Amical : Toulouse, le grand jaillissement

  • Antoine Miquel, au terme d’une sublime percée, a inscrit l’un des six essais toulousains. Photo Emilie Coutheillas
    Antoine Miquel, au terme d’une sublime percée, a inscrit l’un des six essais toulousains. Photo Emilie Coutheillas - emilie
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Le champion 2019 a failli nous offrir un zéro-zéro à la pause. mais La Rochelle lui facilita la tâche et la sarabande put commencer, pendant 40 minutes, jusqu’à plus soif.

On aimerait bien être dans le secret des réunions du staff toulousain pour savoir ce qu’Ugo Mola a bien pu retenir de ce match. Son équipe type ou presque sans recrue et sans néophyte s’est longtemps cassé les dents et puis la formation plus "ouverte aux quatre vents" à coups de remplacements s’est envolée irrésistiblement. Ugo Mola aura aussi tenté quelques trucs comme Peato Mauvaka en troisième ligne centre ou le pilier Rodrigue Neti en position de talonneur-lanceur.

En tout cas, les Toulousains ont su mettre leurs invités en appétit. 38 minutes avant de déflorer la marque et puis… ce fut le jet continu ou presque.

On a même frôlé le zéro-zéro à la pause avant que Kolbe ne franchisse la ligne en solo au bout d’un double balayage et une passe de basketteur de Yoann Huget. On sentait bien que les Toulousains prenaient l’air de rien l’ascendant face à une équipe qui jouait son premier match amical. "On s’est trop compliqué la vie, on s’est montrés trop pressés. C’était sans doute le plaisir de retrouver le terrain, expliqua Antoine Dupont au micro de Canal + à la mi-temps qui, c’est vrai, avait tenté pas mal de pénalités rapides. "Oui, c’est imprécis, mais j’ai été content de voir les joueurs se libérer" renchérissait son président Didier Lacroix.

Il y avait des bourdes, un "étayage" abusif de Placines sur un maul sanctionné d’un carton jaune. Mais quelques signaux verts se mettaient à clignoter, une ou deux interventions de Sofiane Guitoune, une balle piquée en touche de Richie Arnold. Quelques bonnes défenses du pack sur des touches à 5 mètres. Et puis, a contrario, La Rochelle souffrait jusqu’à prendre deux cartons jaunes coup sur coup. Les Maritimes puisèrent très tôt dans leurs réserves pour essayer de se maintenir à flot. La supériorité toulousaine, ce fut donc cette balance ultra-favorable : un carton jaune contre cinq.

Est-ce qu’un match déjà disputé (face à Béziers) pèse autant que ça dans des jambes à court de compétition ? Sans doute, c’est l’explication la plus plausible au festival de la deuxième mi-temps. Cinq essais comme à la parade autour d’un Maxime Médard assez… magnifique. Quelle passe sur un pas pour Mathis Lebel le long de la ligne ! Quelle attaque de 80 mètres sublimée par Lucas Tauzin, conclue par Fouyssac et Marty. Quelle percée impeccable de Miquel tout droit à pleine vitesse après une prise du milieu de terrain aux petits oignons.

Seulement deux nouveaux sur la pelouse

À la réflexion, Toulouse est une équipe qui a peu recruté. Il n’y avait pas trop de problèmes d’intégration à gérer. et de nouveaux principes à assimiler. Si l’on excepte les retours (Richie Arnold, Maxime Marty), il n’y eut que deux "nouveaux" sur la pelouse, deux demis de mêlée, Alexis Balès (ex-La Rochelle) et Baptiste Germain (ex-UBB). 90 % de l’effectif étaient donc censés maîtriser les principes du jeu à la toulousaine, un argument de plus pour expliquer ce cavalier seul, assez humiliant pour l’adversaire.

On a quand même découvert quelques nouvelles têtes, dont les noms parsemaient les sélections de jeunes : le colossal Joshua Brennan par exemple. Il a formé la paire avec Yannick Youyoutte, qui est son opposé sur le plan physique tant il est longiligne. Le centre Dimitri Delibes aussi ne nous était pas familier. Comme tant d’autres avant eux, ils se sont fondus tout en douceur dans un effectif qui déroulait son rugby, en espérant qu’ils avaient à frapper à la bonne porte. Celle des grandes équipes qui ne meurent jamais.

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