Juan Imhoff, l’instinct du chasseur d’essais

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Depuis son arrivée en 2011, Juan Imhoff a inscrit 87 essais pour le club des Hauts-de-Seine. Pour nous, il décrypte son art de la chasse...

Son tout premier essai au Racing, Juan Imhoff ne l’oubliera jamais : "C’était un match de coupe d’Europe, contre Cardiff à Colombe. À l’époque (novembre 2011, N.D.L.R.), personne ne me connaissait encore et ce soir-là, une connexion s’est faite au premier regard avec Juan Hernandez, qui venait de m’accueillir dans son appartement. L’essai ? Il y a un dégagement des Blues et El Mago récupère la balle, puis relance. Il part dans le côté fermé, passe les bras et m’offre un off-load magnifique. Je fais un crochet extérieur, deux défenseurs gallois se rentrent dedans ; j’accélère, je mets un raffût à l’ailier et je marque. Pierre Berbizier m’avait même applaudi. C’est un superbe souvenir."

Suivirent, pour Juan Imhoff quatre-vingt six autres essais, parfois superbes et parfois, comme à Lyon le week-end dernier, beaucoup moins raffinés. L’adrénaline, elle, reste toutefois la même : "J’ai beaucoup parlé de tout ça avec Laurent Labit (l’ancien entraîneur des trois-quarts franciliens, N.D.L.R.). Il trouvait des similitudes entre mon comportement et celui des grands attaquants du football, qui cherchent sans arrêt à marquer des buts. Pour beaucoup de monde, l’agressivité n’existe que dans les impacts ou le plaquage… Laurent Labit, lui, me parlait de l’agressivité du marqueur, de l’instinct du finisseur : près des lignes, tu dois te transformer ; en approchant de l’en-but, tu deviens un autre homme, un homme qui cherche à frapper." Il marque une pause, enchaîne : "En fait, je cherche ça depuis que je suis gosse. Quand je marque un essai, je pense aussitôt au suivant. Je me souviens qu’un jour à Castres, les avants avait déroulé un maul magnifique : je m’étais greffé au truc et c’est moi qui avais aplatit". À présent hilare, il poursuit : "C’est moche mais ça compte !"

 

Imhoff : "Je suis Vakatawa et Russell, les créateurs"

Sur le terrain, chaque mouvement de Juan Imhoff vise, in fine, à pénétrer l’en-but adverse. Il poursuit : "De manière générale, j’essaie de suivre les mecs qui sont en confiance, Finn Russell ou Virimi Vakatawa par exemple. Le vrai job du chasseur d’essais, c’est de marquer les créateurs où qu’ils se déplacent. Au Racing, je sais ce qu’ils vont faire et j’essaie d’anticiper le coup." Et la célébration, alors ? "Au début, je célébrais. Une fois, j’ai même imité le sprinter jamaïcain Usain Bolt. Pour être honnête, tout ça est assez mal vu au rugby. Moi, je considère qu’on fait partie d’un spectacle et que les gens apprécient ce genre de geste…" Teddy Thomas likes it.

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