Le stage ou la survie

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    Le stage ou la survie Jean Paul Thomas / Icon Sport - Jean Paul Thomas / Icon Sport
Publié le , mis à jour

Face à la crise qui frappe durement le rugby français et ses clubs, est-il bien nécessaire d’organiser des stages quand la situation invite à la plus grande prudence ?

C’est devenu une habitude dans le sport professionnel. Pour souder un groupe, pour travailler loin de l’agitation locale, pour profiter d’un cadre différent, pour casser une routine – à chacun sa raison - le stage d’avant-saison est aujourd’hui au rugby ce que le barbecue entre pote, arrosé de rosé, est à l’été : un incontournable. Un passage obligé pour quasiment tous les managers. A tel point que même dans une période marquée par une crise sanitaire invitant davantage à vivre reclus, rares sont les clubs à avoir dérogé à ce qui est devenu une règle tacite. En Top 14, tous les clubs avaient donc initialement programmé leur stage, en prenant évidemment « toutes les précautions nécessaires pour respecter le protocole mis en place par la LNR », un petit refrain entendu à peu près dans tous les clubs. Le Racing 92 est donc à Courchevel, le Stade toulousain est parti à Font Romeu, quand Bayonne s’est rendu à Lourdes… Toutefois, la situation du Stade français, revenu de son stage à Nice avec une vingtaine de cas positif à la Covid-19, a refroidi certains. Le Castres Olympique a fait volte-face. Les joueurs du manager Mauricio Reggiado auraient dû être en ce moment du côté de Saint-Lary, dans les Pyrénées. En début de semaine, les dirigeants castrais ont finalement préféré annuler en raison d’un fort afflux touristiques dans cette cité de la vallée d’Aure. Surtout, pas de prise de risque inutile. Lyon a également abandonné l’idée de se rendre au Chambon-sur-Lignon, suite à la découverte de trois cas positifs, et ne fera pas de stage cette saison.

Dans le microcosme, la mésaventure du Stade français a fait causer. Chacun y est allé de son petit commentaire. « En off », bien entendu. Aujourd’hui, le club de la capitale gère la situation aussi bien que possible. Mais, assurément, la préparation des stadistes a été mise à mal. Un risque que, dès le début la crise, le RC Vannes en Pro D2, par exemple, n’a pas souhaité prendre. « Nous avons organisé toutes nos activités extra-rugby entre-nous, souligne le Manager Jean-Noël Spitzer. Nous ne voulions prendre aucun risque à nous retrouver dans une zone touristique. Nous avons estimé qu’il y avait moins de risque à laisser les joueurs chaque soir dans leur cercle familial plutôt que de réserver un hôtel ou un centre d’entraînement où nous aurions été amené à côtoyer d’autres personnes. » Clairement, la question se pose aujourd’hui : n’aurait-il pas été plus judicieux d’inviter les clubs à ne pas organiser de stage cette année ? Même si Agen est revenu de sa semaine de stage à Soustons dans les Landes, sans aucun nouveau cas positf, alors qu’il y a été confronté lorsque ses joueurs s’entraînement du côté d’Armandie....

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Arnaud Beurdeley
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