Parlons rugby

  • Bastien POURAILLY et Wesley FOFANA (ASMCA).
    Bastien POURAILLY et Wesley FOFANA (ASMCA). Icon Sport
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L'édito de Léo Faure... Promis, on détournera vite le propos, le temps de ces lignes, de la triste actualité qui pare le rugby français. Vous savez, cette musique du moment : la Ligue attaque la FFR, qui avait attaqué la Ligue, qui avait attaqué World Rugby. Et ainsi de suite. Un vent de ras-le-bol se lève, cerné au milieu de ce jeu diplomatique où tout le monde clame son bon droit, sans prendre le saint temps d’une concertation franche.

Les élections à la FFR s’avancent, bientôt celles à la LNR. Ce capharnaüm occupe l’espace et exacerbe les antagonismes des personnes. Entre nos différentes institutions, on a longtemps rapporté des tensions, des brouilles, des fâcheries. Elles finissaient toujours par se régler, autour d’une table. Ce n’est plus l’air du temps. Changement de sémantique, bienvenue dans le royaume du judiciaire : on parle désormais de procédure en référé, d’audience de conciliation, de conseil d’État et de plainte devant la commission européenne. Que tout cela est austère. Et que le sport paraît loin…

C’est désolant, tant et si bien qu’on va désormais parler de rugby. Celui du terrain et qui nous avait tant manqué, pendant six mois. Celui qui est encore le plus important. Ignorant les querelles de dirigeants, huit matchs se joueront ce week-end. Et quels matchs ! Des quarts de finale, rien que ça, et à l’échelle continentale. On verra sur la pelouse ce que le rugby européen compte de plus chatoyant : au sommet, un invincible Leinster qui retrouvera sur sa route les Saracens, trois fois couronnés en quatre ans et dernière équipe à l’avoir fait tomber. C’était en finale de la dernière édition de la Champions Cup, il y a seize mois. Appréciez ici le standing des retrouvailles.

En France, les trois plus beaux fleurons du moment seront sur la ligne de départ, avec des états de forme certes disparates. Cela va de pair avec les niveaux de confiance. À Toulouse et au Racing, on se languit de ce quart de finale préparé dans la meilleure des dynamiques, avec des effectifs au complet et déjà pleinement compétitifs. À Clermont, le doute est nettement plus introduit par trois mi-temps ratées sur quatre jouées, jusqu’ici. Cela ne pousse pas au réconfort.

Condamnés, les Auvergnats ? Certainement pas. C’est tout l’attrait de ces quarts de finale d’automne, à la venue aussi brutale que la suspension des compétitions fut longue. Plus que jamais, on n’est vraiment sûr de rien. Les phases finales, c’est le règne de la feuille blanche où l’on se fout pas mal de savoir qui est le plus armé, le plus en forme ou le plus impressionnant de la phase de poule. Tout, désormais, s’écrira en quatre-vingts minutes sur un rectangle engazonné. Bien loin des tribunaux, donc. Alléluia.

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