Toulon, tout vient à point à qui sait défendre

  • Au terme d'un match difficile, les Toulonnais de Sergio Parisse et Charles Ollivon se sont qualifiés en demi-finale. La place en finale se disputera face à Leinster
    Au terme d'un match difficile, les Toulonnais de Sergio Parisse et Charles Ollivon se sont qualifiés en demi-finale. La place en finale se disputera face à Leinster Icon Sport
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Les Varois poursuivent leur sans-faute européen. Dans la douleur, ils se sont qualifiés pour les demi-finales et semblent plus que jamais proches de renouer avec leur histoire continentale. Désormais cap sur Leicester, pour un duel qui s’annonce électrique.

Parce qu’ils n’ont jamais été partisans du moindre effort, c’est un euphémisme que d’écrire que les Toulonnais ont dû batailler samedi face aux Scarlets. Contrariés dans le jeu au sol, bousculés en conquête et incapables de mettre du rythme dans le jeu au large en première période, les Varois rencontraient toutes les peines du monde pour faire face à une équipe galloise venue jouer crânement sa chance. Pas favoris car battus deux fois en poule par ce même RCT ? Qu’importe, les coéquipiers de Leigh Halfpenny voulaient saisir cette nouvelle balade en terres varoises pour se mettre à rêver d’Europe. 0 à 3, puis 0 à 6 au moment de rentrer aux vestiaires, les Scarlets n’avaient pas grand-chose à perdre sur la rade, et commençaient même à se dire que leur jour de gloire était arrivé.

Habités par leur plan de jeu

De quoi imaginer une soirée cauchemardesque pour des Varois ayant fait de ce premier rendez-vous européen de la saison (ou le dernier de l’exercice précédent, au choix) une priorité absolue ? Pire, tous les supporters présents - qui n’avaient pas entendu résonner Hells Bells d’AC/DC à l’entrée des joueurs (!) - commençaient à douter : comment le RCT, aussi patient et organisé en défense soit-il pourrait renverser cette vaillante équipe des Scarlets ? Toulon ne risquait-il pas de regretter ce deux contre un mal négocié par Daniel Ikpefan à dix mètres de l’en-but gallois au quart d’heure de jeu ? Et plus globalement : Toulon serait-il encore européen au coup de sifflet final ? Pourtant, s’il est bien 23 mecs qui ont cru coûte que coûte en leur destin continental, ce sont bien les joueurs toulonnais. Et alors que le ciel devenait plus menaçant encore que les Scarlets, les Toulonnais continuaient de respecter le plan de jeu à la lettre : taper fort dans les rucks, marquer l’adversaire physiquement et plaquer à tour de bras, convaincus que la chance finirait par tourner. Comme habités malgré le score, les Toulonnais faisaient don de leur corps, ne lâchaient pas un centimètre à l’ennemi gallois afin de continuer de rêver d’Europe. Et comme par magie, le scénario finissait par tourner en leur faveur.

"J’ai senti qu’on n’allait pas rompre"

"C’était compliqué mais j’ai aimé la manière et notre constance pendant quatre-vingts minutes à les marquer physiquement. Les Gallois avaient de plus en plus de mal à se relever et à la fin ils sortaient un par un, jubilait Patrice Collazo, heureux que ses joueurs aient trouvé les ressources pour faire basculer ce duel électrique. Je veux surtout retenir notre engagement et notre détermination : on a cru en nos convictions pendant 80 minutes."

Et parce qu’un match ne se gagne pas en une mi-temps, les Varois ont foncé vers leur destinée européenne, persuadés qu’ils sauraient faire vaciller les Scarlets. "Il y avait tout ce qu’on a envie de voir dans notre équipe. J’ai senti qu’on n’allait pas rompre." Plier mais ne jamais rompre, pour une équipe qui savait que son heure viendrait. Et huit mois après avoir quitté les phases de poule par la grande porte, Toulon poursuit son sans-faute européen. Bousculé mais toujours invaincu, c’est désormais Leicester qui se présentera au RCT. De quoi imaginer une rencontre encore plus intense ? Pas de quoi effrayer les Varois, confortés dans l’idée que tout vient à point à qui sait défendre.

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Pierrick ILIC-RUFFINATTI
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