Marconnet : « Et là, Moscato hurle : personne ne bouge, contrôle de police »

  • Sylvain Marconnet sous les couleurs du Stade français entouré de David Attoub et Dimitri Swarzewski. Dessous, en Bleu avec de gauche à droite, Pascal Papé, Lionel Nallet, Pieter De Villiers Sylvain Marconnet et Raphaël Ibanez. Photos Icon Sport
    Sylvain Marconnet sous les couleurs du Stade français entouré de David Attoub et Dimitri Swarzewski. Dessous, en Bleu avec de gauche à droite, Pascal Papé, Lionel Nallet, Pieter De Villiers Sylvain Marconnet et Raphaël Ibanez. Photos Icon Sport
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Longtemps, Sylvain Marconnet a été le pilier à détenir le plus grand nombre de sélections en équipe de France (84), avant d’être détrôné par Nicolas Mas (85). Pourtant, avec les Bleus, celui qui a connu les grandes heures de gloires du Stade français avec cinq titres de champions de France entre 1997 et 2010, son parcours n’a pas été franchement linéaire. Au contraire. Il reste encore aujourd’hui un personnage truculent du rugby français. Connu pour son franc-parler et sa bonhommie, il a accepté d’ouvrir sa boîte à souvenirs.

Dans une récente interview parue dans nos colonnes, Christian Califano racontait que vos retrouvailles en équipe de France étaient parfois un peu chaudes. Est-ce que vous confirmez ?

C’est vrai mais c’était surtout lié à un contexte général. Il faut se souvenir qu’avec le Stade français, avec beaucoup d’humilité, nous avons mis fin à l’hégémonie du Stade toulousain à la fin des années 90. Dans les deux équipes, il y avait beaucoup de forts caractères. Et quand on se retrouvait en équipe de France, c’était courtois mais pas vraiment chaleureux. Je dois à Christian une de mes plus belles cicatrices sur la pommette. Merci « Cali » (rires). Il m’avait décroché une belle droite sur un match entre Paris et Toulouse.

Quelles sont vos relations aujourd’hui ?

À chaque fois que l’on se croise, il y a beaucoup de plaisir. Lorsque j’ai démarré, je peux le dire aujourd’hui, Cali faisait partie de mes modèles avec Louisou Armary. Ces deux-là ont été parmi les premiers piliers à porter un peu le ballon. Ce sont eux qui ont suscité chez moi un peu d’intérêt pour le poste de pilier parce que jusqu’à 17 ans je jouais 3e ligne. À l’époque, je ne voulais pas entendre parler du poste de pilier.

Pourquoi ?

Parce que mon père jouait à ce poste et tous les dimanches soir on devait attendre dans la bagnole avec ma mère qu’il se fasse suturer à l’hôpital. Autant vous dire que ce n’est pas très glamour pour un enfant. Surtout, je crois que je n’ai jamais vu mon père toucher un ballon sur un terrain sauf lors de son jubilé. Et encore, je pense que ses potes avaient mis trois rouleaux d’élasto dessus pour ne pas qu’il le fasse tomber.

Finalement, vous avez quand même accepté d’occuper ce poste…

Au fond de moi, vu ma courbe de croissance, j’ai toujours su que je finirais à la pile. Mais j’ai tout fait pour retarder l’échéance. Je rêvais de jouer arrière, de toucher des ballons, de faire des relances. Forcément, des garçons comme Cali, très doué ballon en main, m’ont aidé à accepter de jouer à ce poste. D’ailleurs, les premières fois où je l’ai retrouvé en équipe de France, pour moi, c’était du bonheur. J’avais de l’admiration pour lui. Mais très vite, ça a tourné à l’affrontement parce qu’on nous a mis en concurrence. On était comme chien et chat.

Au point de vous battre à l’entraînement ?

C’était tendu parfois… Mais je me souviens surtout d’un match en Angleterre où Bernard Laporte avait décidé de nous coller dans la même chambre. Pour Cali, je suis sûr que c’est un très mauvais souvenir. J’avais l’âge d’un jeune con et la veille du match je m’étais allumé une clope dans la chambre, sachant qu’il détestait la fumée. En plus, c’était un vrai hôtel à l’anglaise, un de ceux où tu ne peux pas ouvrir les fenêtres. Je vous laisse imaginer la tête de Cali.

Pas très sérieux tout de même de fumer à la veille d’une rencontre…

J’ai connu l’équipe de France au château Ricard où à la fin des repas, les mecs fumaient leur cigarette en buvant le café. J’en connais même certains qui fumaient dans les vestiaires.

Vous évoquez la rivalité entre le Stade français et Toulouse. Qu’est ce qui a motivé votre choix de rejoindre Paris en 97 ?

Le plus drôle dans cette histoire, c’est que Guy Novès voulait me faire signer au Stade toulousain. À l’époque, c’était le club où il fallait jouer pour gagner des titres. Mais ne me demandez pas pourquoi, dans ma vie comme dans ma carrière, je n’ai jamais fait les choses simplement. J’ai toujours privilégié l’atypique. Gamin, j’aimais le RC Toulon. Et en grandissant, je trouvais les Toulousains prétentieux. Je reconnais qu’ils avaient les moyens de l’être. Mais le challenge d’aller à Paris pour écrire une nouvelle histoire, c’était excitant. Pourtant, j’avais dit : « jamais la capitale, c’est trop grand pour moi. »

Pourtant, il y avait les rapetous au Stade français…

Justement, Max (Guazzini) voulait de la jeunesse pour les seconder. Pieter (De Villiers) était déjà au club. Et puis, Bernard (Laporte) a eu l’intelligence très tôt de cadrer les choses. Chacun savait quel match il avait joué. À l’époque, la Coupe de France et la Coupe d’Europe, c’était pour Pieter et moi ; le championnat pour les Rapetous. Il n’y a jamais eu d’ambiguïté. Bernard devait se douter que cela aurait pu partir à la connerie à l’entraînement. Mais ça n’est jamais arrivé.

En 2000, le Stade français est sacré champion de France en "autogestion". Quelle était la réalité ?

C’est un secret de polichinelle. Bernard (Laporte) venait très souvent gérer l’entraînement. On organisait ça sur les installations du GIGN à Bièvres pour que ça ne se sache pas. L’ambiance était top. Un entraînement sur deux se terminait par un barbecue avec les mecs du GIGN. C’était une autre époque. Mais nous avions aussi été responsabilisés. Une hiérarchie s’était établie entre joueurs. Nous avions eu les c… de nos ambitions. À l’époque, le groupe avait été vexé du départ de Bernard (Laporte) pour l’équipe de France. Georges Coste, même si j’ai beaucoup de respect pour l’homme, n’était pas l’entraîneur qui convenait au club.

Vous aviez demandé sa tête ?

Oui, c’est nous les joueurs qui avions demandé à Max (Guazzini) qu’il soit écarté. Je m’en souviens comme si c’était hier.

Racontez-nous !

Nous en avions discuté entre-nous et une délégation d’une dizaine de joueurs avait été désignée pour aller voir Max et lui dire qu’on n’arrivait à rien avec Georges Coste. Il nous a répondu : « Ok, pas de souci mais à deux conditions : c’est vous qui lui annoncez et vous terminez sans entraîneur car je n’ai pas envie d’en chercher dans l’urgence pour entraîner une équipe de nuls. »

Comment aviez-vous alors annoncé à Georges Coste qu’il était viré ?

Nous lui avons demandé de nous rejoindre à Jean-Bouin. C’était dans les vieux vestiaires. Je me souviens Marc (Lièvremont) était contre et c’était tendu. C’est Christophe Juillet, notre capitaine, qui avait pris la parole pour annoncer à Georges Coste notre décision. Au début, il a cru à une blague. Je me souviens qu’il a éclaté de rire. Évidemment, Max avait bien pris la peine d’éteindre son téléphone pour ne pas être joignable, afin de ne pas avoir à confirmer.

Que se passe-t-il durant l’après-match suivant le limogeage de Georges Coste ?

D’abord, on prend une rouste à Aurillac. Ensuite, on se retrouve dans une espèce d’auberge où le club avait réservé toutes les chambres. Il n’y avait que nous. Et là… (rires) du grand n’importe quoi. On a passé la nuit à picoler, les langues se sont déliées. On s’est dit nos quatre vérités. Tout le monde a fini complètement déchiré. Et on s’est promis d’aller chercher la qualification et le titre de champion de France.

Qui a payé la note du bar ?

Il y en avait eu, je crois, pour 27 000 francs (un peu plus de 4000 euros) ! À l’époque, c’était énorme. Après négociations, je crois qu’on avait payé 5 000 francs (environ 760 euros) et nous avions invité le patron pour la finale. Il avait fait la fête avec nous toute la nuit après le titre.

Racontez-nous le repas du mercredi avec Max Guazzini !

Max avait instauré le restaurant hebdomadaire où nous ne parlions pas de rugby. Il avait très vite compris que nous avions besoin de passer du temps ensemble pour créer une osmose, pour que nous ne soyons pas tous perdus dans notre coin à Paris. C’était aussi son petit moment à lui. Il faisait le show.

C’est-à-dire ?

Quand l’un d’entre-nous était sorti durant le week-end ou qu’un autre avait eu une aventure avec une jeune fille, il le convoquait devant tout le monde pour raconter ses frasques de soirée. Il affichait les joueurs devant tout le monde. C’était des moments de vie, de partage et de rigolade. Ce rendez-vous, c’était aussi l’instant choisi par Max pour parler de la vie du club, pour faire un retour du match du week-end précédent de son point de vue. C’était vraiment des moments particuliers.

Quel type de président était-il ?

Il avait plusieurs casquettes. Il était parfois un père, parfois un tyran. Avec Bernard, ils se partageaient les rôles. Je me souviens qu’un jour il nous a convoqués avec Pieter (De Villiers). Ça devait être en 1999 ou 2000, lorsque les Rapetous étaient sur la fin. Il nous avait dit : « Mes bébés, j’en ai marre. Tout le monde m’appelle pour me dire que j’ai des piliers d’opérette. Vous êtes en fin de contrat, je me pose des questions. » Avec Pieter, on s’était regardé, ne sachant pas trop quoi répondre. Il avait alors repris en nous demandant si on suivait la bourse et nous avait dessiné un graphique avec des courbes en nous disant que nous étions comme la bourse : un coup en haut, un coup en bas. Et il avait fini par nous dire : « Comme vous avez de gros salaires, soit vous restez en haut de la courbe, soit vous êtes virés. » C’était un drôle de moment parce qu’évidemment il y avait aussi beaucoup de bienveillance dans son propos.

Vous avez gagné cinq titres de champion de France avec le Stade français mais jamais la Coupe d’Europe malgré deux finales. Des regrets ?

Les deux finales, nous les avons perdues sur des erreurs stratégiques des coachs. En 2001, tout était écrit pour que l’on soit champion d’Europe. Seulement, John Connoly, pour qui j’ai beaucoup de respect, fait le choix de ne pas titulariser Christophe Laussucq à la mêlée, ce qui a déstabilisé le groupe. « Kiki » n’avait pas joué la demie pour cause de blessure, Morgan Williams avait été plutôt bon. Mais avec Laussucq, nous aurions été champions d’Europe.

Et en 2005 ?

Très franchement, les Toulousains avaient été meilleurs que nous.

Vous avez fêté les 20 ans du titre de 1998 il y a deux ans. Comment se sont déroulées les retrouvailles ?

C’était une chouette soirée. Nous étions heureux de nous retrouver. Tellement heureux que c’est parti très fort. Personnellement, je ne l’ai pas vu mais il y a eu tout de même eu une altercation entre Marc (Lièvremont) et Serge (Simon). À deux heures du matin, j’ai préféré partir car je sentais que la connerie était en train de monter. Et la connerie est arrivée avec le coup de téléphone à Guy Novès.

Vous ne cautionnez pas ?

J’aime beaucoup faire la fête, mais l’excès de conneries me dérange au bout d’un moment. J’ai trop de respect pour Guy Novès pour lui passer un coup de fil en plein milieu de la nuit. J’avoue que le lendemain, lorsqu’on m’a raconté l’anecdote, cela m’a fait rire. Mais, je ne l’aurai pas fait. Vingt ans après, on avait mieux à faire.

Qui est le joueur le plus fort avec qui vous avez joué au Stade français ?

Sans hésiter, Juan Hernandez. Il était beau, il avait la classe et pouvait débloquer un match sur un coup de génie.

Le plus drôle ?

Vincent Moscato était très bon. Je me souviens d’une bagarre à Perpignan où il arrive un peu en retard en sautant en l’air et en hurlant : « Personne ne bouge, contrôle de police. » Et il fait semblant de sortir sa carte. On s’est tous regardé et la bagarre s’est arrêtée.

Le plus méchant ?

(Il hésite) Le Docteur Simon avait cette particularité de faire très mal. Rodrigo Roncero était dans le même registre. Ces deux-là, j’étais content de les avoir avec moi (rires).

Si on vous parle du 4 mars 2007, ça vous évoque quoi ?

Bim badaboum ! C’est le jour où je me fracture le tibia au ski qui me prive de la Coupe du monde en France. Je me souviens avoir retiré le premier crochet de ma chaussure de ski et voir le tibia venir avec… Là, j’ai vite compris. J’ai appelé direct Jo Maso. J’étais encore sur la piste et je lui ai dit : « Je crois que je ne vais pas être dispo le week-end prochain pour jouer contre l’Angleterre. » Sans avoir fait médecine, je me doutais que ce serait compliqué (rires).

Bernard Laporte ne vous a-t-il jamais engueulé d’avoir fait du ski en plein milieu du Tournoi des 6 Nations ?

Non. Bernard a toujours été très dur avec moi mais aussi bienveillant.

Ne pas participer au Mondial en France a-t-il été un moment difficile ?

Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Ça fait partie de ma carrière. Ce jour-là, je n’avais pourtant pris aucun risque. Mes filles venaient d’avoir leur flocon et je leur avais promis que si la météo était bonne je ferais quelques descentes avec elles. Et malheureusement, je chute sans aucune vitesse, ce qui est le plus problématique. Une fracture qui survient sur une chute où il y a de la vitesse, au moins c’est une fracture nette, beaucoup plus facile à remettre. Là, mon ski a buté sur un tas de neige mouillée, je suis tombé au ralenti et c’est mon tibia qui a servi de soupape.

Avez-vous compris très vite que le Mondial en France était compromis pour vous ?

Sur le coup, j’ai surtout pensé que je ne pourrais pas jouer le crunch la semaine suivante et ça s’est confirmé (rires). J’ai subi une opération de plus sept heures. Les chirurgiens étaient même très pessimistes quant au fait que je puisse reprendre le rugby tout simplement. Le lendemain de la première opération, j’ai eu des complications. J’ai développé le syndrome des loges. J’avais des douleurs de dingues, j’ai cru que ma jambe allait exploser. Je suis donc retourné au bloc en urgence. Et j’ai appris après que si ça n’avait pas été pris à temps, j’aurais pu être amputé.

Vous étiez loin du rugby à ce moment-là, non ?

Oui et non. Mais, très vite, je me suis plongé dans ma rééducation. Bernard était venu me voir à l’hôpital pour me dire qu’il comptait quand même sur moi pour le Mondial, pour me dire de me battre, de me donner les moyens de réussir. Ça m’a boosté. Mais bon… Au final, j’ai subi cinq interventions chirurgicales en 2007 et passé six mois à marcher avec des béquilles.

Avez-vous pensé, à un moment ou un autre, ne jamais pouvoir rejouer au rugby ?

Oui, je me souviens être parti une semaine chez mon père dans la région lyonnaise. Je ne voyais pas le bout du tunnel et les douleurs étaient toujours vives. On m’avait diagnostiqué une Algodystrophie, qui est une maladie nerveuse. J’aurais été dans un sport individuel, j’aurais sûrement baissé les bras. Ma chance, c’était de jouer au Stade français avec des mecs extraordinaires. Même les dirigeants, le staff médical ont été tops. À un moment, j’ai ressenti le besoin de sortir du cadre du club pour faire ma rééducation, ce qui m’a été autorisé. Je me suis engagé avec Renaud Longuèvre, l’entraîneur de Ladji Doucouré, pour m’entraîner avec sa « team » pendant deux mois. Et quelques mois plus tard, j’ai réussi à revenir sur les terrains.

Votre plus grosse blessure, ne l’avez-vous pas vécue en 2011 avec votre non-sélection pour le Mondial en Nouvelle-Zélande ?

C’est une tout autre blessure…

En voulez-vous encore à Marc Lièvremont de ne pas vous avoir retenu ?

Non, c’est du passé. Nous vivons dans la même région, il nous arrive de nous croiser et de boire une bière ou un café ensemble. L’explication a été houleuse parce qu’on a chacun un fort tempérament. Mais la page est tournée.

Vraiment ?

Oui, nous avons eu une très bonne explication après une interview dans le Midol où je l’avais un peu allumé. Entre-nous, il y a eu une incompréhension. La mère de ma plus jeune fille était enceinte, vivait une grossesse difficile car le risque était grand de donner naissance à un enfant handicapé. J’avais donc expliqué ma situation à Pierre Camou et Jo Maso, j’avais besoin de m’absenter pour faire des tests médicaux. Nous étions alors mi-juillet en pleine préparation. Et je leur avais dit clairement que si je ne pouvais pas passer ces tests médicaux, je ferais une croix sur le Mondial. Après cet entretien, Marc était venu me voir dans ma chambre pour me dire qu’il comptait sur moi pour la Coupe du monde, qu’il n’y avait pas de souci, que je devais aussi penser à ma famille. Et finalement, ils m’ont autorisé à m’absenter sur une période de repos pour faire ces examens. Forcément, le jour où, en Irlande, Marc est venu me voir pour me dire qu’il ne m’emmenait pas en Nouvelle-Zélande, je suis tombé de ma chaise. À l’époque, il n’avait pas grand-chose à me reprocher, mes tests physiques étaient bons, peut-être les meilleurs de tous les piliers. Avec un peu de recul, je pense qu’on m’a fait payer mon caractère un peu trop indépendant. Peut-être même que certains joueurs sont intervenus auprès de Marc pour que je ne prenne pas l’avion.

Vous avez longtemps été recordman des sélections en équipe de France pour un pilier en ne participant finalement qu’à deux Coupes du monde. N’est ce pas une déception ?

1999, j’arrive juste sur la fin pour remplacer Cali qui est suspendu. 2003, je ne joue que le quart de finale, la demie et la petite finale. 2007, c’était notre Mondial. Le groupe avait grandi ensemble, il avait pris de l’expérience. J’étais sûr qu’on allait enfin gagner mais sans moi à cause de mon tibia. Et 2011 reste une blessure personnelle car je m’étais juré d’y être dès 2007. C’était mon objectif absolu. Dès que j’ai su que je ne pourrai pas participer au Mondial en France, je m’étais fait cette promesse d’aller en Nouvelle-Zélande. Alors, je n’étais peut-être plus le joueur d’avant 2007 mais j’étais capable de rivaliser au niveau international.

Dans quel état d’esprit étiez-vous le jour de la finale face aux Blacks ?

J’étais heureux pour les mecs, pour ceux avec qui j’avais partagé la préparation. J’avais bien senti que les joueurs s’étaient émancipés. La préparation avait déjà été compliquée avec le staff et c’était inévitable. Ça a même été salvateur.

Cette finale, c’est le dernier grand moment du rugby français. L’arrivée de Fabien Galthié et Raphaël Ibanez peut-elle permettre le retour des Bleus

en haut de l’affiche ?

Ces deux-là étaient destinés à prendre un jour les commandes du XV de France. Je suis très content de voir le changement d’état d’esprit initié par Fabien et Raphaël mais j’aurai aimé voir un entraîneur anglo-saxon prendre la direction des Bleus. Bernard (Laporte) a choisi d’en passer par un référendum auprès des clubs amateurs, ce qui a rendu la chose impossible. Mais à mon sens, au regard de l’état du XV de France, un autre regard, un autre management, une autre vision auraient sans doute été bénéfiques. J’aime Jacques Brunel pour l’homme qu’il est, pour l’entraîneur qu’il a été, mais son mandat n’a pas été une franche réussite. Et j’ai le sentiment que le chantier est immense dans la perspective de 2023.

Vous avez longtemps commenté l’équipe de France des moins de 20 ans pour France Télévisions. N’êtes-vous pas optimiste au regard de l’éclosion de nouvelles générations ?

J’ai pris beaucoup de plaisir à commenter cette équipe de France des moins de 20 ans. Je n’ai pas été reconduit pour diverses raisons mais j’ai tourné la page. Pour moi, c’était une chance de côtoyer tous ces gamins. J’espère simplement que les moins de 20 ans continueront à avoir de la visibilité car c’est le vivier de l’équipe de France. Et pour répondre à votre question, je crois que la nouvelle génération a un immense potentiel. Il y a vraiment de super gamins. Si on leur permet d’exploiter leur talent, je peux vous garantir que le XV de France est entre de bonnes mains.

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Arnaud BEURDELEY
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