Les Rochelais plus forts que les doutes

  • Arthur RETIERE (La Rochelle).
    Arthur RETIERE (La Rochelle). Icon Sport / Icon Sport
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Les doutes entourant la forme du moment ont volé en éclat face au Rugby Club Toulonnais. La Rochelle a bien l’intention de rester parmi les cadors.
 

Il y avait une certaine forme de jubilation, dans l’attitude de Jono Gibbes, quand est venu le moment de se présenter face aux micros, après le match. Comme pour faire fermer des bouches, diraient les footeux. « Il y avait des questions et des doutes autour de notre capacité à marquer des points », s’est fait un malin plaisir de rappeler le directeur du rugby rochelais dès sa première intervention. Référence aux deux dernières sorties des siens avant d’affronter Toulon, soldées par deux zéros pointés face au Racing et au Stade toulousain. Même si Victor Vito reconnaît volontiers, après coup, que le groupe « ne savait pas vraiment où il en était », Jono Gibbes, lui, tordait déjà le cou la semaine dernière aux doutes planant sur la capacité de son équipe à jouer les premiers rôles d’entrée de championnat. S’appuyant, sur un état d’esprit « énorme », à l’entraînement. À tel point que le Kiwi, sûr de lui, avait presque senti venir cette victoire inaugurale face au RCT : « L’entraînement de jeudi, on l’a coupé après 12 minutes de travail collectif. On a fini la séance parce que le groupe était vraiment présent. Pas seulement les 23. De temps en temps, tu sens qu’il n’y a pas besoin de plus. On est déjà prêt. »


Voilà qui donne d’ailleurs encore un peu plus de crédit aux propos du jeune talonneur Samuel Lagrange. Lui aussi assurait, à l’aube des retrouvailles avec le Top 14, évoluer au sein d’un groupe physiquement « à 100 %, prêt à aller chercher le titre ». Dans sa quête du Brennus, La Rochelle a donc validé une première étape. Celle de rappeler aux observateurs et pronostiqueurs qu’il ne faut pas l’enterrer trop vite. Face à un concurrent direct pour la qualification, les Maritimes ont maîtrisé les débats. Se rendant la partie plus sereine en prenant rapidement les devants au tableau d’affichage. Ça n’a pas souvent été le cas, la saison dernière, quand les cadors se présentaient dans cette forteresse finalement gardée inviolée. Non sans souffrance.
 

« Certains mecs avaient 0 minute dans les jambes »


Là, ladite souffrance s’est révélée plutôt physique. Non, La Rochelle n’est pas encore à 100 % de ses moyens. Et c’est somme toute normal, après une telle coupure et l’annulation du second match de préparation face à Agen pour cause de covid. « Certains mecs avaient 0 minute dans les jambes avant de commencer ce match, souligne Romain Sazy. Honnêtement, les entraînements c’est bien mais rien ne remplace un match. Celui-ci était particulier, bizarre. Il n’y a pas eu trop de contacts, c’était un faux rythme. Ça n’a pas été un grand match dans l’engagement physique. On va se satisfaire des quatre points et c’est déjà très bien. » D’autant que le Stade Rochelais n’en laisse aucun à Toulon. Chose assez rare pour être signalée, dans les confrontations entre les deux formations en terres maritimes.


Quitter Deflandre sur une victoire face à Toulon. Le retrouver, six mois et demi plus tard, sur le même résultat. Devant 8 000 personnes. C’était aussi la belle histoire du jour, côté rochelais, samedi. Dans une enceinte certes toujours à guichets fermés, mais moitié moins remplie que d’habitude. « Il y avait aussi ça à appréhender, confie le capitaine Sazy. Tu sens qu’il y a moins de monde, c’est indéniable. Très peu de joueurs connaissent Deflandre pas à 100 %. Franchement, ça doit faire quelques années. Il va falloir qu’on s’y habitue ».

Romain Asselin.
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