Quels bienfaits de l'altitude ?

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    Quels bienfaits de l'altitude ? Jean Paul Thomas / Icon Sport - Jean Paul Thomas / Icon Sport
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Trop courts pour avoir un réel impact physiologique, les stages de quelques jours en altitude comportent plusieurs autres avantages. Les voici...

Nous allons d’emblée démonter une légende urbaine : non, les clubs de Top 14 ne montent pas en altitude pour que leurs joueurs bénéficient d’adaptations physiologiques. Leurs préparateurs physiques ne sont pas dupes, et ils savent parfaitement que ces stages de quelques jours ne sont pas suffisamment longs pour les organismes de leurs joueurs. Car certes, le fameux mécanisme de la « machine à globules rouges » est réel : en altitude, on augmente la masse totale d’hémoglobine, soit le nombre de globules rouges contenus dans le sang. Et quel est l’intérêt ? Les globules rouges sont tout simplement ceux qui transportent l’oxygène dans le sang. Et logiquement, des muscles mieux oxygénés sont plus performants. Voilà pourquoi les athlètes et les équipes de tous bords se pressent dans les stations de ski en été. Le hic ? C’est que pour contraindre le corps à s’adapter, il faut séjourner entre quinze jours et trois semaines en altitude, au-delà de 1 500 mètres. De surcroît, ces bienfaits sont surtout utiles pour des sports de type aérobie comme le vélo ou la course à pied. Or, le rugby n’est pas considéré comme un sport aérobie au sens strict du terme puisqu’il s’agit d’un sport où l’enchaînement d’efforts anaérobiques (donc courts et qui n’utilisent pas l’oxygène comme filière énergétique principale) fait travailler par incidence l’aérobie. Mais passons.

Plus bénéfiques pour les têtes que pour les jambes

Pour autant, ces courts séjours en montagne sont loin d’être inutiles. Bien au contraire. Ce n’est pas un hasard si, cette année encore, les équipes de rugby se sont rendues massivement dans les stations. Seulement, les bénéfices se font davantage ressentir dans les têtes que dans les jambes. Un stage implique d’abord un changement de cadre, qui brise la routine de la sempiternelle période de présaison, où les joueurs enchaînent les semaines intenses de travail « sans avoir la carotte du match le week-end », comme l’expliquait le centre tricolore du Stade toulousain Sofiane Guitoune après le match amical contre Béziers. L’avantage spécifique des stages en altitude, c’est aussi qu’ils permettent de confronter les joueurs à un milieu que tous ne connaissent pas : la montagne, et ses innombrables activités qui vont mettre les joueurs face à de nouveaux défis : « Certains sont très courageux sur un terrain, mais ils le sont beaucoup moins dès qu’ils sont à trois mètres au-dessus du sol, plaisante un préparateur physique de Top 14. Le fait de mettre les joueurs dans ces situations leur permettent de se découvrir les uns les autres, et même de se découvrir eux-mêmes. »

L’autre avantage du cadre de ces stages en altitude, c’est le calme. En temps normal (et pas cette année car en raison des restrictions de déplacement liées à la crise du Covid-19, les stations de ski sont envahies de touristes), les stations de ski sont beaucoup moins fréquentées que les autres lieux touristiques. Les joueurs peuvent donc se ressourcer en groupe, et passer d’agréables moments loin de la cohue du pourtour méditerranéen. Bref, s’ils ne sont pas évidents sur le plan physiologique, les bienfaits des stages en altitude restent nombreux, et expliquent pourquoi la transhumance des équipes de rugby est loin d’être finie…

Simon Valzer
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