En pensant aux Barbarians

  • Jean Marc Doussain and players of Barbarians during a match between the Crusaders and French Barbarians at AMI Stadium on June 15th 2018 in Christchurch, New Zealand. Photo: Martin Hunter / Dave Lintott / Icon Sport
    Jean Marc Doussain and players of Barbarians during a match between the Crusaders and French Barbarians at AMI Stadium on June 15th 2018 in Christchurch, New Zealand. Photo: Martin Hunter / Dave Lintott / Icon Sport Dave Lintott / Icon Sport / Dave Lintott / Icon Sport / Dave Lintott / Icon Sport
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L'édito d'Emmanuel Massicard... Tout ce qui rentre fait ventre. Face au vide, cela ne vous aura certainement pas échappé : le foot français a repris son activité officielle en décernant sa 103e Coupe de France, vendredi. Manière de terminer une partie de la saison dernière et d’entamer la suivante au plus juste de son calendrier habituel.

Pourquoi diable vous parler ainsi de football, en lieu et place du rugby qui occupe tout l’espace de Midol ? Parce que le ballon a enfin tourné rond, sans débordements en tribunes. Et c’est ici l’essentiel du week-end sportif : en respectant globalement le protocole sanitaire, les supporters présents au Stade de France n’ont pas scié la branche sur laquelle l’ensemble du sport français est assis à leurs côtés. Au-dessus du vide. En attendant la reprise. Avec du public dans les stades.

C’est une petite victoire en attendant la suite jusqu’au 4 septembre, date qui signera le retour des championnats de Top 14 et Pro D2 avant la Nationale et les Fédérales, huit jours plus tard. D’ici là, les présidents de clubs et leurs trésoriers vont avoir des crampes dans les doigts à force de les croiser… Imaginez donc : s’ils venaient à être rattrapés par les huis clos, ils se retrouveraient en danger financier, privés d’une bonne partie de leurs ressources et sous perfusion des droits télé payés par Canal +. Soit 100 millions d’euros par saison. Une somme, évidemment. Mais une paille quand même face au train de vie du rugby pro.

Vous l’aurez compris, cette affaire de public n’a rien d’anecdotique. Par-delà le plaisir des retrouvailles, c’est une question de survie du modèle "frenchie" et de ses structures. On parle bien entendu des clubs. Mais également de la fédération, qui a besoin du XV de France pour remplir les stades et ses caisses. En tous points et pour tous, le manque a quelque chose d’insupportable…

Voilà pourquoi chacun veut jouer et retrouver son public. Voilà pourquoi la fin d’année va être surchargée, avec un calendrier "rugby" qui déborde de dates entremêlées. Top 14 contre sélection. Voilà pourquoi, malgré les promesses de solidarité face à la crise, Ligue et Fédé sont aujourd’hui à couteaux tirés. Les uns veulent six dates pour l’équipe de France en octobre-novembre-décembre (quitte à limiter le nombre de match joué par chaque joueur), les autres bloquent le compteur à cinq matchs et cinq dates. Au milieu du ring, World Rugby n’a pas tranché. Bah voyons… Au milieu du gué ou plutôt dans l’ornière, chaque camp appelle à la raison.

Permettez-nous une idée, en passant. Et si les Barbarians français venaient à être la fameuse variable d’ajustement ? Et si les grands oubliés de ce calendrier, eux qui ont également besoin d’un match et de la fraîche qui en découle, incarnaient donc le point de ralliement entre Laporte et Goze. Si c’était eux, nos Baabaas, qui jouaient le fameux "sixième match de la discorde", quitte à mettre Galthié aux manettes pour une large revue d’effectif. Un autre vrai-faux doublon quitte à partager les recettes et ainsi tendre la main vers la fédé et les Barbarians ?

Avouez, cela aurait quand même une sacrée la gueule ! Alors, chiche ?

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