Aux Chiefs, c’est quoi le problème ?

  • Malgré un effectif constellé de stars, dont Anton Lienert-Brown, le collectif des Chiefs a du mal à trouver sa carburation après plusieurs mois de pause.  Photo Icon Sport
    Malgré un effectif constellé de stars, dont Anton Lienert-Brown, le collectif des Chiefs a du mal à trouver sa carburation après plusieurs mois de pause. Photo Icon Sport
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Super Rugby Aotearoa - Après cinq journées, la franchise d'Hamilton court toujours après son premier succès. C’est grave docteur ?

Les supporters des Chiefs de Hamilton ont beau se frotter les yeux, les faits sont là : après cinq journées, leur franchise est dernière du Super Rugby Aoteroa avec seulement quatre points au compteur et sans la moindre victoire. Inutile de chercher bien loin, les Chiefs sont les derniers à n’avoir remporté la moindre victoire depuis le lancement du championnat domestique néo-zélandais, le 13 juin. Un constant effarant quand on voit la qualité de leur effectif (Damian McKenzie, Bard Weber, Anton Lienert-Brown, Aardon Cruden, Nepo Laulala et… Sam Cane, qui n’est rien de moins que le nouveau capitaine des All Blacks) ou de leur staff, dirigé par Warren Galtand, l’ex-boss du pays de Galles et sélectionneur des prestigieux Lions britanniques et irlandais.

Humiliés par la remontée des Highlanders

Alors, c’est quoi le problème bon sang ? Avec une telle équipe, les Chiefs devraient avoir de quoi tenir le rythme infernal imposé par les Crusaders, derniers invaincus. Le problème ? C’est qu’il y en a plusieurs justement. Le premier se trouve du côté de l’infirmerie. Depuis le début la saison, les Chiefs comptent un pack complet sur le flanc : les piliers Angus Ta’avao et Atu Moli, le talonneur Nathan Harris, les deuxième ligne Brodie Retallick (en congé sabbatique) et Michael Allardice et enfin les flankers Mitchell Brown, Luke Jacobson et Sam Cane qui manqua les deux premières journées. N’importe quelle équipe souffrirait de pareilles absences… Seulement, la franchise du Waikato avait déjà montré d’inquiétantes faiblesses avant la crise de la covid-19 même si, après six journées de Super Rugby (classique), ils affichaient quatre victoires. Sur ces quatre succès, les Chiefs n’en avaient vraiment maîtrisé que deux (Waratahs et Sunwolves), tandis qu’ils n’avaient dû leur salut qu’à d’incroyables "remontadas" contre les Blues et les Crusaders. Un manque de maîtrise qui s’expliquait par une touche à la dérive (en l’absence de Nathan Harris, le jeune Samisoni Taukeihao (22 ans) s’est vu bombardé titulaire tandis que l’alignement a été déstabilisé par les absences de Retallick, Allardice, Brown et Ardron, parti à Castres) et une trop grande faiblesse dans le jeu au sol.

Mais tout de même. Ces failles n’expliquent pas tout et certainement pas le naufrage entrevu la semaine dernière au Waikato Stadium face aux Highlanders d’Aaron Smith. On pensait que les Chiefs avaient enfin sonné la révolte : auteurs d’une entame fracassante, les hommes de Gatland inscrivaient trois essais en vingt minutes pour mener 24 à 0. On pensait avoir retrouvé les guerriers du Waikato… sauf que ces derniers s’effondrèrent pour perdre sur leur pelouse (33-31), encaissant cinq essais en cinquante minutes. Humiliant.

Gatland critiqué, Cane remis en question

Une telle déroute fait tache dans la saison des Chiefs, qui sont de plus en plus critiqués au pays du long nuage blanc ("Aotearoa", en maori). À commencer par les choix du manager Warren Gatland, à qui l’on reproche d’avoir déstabilisé la défense de son équipe en remplaçant le premier centre Alex Nankiwell (alors performant) pour le jeune Quinn Tupaea à la 52e minute. Autre choix qui passe mal : celui d’avoir laissé l’expérimenté Aaron Cruden sur le banc toute la partie alors que son sang-froid aurait pu être précieux pour éviter pareille déroute.

Mais celui qui se trouve de plus en plus dans l’œil du cyclone, c’est Sam Cane. Récemment promu capitaine des All Blacks, le flanker des Chiefs est critiqué de toute part. On lui reproche notamment son indiscipline. Contre les Highlanders, il écopa d’un carton jaune pour une faute stupide sur Aaron Smith, et manqua d’en prendre un autre en deuxième mi-temps pour un plaquage haut, une faute qu’on lui a souvent reproché par le passé, notamment en sélection. Et pour couronner le tout, on le vit perdre patience avec l’arbitre de la rencontre, Mike Fraser, qui l’éconduisit à plusieurs reprises.

Bref, Cane et les Chiefs vont devoir se remettre en question rapidement s’ils veulent montrer un autre visage d’ici à la fin de cette saison-sprint. Cela commence par un voyage risqué chez leurs voisins et rivaux des Blues qui, eux, connaissent une vraie renaissance…

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