Des bulles de jazz

  • Cheslin KOLBE of Stade Toulousain during the Quarter-Final Champions Cup match between Toulouse and Ulster at Stade Ernest Wallon on September 20, 2020 in Toulouse, France. (Photo by Pierre Costabadie/Icon Sport) - Stade Ernest-Wallon - Toulouse (France)
    Cheslin KOLBE of Stade Toulousain during the Quarter-Final Champions Cup match between Toulouse and Ulster at Stade Ernest Wallon on September 20, 2020 in Toulouse, France. (Photo by Pierre Costabadie/Icon Sport) - Stade Ernest-Wallon - Toulouse (France) Icon Sport - Icon Sport
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L'édito d'Emmanuel Massicard... Il y a des dimanches où nous aurions envie de pousser la chansonnette et, pour de bon, d’imiter Claude. Nougaro. Bref, d’entonner l’ode à la ville rose pour mieux célébrer son Toulouse. Manière indirecte de louer les mérites d’un Stade toulousain bluffant d’efficacité et de talents face à l’Ulster pour s’envoler en demi-finale de Champions Cup. Avec son matador de l’aile, Cheslin Kolbe. Lui, c’est une pépite formidable, digne des plus grands magiciens qu’a connus ce jeu ! Un jour hors-norme. Ô Toulouse !

Quel bonheur d’avoir la chance de déguster ce rugby pétillant comme des bulles de jazz. Quel pied de regarder les ténors réciter cette partition digne d’un vrai gros match de rugby alors que nous sommes encore au plus tôt dans la saison, quand les équipes sortent à peine du berceau.

Oui c’est un bonheur, même pour celui qui comme nous n’a personne à supporter. C’est surtout la plus belle des publicités pour notre sport, qui prend ses airs de magie quand les planètes s’alignent ainsi. Lorsqu’une équipe partage ce qu’elle a de plus beau. C’était Toulouse, ce dimanche. Et c’était le Racing 92 la veille, qui s’est qualifié face à Clermont en faisant valoir une autre culture constitutive de ce jeu : le sourd combat collectif et le défi entre hommes forts. Très forts. Chapeaux bas, Messieurs.

En deux rencontres aux styles diamétralement opposés c’est tout le rugby qui nous fut ainsi déclamé sur le plateau de la Coupe d’Europe. Ce n’est pas le moindre des paradoxes : la Champions Cup, compétition que l’on disait moribonde, n’a pas fini de nous surprendre. Et dire que certains voudraient lui régler son compte, au nom de la modernité et d’incertaines retombées financières. L’herbe est certes toujours plus verte ailleurs mais ce gratin européen nous permet quand même de flirter avec une forme d’excellence qui n’est pas toujours au rendez-vous lors des championnats domestiques, des marathons trop longs pour porter le sceau de l’orfèvrerie.

Dans l’attente les demi-finales qui nous offriront une nouvelle opposition de styles entre l’étouffant Racing-Saracens et le plus aérien Exeter-Toulouse, pour autant de duels franco-anglais (quatre avec Leicester-Toulon et Bristol-Bordeaux, en Challenge), ces performances du week-end ont l’allure de vraies bulles d’air posées sur le chemin de ce début de saison qui n’épargne personne.

Elles nous donnent du grain à moudre, des émotions et de l’espoir à partager. À tel point qu’au milieu des luttes de pouvoir qui agitent notre rugby français en coulisses, nous avons la certitude que ce jeu n’a rien perdu de son attractivité. Pour peu qu’on veuille bien lui accorder un tant soit peu d’attention, d’ambition et de réflexion. Messieurs, la suite !

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