L'Europe, l’obsession pas si secrète de Toulouse

  • Après une préparation centrée sur ce match, Thomas Ramos et les Toulousains sont prêts à affronter l’Ulster. Photos Midi Olympique - Patrick Derewiany
    Après une préparation centrée sur ce match, Thomas Ramos et les Toulousains sont prêts à affronter l’Ulster. Photos Midi Olympique - Patrick Derewiany
Publié le , mis à jour

Focalisés depuis des mois sur ce rendez-vous, les Stadistes rêvent de (re)conquérir l’Europe. En sont-ils déjà capables ? A eux de le dire...

C’est souvent dans l’évolution du langage que l’on mesure les ambitions, assumées ou non. Voilà deux ans, pour leur retour sur la grande scène européenne après un exercice d’absence, les Toulousains juraient qu’ils revenaient sans pression, juste pour le plaisir et pour voir jusqu’où ils étaient capables de le prolonger. Il fallait les croire et cela ne les avait pas empêchés de s’inviter dans le dernier carré au terme d’une campagne exceptionnelle. Deux mois après s’être inclinés au Leinster en demi-finale, les Stadistes soulevaient le vingtième Brennus de leur histoire et marquaient définitivement leur magnifique renaissance. Depuis, au fil du temps et des discours, les mots ont peu à peu changé. Forts de ce Bouclier, les hommes d’Ugo Mola se sont offert une folie en guise d’objectif : (re) conquérir l’Europe. Il faut dire que cette compétition est classée à part en Ville rose et pour ce club qui l’a remportée à quatre reprises. Alors, évidemment, les six succès en autant de rendez-vous lors de la dernière phase de poule, puis l’optique de recevoir en quart de finale, ont fini d’aiguiser les appétits.

Depuis quelques mois et l’annonce par l’EPCR que l’édition 2019-2020 irait à son terme, les Rouge et Noir ne se cachent plus : ils visent le titre. Sont-ils déjà à la hauteur d’un tel dessein ? Cette équipe, aussi audacieuse que séduisante, est en pleine progression, comme la majorité de ses jeunes joueurs, et, si elle n’est sûrement pas encore arrivée à maturité, elle a les arguments pour rejoindre la cour des très grands. "Après le Brennus, on s’est un peu plus centrés sur la Coupe d’Europe qui est devenue un objectif", ne cachait pas François Cros début juillet. "On la voulait l’an dernier et ça s’est vu, confirmait Sofiane Guitoune. L’envie est toujours là." Des échos à la tirade de l’immense Jerome Kaino dans ces colonnes en mai : "Je veux savoir jusqu’où nous sommes capables d’aller… C’est une ambition. Quand vous venez en Europe, ça l’est forcément. […] Remporter la Champions Cup avec Toulouse serait fantastique." Chacun comprendra aisément que ce n’est plus un secret !

Ramos : "Nous sommes prêts"

Kaino, double champion du monde avec les All Blacks, à qui il ne manque plus qu’une ligne pour boucler un CV hors du commun, alors qu’il dispute très certainement la dernière saison de sa carrière. Le Néo-Zélandais Charlie Faumuina et le Springbok Cheslin Kolbe, comme leur aîné, ont également soulevé le trophée Webb-Ellis et convoitent dorénavant celui aux grandes oreilles. Suffisant pour délivrer sur un plateau une motivation supplémentaire ? Peut-être qu’il n’y en a finalement pas besoin, mais cela rajoute à la saveur de ce qui pourrait attendre cette génération dorée si elle partait chasser sur les terres de ses illustres prédécesseuses. L’autre raison d’y croire ? C’est aussi que Toulouse a rarement eu autant le loisir d’aborder avec précision une phase finale. "Cette équipe a trois mois et demi pour préparer son quart", jurait le président Didier Lacroix début juin. "Il est déjà dans tous les esprits", renchérissait son manager du haut niveau Jérôme Cazalbou quelques semaines plus tard. Sur les plans physique ou stratégique, le staff a donc axé son travail sur cette échéance. Une manière de maintenir en éveil son groupe et de miser très tôt sur une forme d’émulation interne. "On sait depuis un moment que ce rendez-vous va arriver tôt, reconnaissait Thomas Ramos le week-end passé. On a bien étudié notre adversaire pendant le confinement, par petits groupes et par postes également, sans même encore être certain qu’on allait l’affronter. L’analyse a été réalisée en amont. Je pense que, même s’il y avait deux gros matchs de championnat avant cette rencontre, tout le monde avait déjà ce quart dans un coin de la tête. Nous sommes prêts à basculer et nous avons hâte d’y être." Et d’avouer : "Il va falloir imposer notre rythme et ne pas subir le leur."

Le credo toulousain. La raison pour laquelle, avec l’Ulster en ligne de mire, lui et ses partenaires sont parvenus à mettre autant d’intensité offensive lors des deux premières journées de Top 14. Le prix de la liberté, le droit de rêver. Et si leur jour de gloire était arrivé ?

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