Muscarditz : « Je resterai moi-même »

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Depuis Lourdes, où l’Aviron est en stage jusqu’à la fin de semaine, Peyo Muscarditz a fait le bilan de sa découverte du Top 14 et des nouvelles responsabilités qui lui ont été confiées…

Comment se passent ces premiers jours de stage ?

Nous sommes arrivés mardi matin à Lourdes, où nous nous sommes entraînés l’après-midi. Le programme est le suivant : nous avons du rugby pendant la matinée, puis nous basculons sur des activités ludiques ou de cohésion ensuite. Cela nous permet de faire des choses différentes qu’à Bayonne et ce, jusqu’à dimanche matin.

Où en êtes-vous, au niveau de la reprise du rugby ?

Nous avons repris le collectif et le contact plus appuyé, comme un peu partout. Ainsi, nous nous remettons en selle. Mine de rien, ça doit faire quatre ou cinq mois que nous n’avons plus l’habitude de faire des rucks ou des plaquages, à vitesse réelle, avec certains gros gabarits comme il y a dans chaque équipe.

Plaquer à nouveau, ça fait bizarre 

Au début, il y a un peu d’appréhension et une certaine anxiété. Mais au cours de l’entraînement, comme d’habitude, on se prend au jeu. Pour éviter de se blesser, il vaut mieux s’engager à 100 % que ne pas s’engager ou n’y aller qu’à moitié. Alors oui, il y a une pointe de stress quand on commence, mais ce n’est pas du mauvais stress. Plaquer à nouveau, ça fait un peu bizarre, mais c’est cool et sympa.

On imagine, surtout que c’est un secteur que vous appréciez…

Oui et hormis ça, on peut jouer des duels en attaque. Nous faisons des oppositions réelles, nous bossons dans le vrai, pas dans des courses à 70 ou 80 %. Nous pouvons bénéficier de retours concrets sur les entraînements et ainsi, voir si nous allons dans la bonne direction ou pas.

Qu’en est-il des activités ludiques ?

Du classique, de la pétanque, nous allons aussi grimper un petit sommet avec un funiculaire pour contempler le panorama et voir les montagnes. Des gars ont été à la grotte, c’est inévitable quand on va à Lourdes. Aujourd’hui (mercredi, N.D.L.R.), nous avons pu aller au golf de Lourdes. Certains, dont moi, n’avaient jamais pratiqué ce sport. J’ai pu aller au practice, les confirmés ont fait le parcours complet. Nous avons pu contempler leur grand niveau. Le plus fort ? Sean Robinson ! Je m’y connais très peu, mais il allie l’élégance et le pragmatisme. Il avait les meilleurs résultats et les meilleures frappes. C’est sympa de les regarder jouer. Derrière, ça se tirait bien la bourre entre « Barthé », « Manu », « Baratch » (N.D.L.R. : Romain Barthélémy, Manuel Ordas et Baptiste Baratchart) et Guillaume Ducat qui vient de commencer, mais qui a déjà un bon niveau.

Ces stages, dits de cohésion, servent à intégrer les nouveaux, mais vous n’avez pas eu beaucoup d’arrivées à l’intersaison. La prise de repères doit donc être plus facile…

C’est vrai, mais il y a aussi les jeunes qui montent. Il doit y avoir une quinzaine de nouveaux. Ces stages servent à se découvrir, en dehors des familles. Nous vivons six jours sur sept ensemble, à 100 %, mais on se connaît différemment. Ce genre de séjour permet d’approfondir les connaissances, de partager des moments, des discussions. Toute l’année, on vient à l’entraînement, mais des fois, on n’a même pas le temps de prendre un café ou faire des activités avec ses coéquipiers, parce que certains ont une vie de famille et d’autres des emplois du temps chargés.

Personnellement, vous avez découvert le Top 14 l’an dernier. Quelle analyse faites-vous de votre saison ?

J’avais des objectifs personnels sur le fait d’être au maximum impliqué avec l’équipe. En ce sens, je suis assez satisfait. Au niveau du collectif, je le suis aussi. Comme tous les joueurs et supporters, j’avais peur que l’on fasse le « yo-yo » et que l’on redescende en Pro D2.

Vous avez découvert, aussi, de nouveaux adversaires. Lequel vous a le plus impressionné ?

Josua Tuisova, parce que déjà nous avions pris une belle déculottée à Lyon. C’est un ailier que nous avons souvent pris plein fer. Je l’avais déjà affronté en espoir, il y a super longtemps et il n’a pas changé.

Vous n’avez été qu’une seule fois remplaçant l’an dernier. Malgré votre jeune âge, vous êtes un homme de base du système de Yannick Bru…

En début de saison, je venais juste grappiller du temps de jeu. J’ai gravi les échelons avec l’Aviron bayonnais, comme le club les a gravis et j’en suis satisfait. Après, chaque week-end, il faut faire ses preuves et ce sera de nouveau le cas cette saison. Si je m’attendais à devenir un cadre ? Non, pas du tout. Tout ça s’est fait comme le projet de Bayonne, avec les paroles que Yannick a tenues. Il a voulu mettre la jeunesse en exergue, il s’est appuyé sur nous en Pro D2 et l’année dernière. Mais pour moi, ça ne change rien. Je prends d’autant plus de plaisir à être dans cette équipe et à participer à tout ce que l’Avion transmet et procure aux gens.

Le regard des gens vous concernant a-t-il changé ?

Oui et non. Forcément, si on compare par rapport à quand je jouais avec les espoirs, puisqu’on est maintenant un peu plus reconnu. Après, ce n’est pas démesuré, parce qu’on m’estime en tant que Peyo Muscarditz et non comme un joueur professionnel qu’on voit à la télé. C’est une chose à laquelle je tiens.

Vous considérez-vous encore comme un jeune de l’équipe ?

Oui, quand même. Par rapport à des mecs comme Guillaume Rouet ou Jean Monribot, qui ont de la bouteille au club, je m’estime comme jeune au sein de l’Aviron bayonnais. Après, j’aime bien me placer dans cette catégorie-là, pour me fixer des objectifs personnels.

Serez-vous de nouveau un des co-capitaines de l’équipe ?

Je ne sais pas du tout, le sujet n’a pas été abordé.

Aimeriez-vous l’être ?

Je ne peux pas dire si j’aimerais l’être ou pas. C’est le groupe qui le décidera. De toute façon, je resterai moi-même. Capitaine ou pas, je serai Peyo Muscarditz. Ce ne sera pas le capitaine ou le vice qui parlera.

Il y a deux ans, vous vous posiez la question de votre légitimé quant à ce rôle. Cette préoccupation est-elle désormais derrière vous ?

Oui, grâce à la confiance acquise et engrangée au fur et à mesure des matchs. C’est désormais du passé. Commander des mecs plus vieux ? On en a parlé. Je ne veux pas commander, je veux emmener l’équipe vers un même sens, sans forcément être quelqu’un de directif. Je suis plutôt dans le partage et je veux me servir de mes coéquipiers pour emmener le groupe vers le haut.

Vous avez pris votre rôle de capitaine, comme celui de joueur, très à cœur. Estimez-vous avoir voulu, dès fois, trop bien faire ?

Sûrement, comme souvent d’ailleurs. Je suis quelqu’un de passionné et j’ai envie de faire le mieux possible, voire d’être dans l’excellence. Je suis parfois insatisfait…

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Pablo Ordas
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