La mise au point du docteur parisien

  • Gonzalo QUESADA coach of Stade Francais talks to the team during the Stade Francais training session on September 3, 2020 in Paris, France. (Photo by Anthony Dibon/Icon Sport) - Stade Jean Bouin - Paris (France)
    Gonzalo QUESADA coach of Stade Francais talks to the team during the Stade Francais training session on September 3, 2020 in Paris, France. (Photo by Anthony Dibon/Icon Sport) - Stade Jean Bouin - Paris (France) Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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"Un vrai soulagement." Les propos du Docteur Elliot Rubio, médecin du Stade français, sont exempts de toute ambiguïté. Pour lui, le report de la rencontre entre le club de la capitale et l’UBB par la LNR est une "sage décision." Et d’ajouter : "Nous aurions mis les joueurs en danger si nous les avions fait jouer ce vendredi." Un constat que ne partage pas ni Laurent Marti, président de l’UBB, ni Christophe Urios, son manager. "Je savais qu’à partir du moment où on évoquerait l’intégrité physique des joueurs, les parapluies allaient s’ouvrir de partout, a déclaré Marti dans les colonnes de Sud-Ouest. C’est une décision qui arrange le Stade français et qui nous dérange." Et d’ajouter, sous forme d’accusation : "On a fait un peu de résistance parce que la raison médicale invoquée est fausse. […] Ce ne sont donc pas des raisons médicales mais des raisons qui sont liées au fait qu’ils n’ont pas pu - en tout cas pour les joueurs en première ligne - avoir la préparation physique et rugbystique idéale."

La vision de la situation est diamétralement différente pour le Docteur Rubio. "Il y a deux choses très distinctes : d’abord, il y a eu la phase infectieuse où nos joueurs à partir du 5 août, et sur une période d’une dizaine de jours, se sont infectés pour une grande majorité à la Covid-19. Tous ces joueurs n’ont donc pas été éligibles à n’importe quel type d’entraînement, pendant 14 jours. C’était une décision commune de l’ARS PACA et Ile de France mais aussi de la LNR. Cela a entraîné, et c’est le second point, un réel déconditionnement de nos joueurs. Ensuite, certains de nos joueurs, pour la plupart des joueurs de première ligne, ont eu à la fois un test positif, des lésions pulmonaires révélées au scanner et des épreuves fonctionnelles respiratoires qui montraient des syndromes restrictifs. Lesquels syndromes peuvent se matérialiser par des essoufflements parfois simplement en montant un escalier." Force est donc de s’interroger : Quel était le risque pour ces joueurs-là de disputer une rencontre de Top 14 ce vendredi ? "Les lésions pulmonaires de ces joueurs, si on refait à ce jour un scanner, seraient toujours visibles, souligne le médecin du club parisien. Il y a, ce qu’on appelle, un retard clinico-radiologique. Et même si ces joueurs ont pu reprendre l’entraînement en début de semaine avec un travail cardio léger, il y a tout de même des lésions. C’est pourquoi le suivi médical reste très pointu à ce jour."

Le Docteur Rubio ne nie absolument pas le retard sur le plan de la préparation athlétique et rugbystique, avancée par le président Marti. "Nous avons subi un coup d’arrêt à la préparation estivale, qui, je le rappelle, devait être, sur recommandations de la LNR, d’au moins douze semaines. Or, certains de nos joueurs ont eu trois semaines d’arrêt complet. Ils n’ont même pas pu s’entretenir comme ils auraient pu le faire durant une période de congés. Plus de la moitié de nos onze joueurs de première ligne ont été dans l’incapacité de faire la moindre mêlée à huit contre huit, ni même le moindre gainage cervical. Il était donc inconcevable de les mettre sur un terrain de Top 14 pour un match à balle réelle contre une équipe qui n’a connu aucun arrêt dans sa préparation."

Le Docteur Rubio admet également que "les différents pneumologues et cardiologues avec qui nous avons travaillé, affirment que ces joueurs retrouveront leurs pleines capacités respiratoires." Une nouvelle rassurante. Et ce dernier de conclure : "Comme je le répète souvent à nos joueurs, le plus grand spécialiste du Covid a moins d’un an d’expérience." Prudence est donc mère de sûreté.

Arnaud BEURDELEY
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