Faut-il instaurer une ligue fermée cette saison ?

  • Julien Arias (Stade Français).
    Julien Arias (Stade Français). Icon Sport
Publié le , mis à jour

C’est une petite musique que l’on commence à entendre dans le rugby pro : de plus en plus de voix plaident pour une ligue fermée cette saison, afin de préserver les clubs du pire en prévision d’une saison qui s’annonce inéquitable, entre reports des matchs et jauge limitée de spectateurs. bonne idée ou pas ?

La multiplication des annulations de matchs amicaux, proportionnelle aux cas de Covid-19 recensés dans les clubs au fur et à mesure de l’accumulation des tests, a bien évidemment interpellé tous les observateurs de ce sport. De quoi redouter une foule de matchs reportés, voire annulés, et une belle pagaille à l’horizon pour cette reprise du championnat ? C’est malheureusement une quasi-certitude, et les premiers accrochages verbaux par voie de presse interposée entre Bordelais et Parisiens au sujet de la 1re journée ne constituent probablement qu’un avant-goût de ce qui risque de nous attendre tout au long de la saison…

Alors, ajoutez à cela les incertitudes liées aux jauges de spectateurs, pour l’heure limitées à 5 000 mais susceptibles d’évoluer ici et là en cas de dérogation, tandis que sur d’autres départements plane la menace de matchs à huis clos, et vous obtenez le contexte idéal pour une compétition faussée ou tout du moins inéquitable. C’est ainsi que ces derniers jours, aux six coins de l’Hexagone, des voix ont commencé à se lever pour réclamer, que dans ce contexte hautement anxiogène, les clubs professionnels puissent au moins s’offrir le luxe de ne pas évoluer avec la crainte d’une relégation. Mesure qu’il s’agirait de prendre avant le début de la saison, c’est-à-dire très vite… "Bloquer ou limiter les descentes semble légitime", vu le contexte, nous confiait encore cette semaine un manager de Top, 14 désireux de garder l’anonymat. "La saison sera très particulière, on le sait, sûrement inéquitable. Autant se jeter dans la bagarre avec du positif, de l’envie, de la joie plutôt qu’avec le stress d’une relégation."

Un titre et seulement des montées, une option possible ?

Une saison pour du beurre, alors ? Pas forcément, si à défaut de la (dé) niveler par le bas, on en conservait l’essence, à savoir l’attribution de titres de champions. "On pourrait conserver une ou deux accessions, imaginait notre interlocuteur. Quitte à effectuer une saison de transition avec un Top 16 en 2021-2022, ce qui aurait, en plus, le mérite de générer plus de matchs, donc plus d’argent et compenserait en partie le manque à gagner de cette saison, avec la jauge des 5 000. Cela permettrait aussi à toutes les divisions inférieures de garder le même nombre de participants, tout en ne reléguant personne. Ça ne peut durer qu’une saison, bien sûr, mais cela aurait au moins le mérite d’entretenir le suspense par le haut, de garder le piment de la compétition en conservant la joie de gagner, sans la peur de perdre. En termes de spectacle, en cette année si importante, cela pourra aussi libérer les équipes."

L’argumentaire semble imparable, et aurait qui plus est le mérite de satisfaire tout le monde, denrée rare en ces temps troublés. Mais sera-t-il pour autant entendu ? Le débat est en tout cas bel et bien lancé…

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