Coûte que coûte

  • Julien FUMAT of section Paloise during the friendly match between Pau and Castres on August 27, 2020 in Pau, France. (Photo by Pierre Costabadie/Icon Sport)
    Julien FUMAT of section Paloise during the friendly match between Pau and Castres on August 27, 2020 in Pau, France. (Photo by Pierre Costabadie/Icon Sport) Icon Sport - Icon Sport
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L'édito de Léo Faure... L’obstacle qui se dresse devant le rugby et ses envies logiques de reprise est grand, bien sûr. Immense, même, si on en juge par l’accumulation des infections, des défections, des déceptions qui jalonnent l’été et supplantent au rang des actualités la seule tenue des matchs de préparation, habituel sucre d’orge des aoûtiens.

Dans ce contexte où rien n’est jamais sûr, sinon l’incertitude, le rugby de compétition va-t-il (vraiment) pouvoir reprendre ses droits, la semaine prochaine ? Oui et c’est tant mieux, qu’importent les vents contraires. Il faut vivre, comme nos voisins du foot et du tour de France refleurissent. Dans six jours, le Pro D2 débutera et offrira d’emblée un alléchant Biarritz-Perpignan. Si la guigne s’emmêle et que la triste Covid s’immisce, si ce BO-USAP fait faux-bond, le rugby français renaîtra le lendemain aux yeux de ses amoureux, par un Paris-UBB des grands soirs de Top 14. Également menacé ? Tant pis, un autre match prendra sa place.

La seule certitude du moment est finalement celle-là : il faut rejouer, vite. C’est une nécessité quand ce sport, valdingué depuis six mois par la crise, se trouve face un choix qui contenterait Machiavel : rejouer malgré les aléas de pénombre ou disparaître purement et simplement des radars. Au jeu du moins pire, la première option est toute désignée. Coûte que coûte, il faut que le feuilleton vive à nouveau et peuple les week-ends.

Cette envie d’affection et de raison engagera toutefois des concessions. Pour les supporters en tribunes, il s’agira de se contenter d’un spectacle masqué, rendu rigoureux et un rien austère par le poids des protocoles. Pour les autres, les spectateurs, il faudra se satisfaire d’un canapé sans le goût, sans le son ni le parfum d’une rencontre pleinement vécue au stade. Pour les acteurs de ce grand théâtre, il faudra aussi se faire à l’injustice. La période l’impose.

Aujourd’hui, tous n’ont pas bénéficié des mêmes conditions de préparation. C’est même un gouffre qui sépare Toulouse ou Montpellier, restés secs entre les gouttes, et ces clubs franchement plombés par les annulations en cascade, tels Carcassonne ou le Stade français qui n’auront pas disputé le moindre match amical.

Demain, tous seront posés au milieu de ce championnat sur ce principe d’inégalité : qui pourra s’entraîner en équipe ou ne le pourra plus, le temps d’un isolement ? Qui enchaînera ses rencontres à un rythme hebdomadaire décent quand d’autres, pris par le tourbillon des reports, devront accumuler les rencontres en semaine ?

Le Top 14 et le Pro D2 qui s’avancent seront inéquitables, c’est un fait. Ils le seront bien au-delà des doublons – plus nombreux que jamais – qui gonflaient jusqu’ici les discours d’injustice. Ils seront sûrement bancales, certainement désordonnés. Mais ils seront vivants. Il faudra s’en contenter. Mieux : il faudrait s’en satisfaire.

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