François Rivière : « Une telle mesure serait une catastrophe commerciale »

  • Francois Riviere, président de l'USAP.
    Francois Riviere, président de l'USAP. Icon Sport
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L’homme fort de l’Usap veut débuter la saison et se laisser le temps avant de mesurer les conséquences de la pandémie sur la première moitié de saison

Pensez-vous que geler le système des promotions et des descentes en Top 14 et Pro D2, en raison d’une saison qui s’annonce particulière, pourrait enlever un peu de pression aux clubs ?

Je pense qu’il est urgent de ne rien décider et de voir venir les choses. Il faut rester calme et boire frais. On va voir comment les choses vont évoluer. On ne sait pas. Il faudra faire un point à Noël, à mi-saison. Il faut au moins démarrer le championnat et nous verrons les conséquences de la covid. Il est urgent de ne pas décider trop vite, quoi que ce soit, ni dans un sens ni dans l’autre. Peut-être qu’il faudra en débattre mais plus tard. à ce moment-là, nous aurons une vision assez claire de ce qui va se passer sur la saison. On verra si la pandémie a perturbé le début du championnat et dans quelles proportions. Peut-être que les choses vont bien se passer. Je prends notre exemple à l’Usap : nous avions soi-disant un cas positif mardi et, finalement, on l’a fait tester à nouveau le lendemain et il était négatif. Ce qui est anxiogène, c’est que l’on va devoir s’adapter toute la saison à jouer dans un contexte compliqué, ça c’est vrai. Il va falloir que l’on accepte de gérer cette anxiété pour nos joueurs, notre personnel sportif, nos partenaires, nos abonnés et nos supporters car on ne saura jamais si l’adversaire sera là. Mais tracer des conclusions me paraît prématuré. Nous verrons à Noël.

Une deuxième année sans promotion en Top 14, alors que Perpignan était déjà la saison dernière un candidat à la montée, serait-il préjudiciable ?

Je pense que d’autres problèmes sont bien plus importants, avant même de parler de classement et de ses conséquences pour la saison suivante. Il y a des vrais sujets de discussions sur la survie économique des clubs et c’est, à mon avis, le sujet le plus préoccupant du rugby français. Qu’est-ce qui va se passer dans les prochains mois ? C’est pour cela qu’il faut attendre Noël car je crains que si la pandémie continue de s’installer et de créer des perturbations fréquentes, les conséquences économiques pour les clubs seront bien plus graves que les conséquences sportives liées au classement. Je suis d’accord avec le président de la Ligue quand il dit : "Démarrons la saison !" Allons-y et prenons le temps de faire le point de tout à Noël. Mais il faudra faire un point à la fois du financier et à la fois du sportif. Nous allons peut-être avoir des clubs très fragilisés sur le plan financier et qui n’auront peut-être pas la capacité à monter au stade supérieur. Il va falloir être très prudent. Au mois de mai, j’ai essayé de mettre sur la table des sujets comme le calendrier ou les transferts des joueurs. Ce qui m’ennuie avec la question de votre débat : une fois de plus, on prend le problème par le petit bout de la lorgnette. Quelques clubs commencent à s’inquiéter du classement et on est déjà en train de se dire s’il ne faudrait pas changer les règles. Ce n’est pas le vrai sujet. Le sujet principal est simple : quand est-ce que l’on va doter le rugby français d’une organisation qui nous permettra notamment de gagner la Coupe du monde dans trois ans et d’être le plus performant possible pour les années qui suivent. Faisons des états généraux du rugby français en mettant tout sur la table : le volet financier, les classements et le système de promotion-relégation, la formation, les transferts… La situation du rugby français est bien plus grave que de savoir qui va descendre et qui va monter. Je le vois en discutant avec d’autres présidents, même si nous avons la chance à l’Usap d’être moins impacté car nos supporters et partenaires répondent présents. Nous sommes très suivis mais la survie de certains clubs serait remise en cause, si par malheur la pandémie perturbait le championnat. Ils vont regarder les tableaux financiers avant le classement. Donc cette question pourrait rapidement être caduque. Il faut se décider une bonne fois pour toutes à aller au fond de la réflexion.

Geler les descentes n’apporterait pas aussi une sérénité financière…

Au contraire ! Annoncer une telle mesure dès maintenant serait une catastrophe commerciale car cela enlèverait une partie importante de l’attrait du championnat. à mon avis, cela reviendrait à enfoncer la tête dans l’eau à quelqu’un qui est en train de se noyer. Sur un plan économique, annoncer que la saison serait blanche est bien la dernière chose à faire. Ce ne serait plus la peine de se battre sur le terrain. Mais encore une fois, regardons en priorité les problèmes de fond.

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