Saga Grenoble - Bousquet : « Je ne me projetais pas encore comme un entraîneur »

  • Jonathan BOUSQUET of Perpignan during the Pro D2 match between Biarritz and Perpignan on February 20, 2020 in Biarritz, France. (Photo by JF Sanchez/Icon Sport) - Jonathan BOUSQUET -  (France)
    Jonathan BOUSQUET of Perpignan during the Pro D2 match between Biarritz and Perpignan on February 20, 2020 in Biarritz, France. (Photo by JF Sanchez/Icon Sport) - Jonathan BOUSQUET - (France) Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Arrivé de l’Usap où on lui proposait une place au sein du staff, Jonathan Bousquet compte bien s’éclater encore quelques saisons sur le terrain, ainsi que dans le rôle de buteur où il aura la lourde tâche de succéder à Gaëtan Germain.

Vous quittez Perpignan après six belles saisons, dans le contexte que l’on sait… Comment l’avez-vous vécu ?

Comme un déchirement, tout simplement. Ces six ans de ma carrière ont été superbes, on aurait bien aimé aller au bout encore une fois cette saison… Quand je raccrocherai les crampons, cela restera probablement un de mes plus grands regrets : celui de ne pas avoir eu la sortie que j’aurais aimée à Aimé-Giral, celle que beaucoup de gens auraient voulu me réserver. Celle que je méritais, peut-être…

Et vous voilà à Grenoble, le "meilleur ennemi" de l’Usap ces dernières saisons…

Je ne me voyais pas rejoindre un club qui ne visait pas la montée. Alors quand Grenoble est venu taper à la porte, cela m’a intéressé. C’est le même genre de club, le même profil d’équipe très joueuse, avec un très bon technicien comme entraîneur en la personne de Stéphane Glas. Cela fait à peine plus de deux semaines que je suis là, et je me surprends à trouver tous les jours des similitudes avec l’Usap.

Pourquoi avoir quitté Perpignan, au juste ?

Parce que lorsque nous avons ouvert les discussions, Christian Lanta et Patrick Arlettaz m’ont proposé un contrat d’un an en tant que joueur, avant d’intégrer le staff comme responsable du jeu au pied, avec toutes les missions attenantes. C’était une belle proposition, je n’ai pas me plaindre. Mais au fond de moi, quand je me lève le matin, je me projette encore comme un joueur. Ma fin, je veux la choisir, pas qu’on me l’impose d’une manière ou d’une autre. Je pense que j’ai encore au moins deux ou trois ans à faire sur les terrains, et c’est ce qu’on me proposait à Grenoble. Pas à Perpignan. Alors, je n’ai pas hésité…

Vous quittez l’Usap deuxième meilleur réalisateur de l’histoire du club, derrière Benoît Bellot…

C’est une fierté ! Avoir dépassé Jérôme Porical, ce n’est pas rien… Ça montre une certaine régularité, tout le travail que j’ai consenti pour en arriver là. Six ans, c’est long, et rien que le fait d’avoir enchaîné les matchs en tant que buteur numéro un, ça veut dire quelque chose. Quand on sait tous les grands buteurs qui ont porté ce maillot, les Thierry Lacroix, Manny Edmonds, Nicolas Laharrague, James Hook, Dan Carter…

Le tir au but, c’est…

Un truc qui est ancré en moi. Une responsabilité que j’ai toujours endossé, même dans les équipes de France jeune. Quand j’étais gosse et que j’étais ramasseur de balle, à Béziers, je me régalais à voir taper Federico Todeschni avec sa frappe de footeux, tellement souple. Après, je n’ai pas eu de modèle en tant que tel au niveau de ma frappe. En revanche, j’ai essayé de m’inspirer de certains joueurs dans leur rapport au travail.

À Grenoble, vous allez vous disputer la place de buteur avec Enzo Selponi, qui sort d’une superbe saison et que vous connaissez bien. En avez-vous déjà discuté ?

Non, mais c’est drôle. Quand j’ai connu Enzo à Perpignan, il butait avec le même tee que Jonny Wilkinson. Un jour que j’étais blessé à l’épaule, ils étaient plusieurs à s’entraîner avec Tom Ecochard, Seb Descons… Il a vu que je ruminais et m’a dit de dire ce que j’avais à lui dire pour le corriger. Au vu de sa manière de frapper, je lui ai simplement conseillé d’essayer mon tee. Quand j’étais arrivé à Oyonnax, Sébastien Bouillot et Francis Fullin m’avaient proposé d’essayer le leur, que j’avais adopté tout de suite après une petite transformation, car je coupe les picots pour que le ballon soit plus bas… Bref, j’ai donné deux ou trois conseils à Enzo, il a adopté lui aussi mon tee, et il a surpris beaucoup de monde…

Vous présentez un gabarit modeste d’1,70m, presque anachronique. Pensez-vous que vous auriez pu réussir la même carrière sans l’atout du tir au but ?

Oui et non… Oui, parce que j’ai réussi à faire de bons matchs indépendamment des tirs au but. Et non parce qu’à un moment donné, le fait d’être buteur numéro un a certainement poussé les entraîneurs à me faire plus confiance, à me laisser sur le terrain plus que d’autres. On sait bien à quel point un buteur fiable est important dans le rugby moderne. C’est un atout qui compte.

L’évocation de votre gabarit n’est pas anodine… Au FCG, vous partagerez votre poste avec un autre "petit", Ange Capuozzo…

Ange, quand je l’ai vu jouer l’an dernier, je me suis revu à mes débuts à Béziers. Un joueur foufou, qui relance de partout et utilise très peu son jeu au pied. Moi, j’ai 32 ans et même si j’espère qu’il ne s’agit pas de mon dernier contrat pro, ce challenge à Grenoble est peut-être mon dernier. Je suis là pour jouer, mais aussi pour accompagner les jeunes. C’est comme cela que je vois mon rôle, nous avons une mission de transmission vis-à-vis de plus jeunes, car les trentenaires vont se faire de plus en plus rares dans le rugby. Je ne suis pas une star, mais j’ai quand même joué 260 matchs professionnels et j’ai une certaine expérience à transmettre. Et puis, si besoin, je peux aussi jouer à l’aile…

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