Gunther : « Je n’ai pas besoin d’être un bodybuilder pour jouer au rugby »

  • PIERRICK GUNTHER.
    PIERRICK GUNTHER. Icon Sport / Icon Sport
Publié le / Mis à jour le

Pierrick Gunther a été touché pas l'acclamation qu'il a reçue à sa sortie, vendredi soir à Agen. Le flanker se confie sur sa renaissance, qui s'explique en partie par une métamorphose physique.

Avez-vous une idée du nombre de plaquages que vous avez réalisé face à Agen ?

Je n’en sais rien ! On n’a pas les chiffres directement en rentrant aux vestiaires mais je dirais une bonne vingtaine car j’ai les épaules qui brûlent !

Comment avez-vous vécu vos retrouvailles avec le Hameau ?

Très bien, et surtout par rapport à ce qu’il s’est passé à la fin, quand je sors… Ça m’a fait énormément plaisir.

Vous avez été acclamé comme rarement…

Comme Colin (Slade, N.D.L.R.) l’an dernier quoi ! Cela m’a vraiment touché. Mais vraiment. Je ne sais pas si cela vient du fait que j’ai trente ans ou que je suis jeune papa, mais en ce moment je suis vraiment sensible ! L’autre jour, je me suis mis à pleurer juste en voyant ma fille après un match amical ! (rires) J’ai été impressionné par cette ovation, je ne m’y attendais vraiment pas. J’ai eu la larme à l’œil.

Nicolas Godignon a dit que le confinement vous avait fait du bien car il vous a permis de souffler physiquement…

C’est vrai que je n’ai rien fait du tout pendant un mois et demi. Je n’ai pas de matériel de musculation à la maison mais je n’ai même pas couru non plus. C’est la première fois que cela arrivait. Ma fille venait de naître donc l’entraînement n’était plus ma priorité. Avec ma compagne, on était à fond, concentrés sur le bébé. Quand je suis revenu du confinement, tout le monde s’est foutu de ma gueule…

Pourquoi ?

Parce que je suis retombé en dessous de 100 kg, alors que la saison précédente j’étais à 115 ! J’ai vraiment fondu musculairement mais, bizarrement, je me sentais super bien. Avec le recul, je pense que ma masse musculaire me handicapait. Aujourd’hui je suis à 104, 105 kg. Je n’ai pas pesé ce poids depuis que j’ai 16 ans.

Et sur le terrain ?

Cela change tout. Je me déplace tellement mieux… J’avais peur de subir sur les impacts, mais en réalité pas du tout. J’en suis resté bête. J’arrive à repousser mes adversaires sur les plaquages… Je me dis que finalement c’est peut-être mon vrai poids de forme. Le seul problème, c’est que j’ai dû attendre mes 30 ans pour l’apprendre…

Cette obsession de la masse musculaire et de la musculation vous rassurait-elle par le passé ?

C’est un peu dans ma culture. Je viens de Toulon, et là-bas on est très là-dessus : faut être solide, balèze, gaillard... J’ai eu ce schéma-là. Cela m’a servi pendant mes deux premières années car cela m’a permis de me faire remarquer et de jouer des matchs importants, mais je pense que cela m’a handicapé : j’ai eu des tas de blessures, de tendinites... Je réalise aujourd’hui que je n’ai pas besoin d’être un bodybuilder pour jouer au rugby.

Est-ce la première fois que l’on vous remet le béret d’homme du match ?

Oui, c’était la première fois. Je ne le convoitais pas. Je voulais juste que mon corps me laisse tranquille pour que je puisse enfin enchaîner des rencontres. Ce béret et cette acclamation m’ont touché. Mais ce qui compte le plus à mes yeux c’est d’enchaîner deux matchs de suite. Ça faisait un petit moment que je me disais « merde, je ne suis pas kiné à la fin, je suis rugbyman pro ! » J’aime mes kinés il n’y a pas de souci, mais ma place n’est pas à l’infirmerie.

Qu’est-ce qui a changé dans vos entraînements ?

C’est drôle à dire mais on s’amuse beaucoup à chaque début de séance. On fait des jeux, on se chambre, on se marre mais d’un coup, on arrive à basculer pour redevenir très sérieux et concentrés.

Et qu’est-ce qui a changé dans l’organisation défensive paloise ?

On veut avancer sur tous les impacts. Le mot-clé, c’est avancer. Sur les courses, sur les plaquages. On veut transpercer les adversaires, dominer les plaquages. On veut que ce soit une force. Et puis le groupe se connaît, se fait confiance. Et ça change tout. Quand on connaît bien ses partenaires, on peut monter plus fort et faire de meilleurs plaquages. Nous n’avons pas eu de gros recrutements, mais ça fait un moment qu’on joue et qu’on s’entraîne ensemble. J’ai le sentiment que cette saison, le groupe est plus soudé que jamais.

Voir les commentaires
Sur le même sujet
Réagir