Gatland et les Chiefs en difficulté

  • Chiefs head coach Warren Gatland during the Super Rugby Aotearoa match between the Blues and Chiefs at Eden Park in Auckland, New Zealand on Sunday, 26 July 2020. Photo: Dave Lintott / lintottphoto.co.nz 
Photo by Icon Sport -  (Nouvelle Zelande)
    Chiefs head coach Warren Gatland during the Super Rugby Aotearoa match between the Blues and Chiefs at Eden Park in Auckland, New Zealand on Sunday, 26 July 2020. Photo: Dave Lintott / lintottphoto.co.nz Photo by Icon Sport - (Nouvelle Zelande) Dave Lintott / Icon Sport / Dave Lintott / Icon Sport / Dave Lintott / Icon Sport
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Les Crusaders sont allés faire chuter les Chiefs chez eux (32-19), plongeant le pauvre Warren Gatland dans un abîme de doutes. Mais il pourra toujours se réfugier derrière un essai contestable…

Les Crusaders, sans doute vexés par leur première défaite à domicile depuis quatre ans face aux Hurricanes, ont frappé un grand coup à Hamilton en battant les Chiefs 32-19 avec bonus offensif. Ils seront en mesure d’empocher le titre la semaine prochaine à domicile. Les Chiefs, sont toujours à la recherche de leur première victoire après sept défaites en sept matchs. Mauvaise limonade pour Warren Gatland qui avait pourtant bien figuré durant le Super Rugby classique, mais qui a perdu tout fluide depuis la fin du confinement. Mais est-ce sa tactique qui est mauvaise ou son exécution par Cruden et McKenzie, ses "lieutenants" ? Éternel débat…

Ce match avait valeur de symbole puisque l’ex-Montpelliérain Aaron Cruden jouait son centième match avec les Chiefs qu’il n’aura pas retrouvé pour bien longtemps puisqu’il vient de signer un contrat avec le club japonais des Kobelco Steelers qu’il rejoindra dès la fin de la compétition. Côté Crusaders, Sam Whitelock célébrait son 150e match. Des Crusaders qu’on pouvait penser sous pression vu le nombre de joueurs à l’infirmerie (Scott Barrett, Brendan Ennor, David Havili, Ethan Blackadder et Whetu Douglas) plus Joe Moody forfait à cause d’un deuil familial. Mais on connaît leur aptitude à lancer des jeunes prêts tout de suite pour le haut niveau. Et le match ne fit pas exception.

Jeu au pied catastrophique des Chiefs

Ils ont démarré le match très fort, menant très vite 12-0 après deux essais superbes du numéro 8 Sanders et du prodige Will Jordan, tout en rapidité, passes courtes et offloads qui ouvraient la défense adverse. Il fallait donc que les Chiefs réagissent et surtout, arrêtent de rendre les ballons au pied. à partir du moment où ils ont commencé à donner du mouvement au ballon, ils se sont montrés dangereux. Bien emmenés par le puissant Sowakula ils se sont mis dans le sens de la marche avec un essai un peu chanceux (Lienert-Brown perdant le ballon mais pas en-avant pour Boshier). Mais comme toute grande équipe, ces Crusaders trouvèrent le moyen de se mettre en position de force à partir de rien. Ils profitaient de l’expulsion temporaire de Stevenson pour en-avant volontaire pour inscrire un essai par Taylor sur penaltouche (maul pénétrant de 15 mètres).

En début de seconde mi-temps, les Chiefs retombaient dans leur jeu au pied inefficace, rendant des ballons de contre-attaque faciles à des Crusaders qui n’en demandaient pas tant. Seule la botte de McKenzie permettait aux Chiefs de rester au contact. Mais c’est l’essai de Sevu Reece à la 60e minute qui fera couler beaucoup d’encre : a-t-il récupéré un ballon perdu en avant par le deuxième ligne Quinten Strange ? Après consultation de l’arbitre vidéo, Ben O’Keefe accordait l’essai qui donnait huit points d’avance aux Crusaders. Un dernier essai de l’ailier remplaçant Fainga’anuku scellait une victoire précieuse.

Pour le centre international des Chiefs Anton Lienert-Brown, cette défaite est dans la continuité d’une saison frustrante : "C’est dur à encaisser. Tout le monde dans le groupe veut gagner mais, quand vous êtes sur une série de défaites, vous commencez à paniquer. On joue un bon rugby mais tout se joue sur deux ou trois moments clés chaque week-end. Pour le moment, on est toujours du mauvais côté de la balance. Il nous faut être plus précis lors de ces moments clés pour pouvoir gagner."

Jacques BROQUET, correspondant
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