Saga Provence Rugby - Cibray : « Arrêter de faire le yo-yo »

  • Assistant coach Fabien Cibray of Provence Rugby during the French Pro D2 match between Colomiers and Provence Rugby on August 19, 2018 in Colomiers, France. (Photo by Manuel Blondeau/Icon Sport)
    Assistant coach Fabien Cibray of Provence Rugby during the French Pro D2 match between Colomiers and Provence Rugby on August 19, 2018 in Colomiers, France. (Photo by Manuel Blondeau/Icon Sport) Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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S’il demeure un jeune coach (34 ans), Fabien Cibray, l’ancien demi de mêlée a beaucoup appris de l’exercice 2019-2020, et compte s’appuyer sur cette saison paradoxale pour emmener son équipe vers plus de constance.

Parfois brillante, parfois à côté de ses pompes : votre équipe a connu un exercice 2019-2020 marquée par des dynamiques très fortes. Qu’est-ce que cela va vous apporter ?

Nous avons été sur courant alternatif toute la saison ! Le plus dur pour le groupe durant la période creuse, c’est que même s’il nous arrivait de remporter des matchs, c’était toujours au forceps… Ces victoires te permettent de rester dans le ventre mou, mais le contenu n’était pas bon. Paradoxalement il nous a fallu une "défaite encourageante" à domicile contre Mont-de-Marsan en janvier pour se remettre sur de bons rails. Cette défaite au contenu positif nous a fait mal, mais a eu le mérite de nous faire péter nos difficultés à la gueule. Elle nous a permis de nous remettre en question.

On sait que qu’Aix-en-Provence est ambitieux : après deux saisons en Pro D2, quels objectifs se fixera le club pour ce nouvel exercice ?

L’objectif ne sera pas comptable, mais davantage de rivaliser chaque semaine : qu’on joue à domicile ou à l’extérieur, face aux gros ou aux moins gros, qu’il fasse soleil ou qu’il pleuve. La priorité est de gagner en constance, et d’arrêter de faire le yo-yo. Cette régularité doit nous permettre d’être plus tôt à l’abri, et éventuellement d’être plus ambitieux par la suite. On préfère gagner en constance et augmenter les curseurs de notre niveau de jeu, plutôt que de se fixer un objectif chiffré. On doit apprendre à gagner petit quand on ne joue pas bien et à arracher un point quand on perd. Le championnat va être compact cette saison, ça va être la bagarre tous les week-ends, et il faudra être capable de répondre présents chaque semaine.

Personnellement vous demeurez un très jeune coach. Sur quels points précis aimeriez-vous encore vous perfectionner ?

En général on démarre dans l’ombre de quelqu’un qui a des épaules très larges, qui fait l’éponge et te permet d’apprendre et de progresser. Moi j’ai été propulsé assez jeune dans le rôle d’entraîneur. J’ai fait des erreurs, et j’en fais encore, mais j’essaye de ne plus les répéter. J’ai compris qu’il fallait beaucoup d’humilité à ce poste. Celui qui prétend avoir la recette magique à 30 ans, bravo à lui… Honnêtement j’aimerais progresser sur tous les points, alors je partage, j’écoute et j’échange avec d’autres coachs ou des mecs venant d’autres disciplines. Par exemple je dois apprendre à faire preuve de souplesse.

C’est-à-dire ?

Quand on est jeunes on veut être sur tous les fronts : ça m’a fait défaut ! J’ai une vision assez élitiste, mais j’apprends qu’il faut d’abord avancer étape par étape. Chaque homme est différent, et il faut connaître du mieux possible son groupe pour mieux gérer les temps forts comme les temps faibles.

Êtes-vous trop exigeant ?

Non, mais il est indispensable de trouver les limites de son groupe : parfois tu ne peux pas demander plus à tes joueurs. Il faut avancer palier après palier, et comprendre que ce qui peut être évident pour toi ne l’est pas forcément pour tel mec. Ou au contraire, tu penses parfois passer du temps sur un point précis, et tes joueurs le comprennent bien plus vite ; à ce moment il faut savoir basculer. Tous les coachs sont perfectibles et je n’ai pas la recette magique. Je suis tout jeune dans le métier, et j’essaye d’apprendre le plus rapidement possible.

Pierrick Ilic-Ruffinatti
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