Avec la jauge, le 16ème homme est menacé

  • La décision gouvernementale de maintenir la jauge de 5000 personnes lors d’événements publics a refroidi les présidents de clubs. Ils espèrent désormais pouvoir bénéficier de dérogations préfectorales en mettant en place des mesures sanitaires strictes. Photos Icon Sport
    La décision gouvernementale de maintenir la jauge de 5000 personnes lors d’événements publics a refroidi les présidents de clubs. Ils espèrent désormais pouvoir bénéficier de dérogations préfectorales en mettant en place des mesures sanitaires strictes. Photos Icon Sport
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Ce mardi, le gouvernement a entériné le maintien de la jauge maximale à 5 000 personnes pour les événements publics. A compter du 15 août, des dérogations pourront être demandées aux préfets afin de relever ce plafond. Les clubs sont en train de préparer des configurations inédites d’accueil des supporters pour convaincre les préfectures. Sur les plans populaire comme économique, cette question est primordiale pour tous les clubs professionnels, dépendants des recettes matchs.

a reste flou. On marche à vue, on émet des hypothèses, il n’y a rien de vraiment concret. Personne ne sait trop où l’on va, en fait." Xavier Ric, directeur général du CABCL, comme tous ses homologues dirigeants, traverse une période pour le moins agitée, tracassante. La cause de ses tourments ? L’accueil des supporters dans les stades pour la reprise, "le gros point noir de l’été. C’est très pénalisant pour tout le monde : pour l’économie des clubs, les supporters, les partenaires et les joueurs."

Ce mardi, le gouvernement a annoncé, via un décret publié au Journal officiel, le maintien d’une jauge maximale de 5 000 personnes (en comptant joueurs, encadrements, personnels de sécurité…). Nouveauté du texte : des dérogations possibles dès le 15 août pour relever ce plafond : les préfets pourront y souscrire "à titre exceptionnel, après analyse des facteurs de risques", en fonction de la situation locale et des mesures sanitaires prises par les organisateurs. Les clubs professionnels s’accrochent à cet espoir de voir le dispositif assoupli. Le Racing 92, le Lou, Pau, ont, dès mardi, annoncé leur intention de se rendre en préfecture. Tous devraient, dans les faits, tenter le coup : "Pour le retour à la normale, c’est l’inconnu, mais nous comptons nous battre afin d’augmenter la jauge, reprend Xavier Ric. Nous allons effectuer la démarche pour soumettre aux autorités les différentes options de configuration possibles." À quoi cela peut-il ressembler ? L’instauration de plusieurs zones propres à chaque tribune, avec une circulation bien définie, des entrées et sorties différenciées, peut être envisagée. Tout comme l’instauration d’une proportionnalité selon la capacité des lieux. À titre d’exemple, le Racing 92 a déposé, auprès des autorités, son protocole sanitaire — arrivées et départs par groupes échelonnés dans des zones autonomes, un siège vide à côté de chaque siège occupé, système de filtrage de l’air… — avec l’espoir d’obtenir l’autorisation d’accueillir environ 14 000 spectateurs dans son enceinte fermée de La Défense. De son côté, le Stade rochelais a sollicité la société Bureau Veritas pour réaliser un audit du stade Marcel-Deflandre et définir une jauge raisonnable garantissant la sécurité. Cette étude doit permettre de présenter un dossier sérieux au préfet et ainsi demander une dérogation, le cas échéant.

Les préfets au centre du jeu

Ce mercredi, l’épineux dossier de l’occupation des tribunes a été abordé lors de la réunion hebdomadaire des présidents : "Notre économie dépend tellement de la billetterie, des hospitalités, des merchandising que c’est incontournable." Les recettes matchs pèsent en effet pour 60 % des revenus, en moyenne, des clubs de Top 14 et Pro D2. Le feuilleton devrait très prochainement connaître de nouveau rebondissements. Le ministère chargé des Sports est censé réunir, en cette fin de semaine, les différents représentants de fédérations sportives et ligues pour préparer les scénarios à proposer aux préfets, sous forme de solutions concrètes et pratiques. On devrait vite en savoir plus quant à la probabilité de voir ces exceptions être acceptées ou non : "Je serais surpris qu’un préfet dise oui à un endroit et non à l’autre, sauf circonstances exceptionnelles", se projette, du bout des lèvres, Xavier Ric face au risque d’iniquité entre chaque département. Avant la reprise de l’élite, le 5 septembre, la situation pourrait encore évoluer en haut lieu selon le développement de la pandémie : le Conseil des ministres du 24 août, attendu pour amorcer le plan de relance, pourrait marquer un tournant. "Mais derrière, ça laisse une fenêtre de tir assez courte pour préparer la saison et relancer les abonnements, arrêtés à 4 500 devant l’engouement de nos supporters", évoque le dirigeant corrézien.

Une certitude, pour l’heure : le retour à la normale ne paraît pas d’actualité. "Dans tous les cas, les mesures barrières seront applicables (spectateurs assis, portant un masque et distance minimale d’un siège entre groupe de dix personnes maximum venant ensemble ou ayant réservé ensemble)", a expliqué, dans un communiqué, le ministère des Sports. Le 16e homme si cher au rugby français

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