Kerman Aurrekoetxea, l’enfant de Getxo

  • Avec un père et une mère rugbymen, Kerman Aurrekoetxea a été bercé dans la culture rugby depuis tout petit. Photo P. O.
    Avec un père et une mère rugbymen, Kerman Aurrekoetxea a été bercé dans la culture rugby depuis tout petit. Photo P. O.
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À 20 ans, le demi de mêlée espère bousculer la hiérarchie au poste. Fort d’un parcours déjà riche, l’international espagnol veut faire valoir ses qualités.

Dimanche dernier, le Pro D2 a découvert un jeune comme il en sort des dizaines chaque année. Les supporters du BO ont également fait la connaissance d’un petit nouveau, du nom de Kerman Aurrekoetxea. Ce dernier a connu, sur la pelouse de Sapiac, une première titularisation et un premier essai dans le monde pro. "Ce fut un véritable cadeau, un énorme privilège de porter le numéro 9, savoure-t-il. Vous vous rendez compte : j’ai débuté une rencontre avec un international australien (Speight, N.D.L.R.), anglais (Armitage), fidjien (Dyer), des champions du monde juniors…" Et il y avait donc, parmi eux, ce gamin de Getxo - une ville de 80 000 habitants proche de Bilbao - à la carrière déjà riche et à la trajectoire pour le moins originale.

Ses parents ont été internationaux

Fils d’un père, Unai, demi d’ouverture et d’une mère, Karitte, troisième ligne centre, tous deux internationaux espagnols, il commence naturellement le rugby à Getxo à 6 ans. Au moment de souffler sa quatorzième bougie, sur conseil de sa famille, il quitte son pays pour s’exiler, un an, en Nouvelle-Zélande, à Waikato. "Mes parents voulaient que j’apprenne l’anglais. Mon papa a entraîné à Getxo avec une personne qui coachait l’académie d’Auckland. Grâce à lui, on m’a trouvé une famille d’accueil là-bas. Ce fut une expérience incroyable, raconte aujourd’hui ce fan d’Antoine Dupont et Faf De Klerk. Avec Cambridge High School, nous étions arrivés en finale du championnat de l’Île nord mais nous avions malheureusement perdu." Après cet exil d’un an au pays des kiwis, le numéro 9 retrouve sa ville, part ensuite pour une saison au Stade montois, juste avant sa majorité, puis fait le choix de rejoindre El Salvador pour sa première année chez les pros, en 2018. Mathieu Rourre, alors directeur du centre de formation du BO, le repère pendant le championnat d’Europe et le convainc de traverser la frontière, pour tenter l’aventure. "Jouer au rugby ici est une très bonne opportunité pour tous les jeunes espagnols, assure celui qui compte déjà 2 capes avec le XV del León. L’apport technique est impressionnant et j’ai aussi appris le français." Une langue de plus à son CV bien garni.

Comme à la maison

En effet, dans le jargon, Kerman est aussi un Euskaldun. Entendez par là, une personne qui parle l’euskara couramment, la langue basque. Il est le seul de l’équipe professionnelle. "Ximun Lucu a quelques notions. Gorbei Allende, qui évolue avec les espoirs, est aussi bilingue ", complète celui qui aime coller au ballon et dynamiser le jeu. En Iparralde (nom qu’on donne au Pays basque français) depuis deux ans, le demi de mêlée se sent presque comme à la maison. "La culture est bien ancrée ici, même s’il n’y a pas beaucoup d’Euskaldun dans l’équipe et que les gens ne parlent pas trop la langue dans la rue. Mais bon, on voit l’ikurriña (drapeau), les gens chantent en euskera, il y a les traditions qui se conservent. Ça me plaît ! Je suis vraiment content de pouvoir jouer à haut niveau tout en me sentant comme à la maison. Cette sensation est vraiment incroyable", explique-t-il. Un bien-être qui l’aide à s’épanouir dans sa seconde maison et à gravir les marches. Jeune du coin, Aurrekoetxea est une nouvelle preuve que le Pays basque espagnol regorge de petites pépites et qu’il n’est pas nécessaire de chercher bien loin les joueurs de demain…

Pablo ORDAS
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