À Nevers, le festin suit la purge

  • À l’image de ses coéquipiers, Nasoni Naqiri n’a pas eu l’occasion de montrer ses velléités offensives. Photo Fabien Belloli
    À l’image de ses coéquipiers, Nasoni Naqiri n’a pas eu l’occasion de montrer ses velléités offensives. Photo Fabien Belloli Fabien Belloli - Fabien Belloli
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Apathiques pendant une heure face à des Charentais pragmatiques, les Neversois renversent le score et la table pour rafler leur deuxième victoire bonifiée à la maison.

Quand, à la 62e minute, le demi d’ouverture Benjamin Noble a passé sa quatrième pénalité de la soirée et donné six points d’avance aux siens (12-6), le public du Pré-Fleuri a frissonné. Et pas uniquement à cause de la méchante bise officialisant l’arrivée de l’automne. Sans doute a-t-il entrevu le spectre de la défaite vécue treize mois plus tôt par ses favoris face aux Charentais. Xavier Péméja, le manager l’USON Nevers Rugby, a vu des "fantômes", ses joueurs, "là sans être là."

Désespérément brouillons, lents, poussés à la faute par le jeu réaliste et sans fioritures de leur adversaire intraitable sur sa ligne, les Neversois sont inexplicablement retombés dans le piège de l’entame sans âme, une sale habitude en ce début de saison. Une heure de purge rugbystique, durant laquelle le seul spectacle est venu d’un ciel passant par toutes les teintes rosées du crépuscule, avant un improbable dernier quart d’heure en feu d’artifice.

Héroïque, la défense du SA XV s’étire, plie puis craque sur un mouvement majestueux où avants et trois-quarts enchaînent passes et percussions dans un tempo parfait jusqu’à la conclusion apportée par l’explosif pilier sud-africain Nemo Roelofse : "Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu un essai aussi magnifique", apprécie Xavier Péméja. L’avantage ténu (13-12) prend du coffre deux minutes plus tard quand David Lolohea concrétise enfin une pénaltouche. Inconcevable une poignée de minutes plus tôt, le bonus offensif est même servi à un Pré-Fleuri chaviré à deux minutes de la fin, sur une filouterie de Fabrègue s’enfuyant au galop d’une mêlée dévastatrice.

Le happy end ne fait pas oublier aux acteurs neversois le scénario poussif d’un match qui aurait connu une issue plus incertaine sans le carton rouge infligé logiquement (plaquage dangereux) au talonneur angoumoisin Ole Avei à la 52e minute. "S’il n’y a pas ce carton, la fin de match n’a pas la même physionomie", reconnaît sans peine le capitaine Hugo Fabrègue. "Le match se termine bien pour nous mais on n’est pas passés loin de la correctionnelle."

Son homologue du SA XV, Paul Belzons, balance entre déception et fierté : "On s’attendait à un grand combat, on les a fait douter mais après le carton rouge, on a peiné, on s’est mis à accumuler les fautes, et sur la fin on a vu une belle équipe de Nevers. Mais on n’a rien lâché, on a prouvé qu’on avait du caractère. Il faut maintenant qu’on concrétise à la maison."

Après deux défaites en deux matchs dans son stade de Chanzy, le SA XV sait qu’il a brûlé ses jokers.

L’USON Nevers Rugby, elle, ne se repose pas sur son bilan mathématiquement parfait à domicile — deux victoires bonifiées : "Si on joue comme ça, on va perdre très rapidement chez nous", avertit Hugo Fabrègue, alors que se profile la venue de Perpignan, mi-octobre. "On ne peut pas continuer à faire des entames comme ça", confirme en écho Xavier Péméja. Le staff et les joueurs ont deux semaines devant eux pour régler cette panne de réveil avant un déplacement à Aurillac. Histoire d’éviter une rechute fatale dans le Cantal.

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Sébastien CHABARD
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