Partenaires : sans surprise, ni réaction

  • IllustrationLes sponsors de la fédération française de rugby ne se sont pas émus du dossier judiciaire, malgré le retentissement médiatique.
    IllustrationLes sponsors de la fédération française de rugby ne se sont pas émus du dossier judiciaire, malgré le retentissement médiatique. Olivier Andrivon / Icon Sport - Olivier Andrivon / Icon Sport
Publié le

Les sponsors de la Fédération Française de Rugby ne se sont pas émus du dossier judiciaire, malgré le retentissement médiatique.

Depuis le début de semaine, le rugby français est sous le feu des projecteurs. Le retentissement médiatique du placement en garde à vue de Bernard Laporte (président de la FFR), Serge Simon (vice-président de la FFR), Claude Atcher (Directeur de la coupe du monde 2023), Mohed Altrad (président de Montpellier et partenaire de la FFR) et Nicolas Hourquet (responsable des relations internationales de la FFR) s’est révélé pharaonique. Habituellement, le rugby français n’a sa place dans les journaux télévisés nationaux qu’en période de Tournoi des 6 Nations, Coupe du monde ou autre tournée de novembre.

Et encore, ce n’est pas toujours le cas, notamment en raison des résultats calamiteux des dernières années. Sauf que. Un président de Fédération auditionné par la brigade financière, ça n’est pas anodin pour le commun des mortels et que le rugby s’est fait une place au 13 h 00 et au 20 h 00 des grandes chaînes françaises. Mais quid des partenaires de la FFR qui associent leur image à celle d’un sport sur lequel ils investissent beaucoup d’argent ? De prime abord, l’on est en droit de penser que cette affaire les a mis dans l’embarras. Seulement, à l’instant de s’exprimer officiellement, rares sont ceux qui souhaitent donner leur sentiment. Logique, forcément logique. L’un d’eux, par le biais de son responsable en charge d’assurer la relation directe avec les élus fédéraux, assure tout de même que « c’est désastreux pour l’image du rugby français. » Mais globalement, les partenaires majeurs (Orange, Société Générale, GMF et Le Coq Sportif) de la FFR n’ont apparemment pas été surpris de la mise en examen de l’état-major du rugby français. « On savait que ça sortirait. C’est dommage pour le timing », a confié un responsable partenariat d’une de ces marques.

Sur ces quatre dernières années, les relations entre les partenaires et l’équipe de Bernard Laporte n’ont pas toujours été roses. En 2018, les sponsors « majeurs » de l’époque (GMF, Société Générale, Orange et BMW) ont cosigné une lettre envoyée à la FFR mettant en garde la Fédération suite aux nombreuses affaires qui, selon eux ternissaient l’image du rugby, et donc par ricochet la capacité de ces sponsors à capitaliser sur les « valeurs » du rugby. Ils avaient critiqué également l’arrivée, « sans consultation préalable » d’Altrad en tant que sponsor maillot. La GMF (partenaire de la FFR depuis 1985) avait même dépêché un huissier de justice, accompagné de policiers, avant le match France - Italie, le 23 février 2018, afin de vérifier si la visibilité des publicités GMF, était en accord avec les contrats signés. Des négociations avaient été engagées et des compensations auraient été attribuées par la FFR. Un exemple ? Le sponsoring maillot du rugby à 7 pour la Société Générale ou encore les droits sur le rugby amateur pour Orange. De son côté, la GMF aurait été dédommagée financièrement.

Et pourtant… Dans cette période pas franchement propice pour décrocher des contrats de partenariats, la FFR a réussi le tour de force d’officialiser lundi dernier l’arrivée de Renault au titre de partenaire officiel pour quatre ans. Un timing d’annonce surprenant pour un contrat signé durant le dernier Tournoi des 6 Nations. Un joli coup de la FFR ? La réponse se doit d’être nuancée. Et pour cause. Renault ne devient pas partenaire majeur au même titre que la GMF ou encore Orange, simplement partenaire officiel. Dans la sémantique, la frontière est mince. Sur le plan économique, elle est substantielle. La marque au losange a signé un partenariat de rang 2, pour un montant qui serait proche de 1,5 million d’euros par an quand BMW en versait 4,5. Reste qu’elle s’est tout de même engagée à associer son image à celle d’un rugby français qui fait beaucoup parler de lui ces derniers temps pour des affaires extra-sportives.

Cet article est réservé aux abonnés
Abonnez-vous pour en profiter
à partir de 0,99€/mois, sans engagement
  • Tous les articles en illimité sur le site et l'application
  • Le journal en version numérique dès 20h30 la veille
  • Les newsletters exclusives
Voir les commentaires
Sur le même sujet
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?