Rugby sous covid - Jeu avec masques

  • Enfants et éducateurs respectent les gestes barrières à l’approche des terrains d’entraînement.
    Enfants et éducateurs respectent les gestes barrières à l’approche des terrains d’entraînement. - Pablo Ordas
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Dans les écoles de rugby du Pays Basque, on s’adapte à l’interdiction d’accéder aux vestiaires.

Les cris et consignes des éducateurs sont toujours là. Les sourires aussi. Le rugby chez les petits, dans le monde d’après, ressemble comme deux gouttes d’eau à celui qui était pratiqué par des milliers de mômes avant la pandémie à quelques détails près... Le protocole pour lutter contre la propagation du virus est pourtant là et bien respecté aussi bien à Anglet qu’à Bayonne

Samedi, 9 h 45, sur la plaine de la Girouette à Anglet. Une pluie continue, typiquement basque, arrose depuis maintenant deux jours le Sud-Ouest de la France. Du côté du terrain d’entraînement de l’Anglet Olympique, les enfants arrivent au compte-gouttes, déjà en short crampons une petite sacoche avec leurs affaires personnelles à la main. Tous sont masqués le temps d’effectuer le trajet allant du parking au terrain. Pas de passage au vestiaire. C’est une obligation tant qu’ils ne sont pas "actifs" sur le pré. La contrainte est évidemment la même pour les éducateurs et bénévoles du club. Autour de la main courante, les quelques parents, ayant décidé de braver les averses, portent aussi le masque.

Les coachs gardent le masque

Sur le terrain du bas, où les minimes et benjamins commencent les exercices avec ballon, les masques sont rangés, la Covid est désormais loin des préoccupations, le temps d’un entraînement. Dix mètres plus haut, les plus petits découvrent ce sport. Ils ont entre quatre et six ans. Ceux qui les encadrent ont décidé, eux, de garder le masque pendant toute la séance. "Il y a des parents dans le tas qui sont un peu réticents à ce qu’on l’enlève, explique Olivier, qui coache les U6. Je peux les comprendre. Nous sommes plus au contact des gamins, vu qu’ils sont petits. Forcément, c’est un peu plus compliqué pour appeler les enfants et donner les consignes, mais bon, on fait avec." Les deux heures se passent finalement comme si de rien n’était.

À Anglet, une partie des joueurs peuvent accéder aux douches, une fois l’effort terminé. Après chaque entraînement, tout est désinfecté par les bénévoles du club. La commune a donné son feu vert. Le club a décidé d’ouvrir les huit vestiaires du complexe aux benjamins et minimes, pour que ces derniers ne soient pas tous agglutinés dans le même. En revanche, les plus jeunes sont priés de se doucher chez eux. "C’est sûr que c’est un petit problème, mais on prévoit un k-way pour après l’entraînement et on rentre vite à la maison pour se réchauffer", détaille Éric, papa d’Eneko, huit ans. "Quand il va vraiment commencer à faire froid, ça va être compliqué", ajoute un autre parent.

 Bayonne, interdit de se changer au sec

Trois kilomètres plus loin, du côté de Jean-Dauger, la donne est différente. La ville de Bayonne n’autorise pas l’ouverture des vestiaires. Tous les joueurs quittent donc l’entraînement en tenue de sport et masqués, une fois le terrain derrière eux. "On respecte les décisions municipales. On s’adapte. Les gamins ont 14 ans, ils se douchent à la maison. Le principal, c’est qu’ils s’amusent", tempère Pierre, pendant que Jules, son fils de 13 ans, est en pleine opposition avec ses camarades. Quelques instants plus tard, alors que la séance prend fin, Yannick, un des éducateurs des minimes, prend la parole. Il demande à ses protégés de ne plus se poser de questions. De porter le masque en permanence, comme une habitude. De se montrer responsables et de faire attention face à la propagation de la Covid 19. "On va attaquer la période pluvieuse, donc ça va être compliqué, se projette-t-il. De notre côté, nous avons la chance de jouer sur un synthétique, mais pour ceux qui vont s’entraîner sur de l’herbe, ça va être difficile. Je n’oublie pas que le rugby, surtout à cet âge-là, est fait pour la vie du vestiaire avec les chants entre eux. Ils y apprennent à se connaître. C’est ce qui va manquer à cette génération si cette interdiction dure un peu trop."

Pablo ORDAS
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