Lozowski : « À Montpellier, j'ai investi dans de la crème solaire indice 50 »

  • Alex Lozowski échappant à la défense du Leinster lors de la dernière finale de Champions Cup. Photo Icon Sport.
    Alex Lozowski échappant à la défense du Leinster lors de la dernière finale de Champions Cup. Photo Icon Sport.
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Alex Lozowski - Centre international anglais de Montpellier. Prêté par les Saracens, le centre aux 5 sélections avec l’Angleterre débarque dans l’Hérault avec la farouche envie d’apprendre un nouveau rugby, une nouvelle langue et surtout d’ajouter des titres à son palmarès déjà bien fourni, le tout avant de retrouver les siens pour régler les comptes en Premiership.

Êtes-vous bien installé à Montpellier ?

Je suis arrivé à la fin du mois de juin et je suis désormais bien installé. Toute l’équipe et le staff ont été très accueillants avec moi, j’ai adoré ces premières semaines passées ici. Montpellier est une ville très différente de Londres. Ce sont deux villes très peuplées et très vivantes. J’ai cru comprendre qu’il s’agit d’une des villes de France qui se développe le plus vite, et je peux le comprendre. Il fait bon vivre avec ce climat et cet environnement. J’ai investi dans de la crème solaire indice 50 pour les entraînements !

Quel est votre programme actuel ?

Nous partageons notre temps entre la préparation physique et le rugby. Côté prépa, on court beaucoup et on avale des kilomètres de watt-bike, histoire d’être le plus en forme possible. En parallèle, on bosse le rugby sur des ateliers, on travaille le plan de jeu… Ah, j’oubliais aussi la musculation ! On en fait pas mal. On est pas mal occupés en ce moment.

Quelles sont vos premières impressions concernant le plan de jeu montpelliérain ?

L’effectif, déjà, est impressionnant. Il y a des joueurs de grande qualité, Français ou étrangers. D’après ce que j’ai compris on laisse aux joueurs la liberté de jouer. Le plan de jeu est basé sur la prise de décision : si on peut jouer, on le fait ; si on ne peut pas, on occupe. Je suis très motivé à l’idée d’apprendre une nouvelle façon de jouer avec ces joueurs. Je veux vraiment faire une belle saison avec le MHR.

On imagine que le plan de jeu montpelliérain doit être bien différent de celui des Saracens…

Ce sont deux conceptions différentes. Avec les Saracens, on jouait un rugby pragmatique. Attention, ce n’est pas péjoratif de dire cela. Et cela n’enlève rien à l’efficacité de ce style, ou à son attractivité. Mais en France, les choses sont un peu différentes. À Montpellier, nous avons des joueurs très intelligents qui savent quand il est possible de jouer ou non. Ce n’est donc pas si différent que cela, mais j’ai l’impression que l’on va développer un jeu plus rapide. J’ai vraiment hâte.

Vous êtes un joueur très instinctif, tant et si bien qu’on a eu l’impression par le passé que vous dénotiez dans cette équipe des Saracens qui ressemble à une machine à tout broyer sur son passage. Partagez-vous ce sentiment ?

Les Saracens ont fait de moi le joueur que je suis aujourd’hui. Ils m’ont tant aidé… Je crois en le style de jeu des Saracens. Pour moi, c’est la bonne façon de jouer au rugby. Cela étant dit, je dois aujourd’hui me développer en tant que joueur, apprendre de nouvelles choses. Après ces quatre années passées aux Saracens, j’ai besoin de voir autre chose. C’est pourquoi ma venue à Montpellier et en Top 14 est une excellente chose. J’espère devenir un meilleur joueur ici. Je suis dans une situation idéale.

Comment avez-vous vécu le confinement ?

J’étais confiné dans ma maison, à Londres. Ce fut une période étrange… En plus, juste avant le confinement, je me suis blessé à la cheville. Donc je faisais ma rééducation seul à la maison. Quand je me suis senti mieux, j’ai commencé à recourir dans un parc à côté de chez moi. Quand le déconfinement a été prononcé, je me suis encore entraîné quelques semaines avec les Saracens, avant d’arriver ici. Le confinement m’a au moins permis de me soigner correctement, de me régénérer et de faire une bonne préparation physique. Ce fut un break appréciable dans une carrière, car je crois avoir disputé environ 110 matchs avec les Saracens en trois ans et demi.

Comment avez-vous vécu la crise des Sarries, quand les mauvaises nouvelles s’enchaînaient ?

Ce fut un sacré défi pour chacun des joueurs, c’est vrai. Chacun se trouvait en plus dans une situation différente, il était donc difficile de faire corps dans ces conditions. Mais on y est arrivé, on a traversé cette crise. Il y a un très bon état d’esprit aux Saracens, on s’est soutenus mutuellement. La vie vous apporte toujours des défis. L’important, c’est votre réaction par rapport à ceux-ci. Certains sont partis, d’autres comme moi ont été prêtés, d’autres encore sont restés. Pour ma part, je suis très heureux d’avoir saisi cette opportunité de jouer une saison avec Montpellier. Je vais tout donner pour servir ce club.

Certains présidents de clubs anglais se sont littéralement acharnés contre les Saracens. Cette animosité a-t-elle resserré les liens au sein de l’équipe ?

Clairement, oui. Tout le monde était contre nous. Tout le monde voulait même que les Saracens disparaissent à jamais. En tant que groupe, cela nous a donné envie de revenir plus forts. C’est exactement ce que je compte faire à l’issue de cette saison : revenir aux Saracens plus fort et ramener le club au sommet. Certains nous ont très mal traités en Angleterre. Aujourd’hui encore, ceux qui voudraient nous voir échouer sont nombreux. Mais avant cela, j’ai une mission à remplir au MHR et je suis pleinement concentré sur celle-ci. Je suis convaincu que nous pouvons faire une grande saison.

Toulouse s’intéressait de près à votre profil…

C’est vrai. Je cherchais un club dans lequel je pouvais jouer une saison, car je voulais revenir aux Saracens. Mais je me suis trouvé dans une impasse en Angleterre car plusieurs clubs de Premiership m’offraient des contrats de deux ou trois ans. Je me suis donc tourné vers la France et j’ai eu des contacts avec le Stade toulousain. Les choses avaient bien avancé puis la crise du Covid-19 a tout fichu en l’air. J’ai attendu et attendu, puis Montpellier s’est manifesté. J’ai eu beaucoup de chance. Ce club m’a déjà beaucoup donné, mais je compte bien lui rendre encore plus.

Comment se motiver quand on sait que l’on ne va pas rester dans un club ?

Je suis quelqu’un de très compétiteur. Je n’ai jamais eu de problème de motivation ! Peu importe où je joue et pour qui, je veux gagner. J’ai déjà de très bons amis dans cette équipe. Je veux bien faire pour eux, et pas seulement pour moi. Je veux m’affirmer dans ce Top 14 et gagner le respect de mes partenaires, du staff et des supporters en travaillant dur.

Vous couvrez plusieurs postes, quel est votre favori ?

Ce serait le treize ou le douze (il le dit en français, N.D.L.R.), mais j’ai aussi pas mal joué à l’ouverture avec les Saracens en équipes de jeunes. Je suis plutôt flexible par rapport à cela : 12, 13 ou 10, je donnerai mon meilleur pour l’équipe.

Connaissez-vous vos partenaires qui jouent centre ?

Bien sûr ! J’ai été impressionné par la qualité de l’équipe, surtout des trois-quarts. Je savais que je débarquais dans un bel effectif, mais certains joueurs m’ont impressionné derrière comme Yvan Reilhac et Arthur Vincent au centre. On a d’excellents demis de mêlée avec Benoit (Paillaugue) et Cobus (Reinach), un demi d’ouverture champion du monde avec Handré (Pollard)… On a vraiment une superbe ligne d’attaque. J’ai hâte de jouer avec eux.

Pensez-vous que vous aurez plus de liberté sur le terrain qu’aux Saracens ?

C’est une fausse idée de croire qu’on n’avait pas de liberté aux Saracens. C’était le cas. Seulement, on ne le faisait pas quand ce n’était pas le bon moment pour le faire. Et ce sera la même chose à Montpellier : si la situation n’est pas favorable, on jouera chez l’adversaire. Mais si on a une opportunité, on la saisira.

Vous semblez avoir déjà commencé à apprendre le français ?

Oui, j’apprends le français (en français). J’essaye de profiter des repas pour parler français avec mes coéquipiers. Ce n’est pas facile, mais je le fais petit à petit. Je veux vraiment profiter à fond de cette année, en tirer le maximum. Je ne pensais pas vivre ce que je vis en ce moment. Ce n’était pas prévu dans ma carrière et c’est une superbe opportunité. Je veux en profiter, m’entraîner dur, jouer dur, gagner avec cette équipe.

Vous avez gagné le championnat anglais et la Coupe d’Europe, on imagine que vous venez pour gagner un titre en France ?

J’ai eu la chance de remporter des titres avec les Saracens, oui… Je joue pour gagner. Mais quand je regarde notre équipe à Montpellier, je suis persuadé que l’on peut remporter un titre.

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