Les cadeaux d’Agen

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    Les cadeaux d’Agen Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Bien qu’irréprochables dans l’engagement, les Agenais se sont sabordés par leur indiscipline et leurs pertes de balles... rageant.

Les Agenais sont des gens généreux, c’est vrai. On l’a vu encore vendredi soir. À voir les Suavistes se démener comme des diables jusqu’à la dernière seconde pour décrocher un hypothétique point de bonus qu’ils ont pourtant tenu en cours de match, on se dit qu’ils ont fait preuve d’un état d’esprit irréprochable, et ce jusqu’au bout. Il fallait voir le deuxième ligne anglais Pierce Phillips refuser de quitter le terrain malgré un genou douloureux. Il fallait voir dans quel état physique le capitaine Romain Briatte ou son partenaire de la troisième ligne Vincent Farré ont terminé la rencontre, littéralement "mâchés" d’avoir plaqué à tout va. Il fallait voir Raphaël Lagarde tenir la baraque grâce à son impeccable jeu au pied, et voir ses coéquipiers maintenir leur effort malgré les pénalités, les infériorités numériques, les ballons rendus…

C’est là que l’on en vient au côté sombre de la générosité agenaise : si les coéquipiers de Romain Briatte ne comptent pas leurs efforts, ils ne comptent pas non plus leurs offrandes à leurs adversaires. Cela avait déjà été le cas à Armandie face à Castres (défaite 22-26), et ce fut encore le cas au Hameau : "Nous avons encore beaucoup de frustration ce soir, pestait Lagarde. "On prend des points trop facilement, on fait trop de fautes. On manque de maîtrise et on commet trop de fautes faciles. " Pourtant, on a le sentiment que le SUA a progressé par rapport à la semaine dernière, comme l’expliquait le trois-quarts Loris Tolot, auteur du seul essai agenais : "Nous avons eu davantage d’automatismes et avons monté d’un cran dans le rythme et l’intensité." Et Lagarde de vanter la ténacité de ses coéquipiers : "On peut se tromper, on peut lâcher un ballon, mais l’essentiel c’est de ne rien lâcher, jusqu’au bout. L’image que je vais retenir, c’est qu’on était tous debout sur le banc quand Jean-Marcellin (Buttin, N.D.L.R.) a lancé sa dernière contre-attaque."

Agen en manque de perce-muraille

Comment expliquer toutes ces fautes, tous ces ballons relâchés ? La préparation tronquée des Agenais entre forcément en jeu : "Il nous manque quelques matchs, oui, cela a forcément joué", regrettait Lagarde. Mais surtout, on a le sentiment que cette équipe suaviste manque, en l’absence de son numéro huit Laurence Pearce, cruellement de franchisseur, ou de joueur capable de peser sur la ligne d’avantage. Dylan Hayes a pourtant fait tout son possible, ainsi que Paul Jordaan a son entrée en jeu. Mais pour trouver ou forcer les intervalles, il faut déjà tenir le ballon. Et pour cela, les Agenais vont devoir cesser de les rendre à tout va.

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