Sur un fil

  • France head coach Fabien Galthie arrives for the Guinness Six Nations match at BT Murrayfield Stadium, Edinburgh. 

Photo by Icon Sport - Fabien GALTHIE - Hampden Park - Glasgow (Ecosse)
    France head coach Fabien Galthie arrives for the Guinness Six Nations match at BT Murrayfield Stadium, Edinburgh. Photo by Icon Sport - Fabien GALTHIE - Hampden Park - Glasgow (Ecosse) PA Images / Icon Sport - PA Images / Icon Sport
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L'édito de Léo Faure... Fabien Galthié le verbalise une fois, clairement, en fin d’exercice. "J’ai bien pesé mes mots dans ce que je vous ai dit." La vérité, c’est qu’il a mesuré le poids de chaque particule et chaque lettre, dans l’entretien qu’il nous accorde ici. Précautionneux sur la forme, précis sur la sémantique, le sélectionneur ferme autant que possible la porte aux interprétations qui ne manqueront pas de venir.

Quand il disserte sur le cas Mohamed Haouas, quand il évoque ses relations aux clubs, la brume sur les test-matchs d’automne ou son futur inscrit en filigrane d’une élection à la présidence de la FFR, Galthié marche sur le fil d’une communication inconfortable. Il discourt dans un étau, pris entre l’obligation d’éclairer, d’apporter des réponses, et celle de préserver la susceptibilité de ses interlocuteurs, multiples et aux intérêts divers, même divergents.

Son rôle exige cette dextérité verbale. Le contexte encore plus. Les fronts sont nombreux, en feu, dans un rugby français aux tensions diplomatiques exacerbées par la crise de la Covid et les élections à venir, en plus des habituels tiraillements entre Ligue et Fédé, entre clubs et XV de France.

Sur la gestion du cas Haouas, en conflit avec son club, Galthié fait donc entière confiance au staff montpelliérain. Sans dire réellement ce qu’il pense et ce qu’il en fera, à son sommet de la pyramide, par crainte d’empiéter sur un terrain où il serait vite rabroué pour ingérence.

Sur son rapport aux clubs, il répond aux attaques par la positive. Il remercie chaleureusement les uns, il compatit avec les autres et jure entendre chacune de leurs contraintes. Réprimant soigneusement toute aspiration à la polémique.

Sur novembre ? Pas mieux. Il plie, se contorsionne, s’adapte aux impératifs de l’incertitude. Son groupe d’entraînement sera de 42 joueurs, sans en connaître encore la construction exacte. Ses adversaires seront au nombre de six, à moins que le bras de fer juridique engagé ne le limite à cinq. Il utilisera "ses" joueurs à sa guise, ou pas. Il les aura pour la première fois à l’entraînement le 12 octobre. Ou le 19.

Les inconnues ne manquent pas et les conditions de préparation, bien sûr, sont loin d’être idéales. Dans son projet "XV de France", le rugby français avance à pas de fourmi.

Perplexe devant cette photographie du moment, on pourrait promettre à Galthié des lendemains meilleurs, où sa marge de manœuvre serait accrue pour communiquer plus à son aise. On aimerait lui dire qu’il pourra, bientôt, travailler avec les clubs sans la crainte d’en vexer un, d’en braquer un autre.

On voudrait croire en Jo Maso qui, cette semaine au micro du débat Midi Olympique organisé lors des "Rencontres en Séronais" chères à Henri Nayrou, promettait que tous les acteurs du rugby français finiraient par s’asseoir autour d’une table dans l’apaisement, pour enfin grandir et coopérer. "Avec le si bel enjeu de 2023 qui pointe, je ne peux pas croire que cela ne se fasse pas." Le vœu du beau Jo est pieu mais la réalité est ici : à ce stade de défiances, promises pour durer, nous n’avons aucune certitude d’accalmie, aucun signe d’accroisement. C’est un euphémisme. Galthié devra jongler avec.

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