plus gros talents néo-zélandais. Les jeunes découvrent alors une nouvelle approche en termes d’apport technique, de préparation mentale notamment."

Actuellement, l’ancien international jeunes travaille le développement de tournées d’équipes françaises au pays des All Blacks à travers un circuit créé sur-mesure en fonction du niveau. Depuis quelque temps, Régis Lespinas propose des stages de deux semaines de coaching, la première au sein de l’équipe des moins de 18 ans des Hurricanes, puis avec l’équipe de Hawke’s Bay. "Le but est d’apprendre à apprendre. Les Français passent leur journée avec les entraîneurs néo-zélandais et travaillent avec eux pour tout ce qui est identification, accompagnement, création de séances. Actuellement, je devrais être là-bas pour accompagner ces entraîneurs qui voulaient tenter l’expérience. Malheureusement la pandémie du coronavirus nous a contraints à annuler."

Mais loin de se laisser abattre, le néo-entrepreneur a profité de cette période pour faire évoluer ses offres. "Je crois que durant ce confinement, tout le monde a appris. De mon côté, j’ai pu voir comment les gens réagissaient, ce dont ils avaient besoin. J’ai pu beaucoup échanger avec les entraîneurs en Nouvelle-Zélande. J’ai donc décidé de lancer, en septembre, un parcours de formation en ligne de plusieurs semaines avec la méthode néo-zélandaise sur tout ce qui est de l’approche ou de la philosophie." Si Régis Lespinas est désormais revenu vivre à Brive, en Corrèze, la terre de ses débuts, il s’envole régulièrement pour le pays des Kiwis. "Je devais y aller pour un mois, pour faire le tour des jeunes dans les camps, pour voir comment ils sont accueillis, pour continuer à m’imprégner de cette culture."

Un concept novateur

En créant cette entreprise, l’ancien ouvreur ne s’est pas trop éloigné du monde du rugby. "C’est intéressant de rester dans un milieu que je connais depuis plus de quinze ans. Mais je ne fais pas que du rugby. Il y a aussi de l’entreprenariat, du développement de la personne ou de l’organisation de voyages par exemple. Durant ma dernière année à Aix-en-Provence, je suivais en même temps la formation "Parcours du manager" proposée par la Toulouse Business School aux joueurs de rugby." Une formation qui lui a permis et lui a donné envie de passer le pas pour créer son entreprise. "Cela m’a beaucoup apporté. D’ailleurs je travaille toujours avec certains responsables de la formation, comme Sophie Duplan."

Si le concept le NZ Rugby Connect est novateur, c’est parce que Régis Lespinas a toujours voulu apporter quelque chose de particulier mais pas seulement en termes de rugby, il veut faire vivre une expérience globale. "C’est-à-dire qu’un jeune joueur qui part en Nouvelle-Zélande ne va pas faire que du sport, il aura des visites, de la culture, de l’éducation, l’apprentissage de l’anglais, des rencontres, bref un programme pour se développer personnellement." Tout cet accompagnement, le Briviste le fait seul. Il ne compte aujourd’hui aucun employé avec lui. "J’ai besoin de tout maîtriser, d’avoir ce contact avec les dirigeants qui accueillent les jeunes, avec les gens qui partent vivre l’expérience."

Si l’année 2020 devait être réellement l’année de lancement de son entreprise, celle-ci va être retardée à cause du covid-19, Régis Lespinas espère que les frontières vont pouvoir rouvrir afin de reprendre totalement son activité. En attendant, l’ancien trois-quarts a pu travailler sur de nombreux projets afin de développer toujours un peu plus son entreprise. "Ce sera difficile de partir en 2020. Il y aura, en septembre, ces sessions de coaching pour entraîneurs avec des Néo-Zélandais en direct ou par enregistrement. Je travaille déjà sur les futurs visas étudiants sur la période fin 2020-début 2021 pour les longs stages (plus de trois mois) dans les écoles et universités. J’espère avoir la possibilité de faire les séjours courts dès l’été prochain." Alors après cette période de confinement, êtes-vous prêts à sauter dans l’avion et vous envoler au pays du rugby ?

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