Saga Bordeaux - Pour Poirot, retraité international « renoncer, c'est avancer ! »

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Jefferson Poirot, pilier et capitaine de Bordeaux-Bègles, a choisi d’arrêter sa carrière internationale. Il sera donc à deux cent pour cent avec son club et espère bien que la saison prochaine sera sa meilleure sous les couleurs de l’UBB.

Avez-vous fait le deuil de ce qui vous est arrivé l’an passé ?

Nous avons ressenti beaucoup de frustration. Mais j’ai l’impression que nous avons changé cette frustration en motivation. Je reconnais que j’avais peur qu’on reste sur ce coup dur. Mais finalement que tout le monde est prêt à repartir encore plus fort et je pense que nous serons encore sur la continuité de l’an passé. Cette saison, il y eut finalement peu de recrues, le groupe n’a pas trop bougé ce qui veut dire que nous allons profiter du socle que nous avons construit l’an passé. Tous les signaux vont dans ce sens.

Vous avez tourné la page du Top 14, mais la page de la Coupe d’Europe, elle, est restée en suspens…

C’est sûr que c’est particulier, quand on voit que le troisième match officiel sera un match de phase finale (un quart de finale de Challenge Cup face à Edimbourg, N.D.L.R.). Oui, et je me dis qu’il fallait vraiment être tous prêts début juin. C’est bizarre, la préparation aura été très très longue, mais les matchs décisifs vont arriver très vite.

Après votre annonce du retrait de l’équipe de France, démarrez-vous une autre carrière ?

Non mais je serai forcément plus investi dans le club. C’est un souhait personnel. Ma décision fait que j’aborde cette saison différemment, je sais que je pourrai y aller à 200 % car j’aurai des trous en novembre ou en février. C’est la différence avec ce que je vivais en tant qu’international.

Vous avez fermé la porte, mais vous n’avez pas jeté les clés… On peut imaginer qu’en 2023, s’il y avait une pénurie à votre poste, vous pourriez revenir…

Je les ai toujours les clés oui. Mais 2023, c’est loin. Je ne sais pas où j’en serai personnellement. S’il y avait vraiment un besoin et si j’avais la même hargne qu’en 2016-2019, on en parlera peut-être… Mais je viens de faire un choix fort, je ne peux pas rester dans le vague, dire que je ne sais pas trop, que je vais peut-être revenir, que je ne sais pas finalement. Une chose est sûre, si c’est uniquement pour la prime ou pour la lumière, je ne reviendrai pas.

Vous avez brisé la croyance qui dit que les piliers sont à l’apogée de leur savoir-faire après trente ans…

Oui, j’arrête l’équipe de France, mais j’espère bien montrer ce que je savais faire avec mon club. J’ai commencé à 23 ans en bleu, je n’étais même pas encore vraiment titulaire avec l’UBB à ce moment-là. C’est presque la sélection qui m’a fait devenir titulaire à Bordeaux. Il y a beaucoup de choses que je n’ai pas pu faire, j’ai envie de voir autre chose, de travailler sereinement, me laisser du temps dans le but de la performance. Je sentais que j’étais sur un plateau et que je ne pouvais plus aller plus haut. Il fallait sacrifier quelque chose.

Le fait d’être capitaine et de ne faire qu’une quinzaine de feuilles de matchs a-t-il joué dans votre décision ?

Oui, les deux dernières années, j’étais capitaine et j’étais très peu présent au club. C’était difficile de voir les amis se battre pour le maillot sans moi et surtout, c’était difficile de leur expliquer les choses alors que j’étais absent. J’ai besoin de vivre ce capitanat ou ce leadership à fond. En fait, J’étais un peu partout à la fois mais pas vraiment et pas là où il fallait.

Le projet de Christophe Urios et de l’UBB a-t-il pesé sur ce choix ?

Ce n’était pas du tout le projet du club de me voir arrêter l’équipe de France. J’ai lu ça ici ou là et ça me fait bien rire. On ne m’a rien demandé ici, je vous l’assure. Ce choix est vraiment personnel. Je pense que renoncer, c’est avancer. Parfois, il faut savoir renoncer à quelque chose pour aller taper plus fort. Et peut-être que j’avais besoin de ça.

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