Vienne, le cas d’école

  • Les consignes de sécurité du CS Vienne
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Après le test positif d’un de ses joueurs de l’équipe première le 11 août, le CS Vienne annonçait, après un dépistage massif, que 19 de ses licenciés avaient contracté le coronavirus. Depuis, le club tente tant bien que mal de reprendre vie, non sans difficulté...

Voilà déjà quatre semaines que le mauvais rêve a commencé. Un cauchemar dont Yan Arnaud, directeur général du CS Vienne (Fédérale 1) rappelle la chronologie avec une précision d’horloger.

"Le lundi 10 août, nous avons eu un entraînement collectif. Mardi 11 août, un joueur nous a avertis qu’il ressentait des symptômes, à qui nous avons demandé de se faire tester dans la journée et de ne pas prendre part à l’entraînement du soir. Le mercredi 12, les résultats sont tombés : le test était positif à la covid 19. Dès cet instant, nous avons suspendu tous les entraînements et dans la matinée, nous avons demandé à tous nos joueurs, au staff et aux cas contact de l’équipe première de se faire tester, soit une cinquantaine de personnes." Le résultat fut sans appel… "Vendredi 14, nous avions 16 cas positifs. Nous avons retesté les joueurs à J + 7, le lundi 17, et cette fois nous avions 19 cas. Puis sur le conseil de la FFR, nous avons fait retester tout le monde à J + 14, en centralisant tous les examens dans un même laboratoire. Sur les 19 positifs, nous n’en avions plus que 16. Mais parmi les négatifs, nous avions cinq nouveaux cas… Alors, on a refait tester tout le monde cette semaine, mais vendredi nous n’avions toujours pas les résultats."

60 % de présence à l’école de rugby

Résultat ? Depuis pratiquement un mois, le CS Vienne n’a pas pu s’entraîner collectivement, ni évidemment jouer aucun de ses trois matchs amicaux, annulant au passage son stage de cohésion le week-end du 29-30. Le début de soucis en cascade. "Même nos espoirs, qui s’entraînent à part du groupe premier et ne sont pas infectés, ont vu leur match amical contre Rumilly annulé par crainte de la contagion de la part de nos adversaires, souffle Yan Arnaud. Et du côté de l’école de rugby, on le ressent aussi. Nos jeunes ont repris la semaine dernière, on fait attention, on demande aux parents d’être responsables comme à l’école… Mais on voit bien que certains sont réticents. Sur la filière haute, les U18 et les U16, on doit être à 80 % de présence. Mais chez les plus jeunes, c’est beaucoup plus compliqué, on doit tourner en moyenne à 60 %." Des ennuis en cascade que le CSV partage au quotidien avec la FFR, bien consciente que l’équipe de Fédérale 1 ne saurait attaquer le championnat comme si de rien n’était. "La reprise officielle du championnat est prévue le 12 septembre, nous sommes heureusement exempts de cette journée. On espère qu’à cette date tout sera rentré dans l’ordre, et qu’on pourra caler un match amical contre un autre club exempt. On est également en pourparlers avec la FFR pour que notre premier match de championnat contre Issoire, lors de la 2e journée, soit décalé pour ne pas mettre en danger nos joueurs."

"On a joué la transparence et on passe pour le mauvais élève"

Une lueur d’espoir après un mois de tâtonnements en tous genres, face auxquels Yan Arnaud se veut fataliste. "Nous avons suivi à la lettre les protocoles qu’on nous a donnés, on s’est adapté en fonction de leur évolution… Je ne sais pas si on peut dire que nous sommes bêtes et disciplinés, mais au moins nous sommes disciplinés. Nous avons voulu jouer la transparence totale et nous passons pour le mauvais élève, parce que nous avons eu des cas… Au contraire, nous sommes plutôt un cas d’école. Et on est persuadé que beaucoup d’autres clubs auraient facilement pu être dans le même cas de figure que nous." Il semble en effet assez évident que si le "patient 0" du CSV s’était avéré lui aussi asymptomatique, le cluster viennois n’aurait peut-être jamais été révélé, comme c’est d’ailleurs probablement le cas dans une immense majorité des clubs amateurs, ainsi que le déplore Arnaud. "On se heurte à des choses paradoxales, comme respecter les distanciations sociales, se changer à tour de rôle dans les vestiaires, et après cela se plaquer et faire des mêlées sur le terrain ou s’entasser à 60 dans un bus pour effectuer les déplacements. En plus, il y a d’un côté les recommandations de l’ARS, de l’autre les protocoles de la Fédé, puis les mairies qui s’en mêlent… On ressent une grande cacophonie." Que le dernier protocole fédéral compte bien lever…

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