Pour l'avocat de Laporte, une garde en vue qui pose question

  • Jean-Pierre Versini-Campinchi
    Jean-Pierre Versini-Campinchi - Jean-Christophe MARMARA
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Libre depuis mercredi soir, le président de la FFR Bernard Laporte a repris le fil de sa campagne électorale hier, en banlieue de Montpellier. Le triste épisode de la garde à vue, lui, ne semble pourtant pas encore enterré...

C'est mercredi soir, après trente-six heures de garde à vue, que Bernard Laporte, Mohed Altrad, Serge Simon, Claude Atcher et Nicolas Hourquet ont quitté les enquêteurs de la Brigade Financière de Paris. Aujourd'hui, alors que les suites données à ces interrogatoires restent encore inconnues (tribunal correctionnel ou dossier classé sans suite?), l'avocat de Bernard Laporte, Jean-Pierre Versini-Campinchi, a tenu à revenir sur les conditions dans lesquelles ont été réalisées des gardes à vue qui, selon lui, ne se justifiaient pas forcément : "La garde à vue avec ses heures d’interrogatoire qui tiennent au fait que les policiers qui interrogent doivent taper ensuite eux-mêmes sur leurs ordinateurs est évidemment un exercice pénible, même pour les avocats qui y sont habitués. "L’hôtellerie", sans doute pour des raisons budgétaires, demeure quant à elle de la dernière catégorie, à Paris dans un bâtiment neuf comme en province."

Personne n'avait envisagé de rejoindre l'Antarctique !

Il marque une pause, poursuit : "Se pose aussi la question de la justification légale de la mesure de garde à vue, dans ce dossier. A ce propos, le Code mentionne en effet qu’il s’agit d’une mesure de contrainte qui doit constituer "l’unique moyen" de parvenir aux objectifs suivants : d'abord, permettre des investigations impliquant la participation des personnes : or, aucun de ceux qui ont été entendus n’avait envisagé de partir précipitamment pour l’Arctique ou l’Antarctique, que je sache ! Ensuite, empêcher des concertations entre les personnes entendues : or, celles-ci avaient été informées depuis avril dernier qu’elles allaient être entendues le même jour et aux mêmes heures, elles auraient donc eu cinq mois pour se concerter." Chez nos confrères de L'Equipe, l'avocat de Mohed Altrad, Antoine Vey, avait quant à lui considéré la garde à vue de son client comme une expérience "à la limite de l'humanité".

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