On a marché sur la lune

  • Kotaro Matsushima (Clermont) contre Toulouse
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L'édito du lundi d'Emmanuel Massicard... Vous aimez le saut à ski ? À la télé s’entend, évidemment. Vous savez, ce sport où l’on se projette dans le vide avec de larges planches aux pieds ; et où l’on plane pendant une poignée de secondes après avoir décollé d’une rampe vertigineuse, des dizaines de mètres au-dessus du sol.

Moi, cela ne me laisse jamais indifférent. J’imagine la sensation, surtout à l’envol. L’adrénaline, j’imagine comparable à celle ressentie jadis en sortant des vestiaires avec les copains, les jours de liesse… Ce doit être ça, le grand saut. Le grand frisson.
Pourquoi diable vous parler ici de saut à ski ? Dans un journal de rugby ? Parce que le rugby a lui aussi fait le grand saut ce week-end, après six mois d’abstinence. On a donc rejoué, comme on a marché sur la lune : suspendu au vide et à l’apesanteur. Avec la boule au ventre et même, parfois, de vrais frissons malgré le niveau inégal du jeu qui fut proposé.

Le reste est à venir, avec une certitude : comme un devoir face à l’urgence, la crise me semble dessiner sa sortie sur la base des fameux tremplins olympiques de saut à ski. Avec l’ambition de nous projeter vers ces nouveaux territoires qui, comme le dit la chanson, restent à conquérir.

Patience et prudence, le rugby est encore loin du compte avec ses publics accueillis au compte-gouttes et son économie qui toussote. Mais bon, on a rejoué.

C’est assez pour savourer l’air des retrouvailles et la lecture de ce nouveau Midol que vous avez entre les mains. Pas une révolution mais de vrais changements dans notre manière de vous accompagner au plus près du jeu et de l’actualité rugbystique. De vous décrypter les matchs et de les replacer tôt dans le journal, dès l’entame, pour rendre au terrain la place qu’il mérite. C’est la conviction de mieux hiérarchiser l’information pour la mettre en valeur et de raconter ces histoires qui font le sel de notre culture. De s’enrichir, enfin, grâce à la complémentarité entre tous nos supports.

À 91 ans Midol mue encore, éternel adolescent, pour coller à sa réalité qui n’échappe évidemment pas au digital. Tout sauf une contrainte, c’est une chance, un horizon nouveau qui s’ouvre à nous, en même temps que le rugby revient. C’est la promesse d’un lendemain et d’une jeunesse nouvelle. Celle qui porte la vie d’un journal.

Dans la presse comme ailleurs, le confinement a juste accéléré les tendances. Pour autant, le « Jaune » ne sacrifiera rien à son lectorat et à son format. C’est notre engagement, celui du journal et de sa rédaction plus fière que jamais de vous compter à ses côtés. Et de vous retrouver, enfin, aux bords des terrains. Pour toujours, du rugby et des Hommes.

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