Saga Toulon - Dupuy : « Gagner avec des joueurs formés au club, c’est bandant »

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Julien Dupuy - Entraîneur des trois-quarts. Pour sa première (véritable) saison sur la rade, l’ancien demi de mêlée espère emmener sa ligne de trois-quarts vers quelque chose "d’exceptionnel".

Vous vous êtes engagé avec le RCT quelques jours avant le confinement et n’avez ainsi jamais eu véritablement l’occasion de démarrer votre mission. Racontez-nous cet épisode.

Avec du recul, ma situation a été extraordinaire : Patrice Collazo me contacte un lundi. On mange ensemble le mercredi. Le dimanche je pose mes valises à Toulon. Le lundi, l’équipe part en stage et revient le jeudi. Le courant passe, le vendredi je signe mon contrat, et le lundi on entre en confinement. C’était dingue.

Que se passe-t-il dans votre tête durant cette période ?

Ma femme et ma fille étaient venues passer le week-end à Toulon. D’un coup, on entend l’annonce et on réalise que c’est grave. Ma situation pro est instantanément passée au second plan. Nous étions à l’hôtel, j’ai discuté avec Patrice, mais nous ne savions pas de quoi demain serait fait… Alors d’un commun accord, j’ai ramené ma famille au Pays basque. En suivant, Patrice me tenait au courant de ce qui se passait et je savais qu’on trouverait une solution en bonne intelligence.

Et donc ?

Nous ne savions pas du tout si la saison allait reprendre, donc on ne pouvait pas parler d’avenir. On attendait, on attendait, et quand nous avons compris que le rugby ne reprendrait qu’en 2020-2021, Patrice m’a proposé de rester. Il a été assez couillu de me faire confiance, alors qu’il ne m’avait vu à l’œuvre que trois séances (sourire). Mais que ce soit avec Patrice ou Brique (Eric Dasalmartini, N.D.L.R.), le feeling est toujours bien passé. Nous partageons la même philosophie de jeu et je suis content de pouvoir rester à Toulon.

Quelle est votre vision du rugby ?

Joueur, j’appréciais le mouvement, donc forcément c’est quelque chose qui continue de me plaire en tant que coach. Maintenant, il faut s’adapter à la culture du club de Toulon.

C’est-à-dire ?

Ici, le rugby est basé en partie sur l’énergie, le jeu d’avants. Mon rôle sera de permettre aux trois-quarts de trouver des solutions, de débloquer des situations quand notre pack se retrouvera contrarié. J’ai la vision d’un jeu assez ouvert, d’un rugby de mouvement, mais surtout d’un rugby qui gagne. J’aime le rugby total, mais ce sont les victoires qui permettent d’engranger de la confiance, de faire mûrir le groupe. Nous avons des jeunes joueurs, il est donc indispensable de travailler sur la cohésion et l’entente, afin que les mecs se connaissent par cœur et soient le plus performant possible.

Beaucoup de jeunes, mais également beaucoup d’internationaux ou de joueurs aux portes du XV de France… On imagine que le challenge est excitant.

Gagner avec des joueurs formés au club, ou même des jeunes Français, c’est bandant. Ces mecs ont un vrai talent, certes, mais même si beaucoup ont été appelés par Fabien Galthié en janvier, tous n’ont pas encore joué avec les Bleus. Ça veut dire qu’il leur reste une dernière marche à franchir. La solution ? Un peu de réussite, peut-être. Et du travail, sans le moindre doute. Le défi est plaisant. C’est intéressant de pouvoir emmener ces joueurs à quelque chose d’exceptionnel : ils ont envie d’aller chercher des trophées, une sélection et ça s’annonce passionnant.

Midi-Olympique
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