Reconversion - Vincent Inigo, passion photo

  • Vincent Inigo, ancien joueur de l'équipe de France à 7, s'est lancé dans une nouvelle vie dédiée à l’image, en compagnie de son frère Sébastien.
    Vincent Inigo, ancien joueur de l'équipe de France à 7, s'est lancé dans une nouvelle vie dédiée à l’image, en compagnie de son frère Sébastien.
  • Vincent Inigo, ancien joueur de l'équipe de France à 7, s'est lancé dans une nouvelle vie dédiée à l’image, en compagnie de son frère Sébastien.
    Vincent Inigo, ancien joueur de l'équipe de France à 7, s'est lancé dans une nouvelle vie dédiée à l’image, en compagnie de son frère Sébastien. Jean Paul Thomas / Icon Sport / Jean Paul Thomas / Icon Sport / Jean Paul Thomas / Icon Sport
  • Vincent Inigo, ancien joueur de l'équipe de France à 7, s'est lancé dans une nouvelle vie dédiée à l’image, en compagnie de son frère Sébastien.
    Vincent Inigo, ancien joueur de l'équipe de France à 7, s'est lancé dans une nouvelle vie dédiée à l’image, en compagnie de son frère Sébastien.
Publié le / Mis à jour le

Passionné de photographie depuis son enfance, l’ancien septiste a monté avec son frère Sébastien (également ex-rugbyman professionnel) une agence de photo et de vidéo. Une reconversion choisie qu’il avait déjà largement entamée durant sa carrière et même enrichie de ses nombreux voyages sur le circuit sevens.

"Jai eu une belle sortie." Quand de nombreux joueurs appréhendent, voire même subissent, le moment où ils doivent raccrocher les crampons, ce ne fut pas le cas de Vincent Inigo. C’était en 2017, cinq ans après avoir entamé l’aventure du rugby à 7 avec l’équipe de France et une année après avoir vécu le rêve olympique de Rio : "J’ai fini en même temps que Julien Candelon et, humainement, c’est un bon souvenir. Il faut savoir arrêter et, quand on a préparé sa reconversion, c’est plus facile. Cela m’a clairement aidé. Je ne vais pas dire qu’il me tardait mais presque… J’avais cumulé des blessures, ça devenait plus dur physiquement et j’avais déjà beaucoup de boulot à côté. Le rugby restait mon premier métier et je ne pouvais pas tout faire." Référence à l’agence de photographie et de vidéo, Inigo Brothers (www.inigobrothers.com), qu’il a montée depuis trois ans avec son frère Sébastien, lui aussi ancien joueur professionnel qui a mis un terme à sa carrière à Colomiers en 2019. "Il m’a rejoint l’an dernier et on s’occupe de tout ce qui touche à l’audiovisuel. On fait de la prise de vue, de la production, du montage, des catalogues, des affiches, etc."

Vincent Inigo est désormais installé à Agen, la ville dont il est originaire, alors que son frère réside toujours sur Toulouse. "Agen, c’est l’endroit où j’ai une partie de ma famille, là où je connais le plus de monde. C’était donc le plus simple et le plus opportun pour moi. C’est à la fois proche de Bordeaux et de Toulouse, puis je vais aussi beaucoup à Paris pour travailler." Un emploi du temps bien chargé pour les deux frangins, d’autant que leur agence marche de mieux en mieux, et une répartition des rôles parfaitement définie. "Disons qu’on se partage les tâches et nous sommes complémentaires. Moi, je suis en quelque sorte chef opérateur, je gère les prises de vue, l’éclairage et tout ce qui se passe en amont. Sébastien se charge du cadrage et de toute la post-production." Un amour commun qui remonte sûrement à leur enfance. "J’ai toujours été passionné par la photo, assure l’ancien international à 7. À l’époque de l’argentique, notre grand-père passait son temps à prendre des photos. Je me souviens des repas de famille marqués par cette habitude. En fait, j’ai baigné dedans sans m’en même rendre compte ! Bon, il mettait un quart d’heure pour la moindre photo (rires). Quand j’ai eu mon premier appareil, évidemment numérique, il ne comprenait pas comment je pouvais prendre autant de photos. Je n’arrivais pas à lui expliquer qu’il n’y avait pas de pellicule !"

 

Première expo sur les expressions du rugby

Par la suite, le goût pour l’image n’a fait que croître chez Vincent Inigo. Pour lui, le tournant a réellement eu lieu quand il est arrivé à Bayonne au milieu des années 2000. "Dès mon premier contrat professionnel lors de la saison 2004-2005, et grâce à Provale, j’ai suivi une formation dans ce domaine avec mon ami Jean-Jo Marmouyet. Ma première expérience fut une exposition sur les expressions du rugby, comme la cravate, l’arrêt buffet et autres. L’idée était de les adapter au premier degré en mettant en situation. Pour l’expression "être au frigo", j’avais notamment réalisé une photo où le joueur était placé dans la chambre froide d’une boucherie. Cela avait bien plu." Effectivement, les retours furent alors excellents et il s’était même produit l’impensable. Quinze ans plus tard, l’ex-ailier ou centre en sourit : "Il y avait eu un article sur l’exposition dans un magazine sportif et j’avais reçu un appel de la part de M6. Je débutais tout juste et ils m’avaient contacté pour faire la photo de couverture d’Estelle Denis, qui allait présenter une émission de poker, sur une plaquette. Je n’étais jamais monté à Paris mais je ne me suis pas dégonflé et ça m’a lancé dans le bain."

Plus tard, quand il a rejoint les rangs de Castres en 2010, le joueur a poursuivi sa deuxième activité, avec d’autres expositions dont une sur la tauromachie. Et tout a enfin basculé quand il a signé un contrat fédéral en 2012 pour intégrer l’équipe de France à 7. "Ce fut quelque part le début de ma société, explique-t-il. Au départ, j’ai fait des photos de mes coéquipiers qui ont été très bien accueillies. La Fédération les a imprimées et m’a demandé ensuite de réaliser les portraits officiels des garçons et des filles du 7. Puis on m’a demandé de faire ceux du XV de France masculin et féminin. Aujourd’hui, on s’occupe de toute la création pour ces équipes, et notamment de la présentation des joueurs au Stade de France."

Les merveilles de Rio, l’inside de Vancouver

Le 7, l’expérience qui a donc définitivement mis Vincent Inigo sur les rails de sa deuxième vie. "J’ai eu la chance de faire mes deux passions. Puis, à 7, on voyage tellement… Je n’avais plus vingt ans quand j’y ai signé, j’en avais presque trente, et je ressentais peut-être moins de pression. Lors de nos déplacements un peu partout dans le monde, j’avais constamment un appareil photo avec moi. J’ai des milliers de clichés et je n’ai même jamais trouvé le temps de tout regarder !" Des souvenirs exceptionnels, comme cette matinée à Rio où il était parti immortaliser les joyaux de la merveille brésilienne. "Je me rappelle aussi qu’une fois, j’étais blessé pour l’étape de Vancouver mais la Fédération m’avait envoyé effectuer un reportage inside avec le groupe. C’était vraiment sympa." Et un constat pour celui qui a été bercé durant tant d’années dans le milieu ovale : "Le rugby apporte une véritable dimension humaine, dans le rapport à l’autre. Et je me rends compte que ce relationnel est primordial dorénavant pour moi. C’est certainement la meilleure des écoles de photo."

Sport, produits culinaires, plantes, mariages

Alors, quand l’occasion s’est présentée sur la fin de leur carrière, Vincent et Sébastien Inigo ont choisi de vivre l’aventure ensemble. "Au moment de dire stop en tant que joueur, j’étais conscient que j’avais du boulot derrière, note l’aîné. D’autant que j’adorais ça. Avec Séb, on en avait parlé quand lui était encore à Colomiers. On savait qu’on allait faire ça après le rugby. Moi, j’ai toujours aimé Photoshop, réaliser des petits montages. Lui appréciait les effets spéciaux. Puis on suit encore pas mal de formations et on va bientôt avoir nos propres studios." Outre leurs missions auprès de la FFR, les frères Inigo se sont largement diversifiés et interviennent autant dans le sport que dans d’autres activités. "On bosse avec des clubs comme Agen ou Colomiers. On a également produit beaucoup de catalogues, notamment avec Nike sur le Stade toulousain. Puis on travaille régulièrement sur les produits culinaires, sur les plantes avec des enseignes comme Gamm Vert. Il a fallu énormément s’équiper en matériel." Vincent Inigo et son frangin sont également sollicités pour des mariages. En tout cas, l’évidence est là : l’épanouissement, aussi bien personnel que professionnel, de l’ancien septiste n’est pas qu’un cliché.

"Notre grand-père passait son temps à prendre des photos. Quand j’ai eu mon premier appareil, évidemment numérique, il ne comprenait pas comment je pouvais en prendre autant. Je n’arrivais pas à lui expliquer qu’il n’y avait pas de pélicule !"

 

Jérémy FADAT
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