Bernard Laporte et Florian Grill : la bataille des programmes

  • Bernard Laporte et Florian Grill défendent leurs programme
    Bernard Laporte et Florian Grill défendent leurs programme Midi Olympique
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Dans la dernière ligne droite d’une campagne qui prendra fin ce mardi à minuit, les deux candidats à la présidence de la FFR ont accepté de livrer leurs derniers arguments sur des thématiques sélectionnés par nos soins. Désormais, c’est aux clubs de juger. Et de voter.

Les relations FFR - LNR

Laporte : « Un rapport de force favorable »

  • Le rugby professionnel doit remplir deux conditions. Participer à l’excellence du XV de France en lui fournissant les meilleurs joueurs possible et leur mise à disposition et surtout être véritablement solidaire du rugby amateur qui lui fournit ses talents de demain. Pour cela, la fédération peut compter sur un rapport de force favorable voulu par l’état. La FFR donne délégation ou pas à la LNR. C’est un fait ! Durant notre premier mandat, nous avons déjà inversé les flux financiers qui sont passés de moins 1 million d’euros à + 5 millions versés des clubs pros vers les clubs amateurs. C’est très bien, cela ne s’est pas fait sans heurt, et je remercie la Ligue de cet effort. Mais ce mouvement doit se poursuivre et amplifier.

Grill : « Le rugby français meurt des divisions »

  • Pour gagner il est indispensable d’apaiser les relations avec les clubs et la LNR. Il faut de l’intelligence collective, pas une guéguerre permanente. Sans cela, nous ne serons jamais champions du monde en 2023. Le rugby français meurt des divisions. Il y a la stratégie de la LNR d’un côté, celle de la FFR de l’autre. Il manque une stratégie du rugby français. Sur l’innovation, le médical ou la RIF, qu’il faudra adapter pour qu’elle bénéficie vraiment aux amateurs, nous devrons travailler ensemble. Il faut rassembler pour construire. Pas diviser ou opposer.

Le XV de France

Laporte : « Objectif : champions du monde » 

  • L’ambition de la FFR ne doit pas se limiter au XV de France, qui reste toutefois notre vitrine. Avec des réformes structurelles, nous avons donné les moyens aux équipes de France garçons et filles, mais aussi moins de 20 ans et VII de réussir. Maintenant nous pouvons leur commander une exigence politique à savoir être sacrée champion du monde dès 2021 pour les féminines, à qui on a offert des contrats fédéraux, en 2023 en France bien évidemment et je loue le travail mis en place par Fabien Galthié et son staff. Sans la suppression du pôle France, nous n’aurions jamais été doubles champions du monde de la spécialité. Les laisser à la disposition des clubs professionnels qui effectuent un excellent travail de formation était une obligation. Alors mettons-nous en capacité d’être champions du monde en 2023 ! Mais aussi de remporter l’or en 2024 chez les filles et les garçons aux Jeux olympiques.

Grill : « Galthié et son équipe ont fait du bon travail »

  • Nous comptons fonctionner en confiance avec tous les responsables des équipes de France. L’équipe de France est sacrée et doit rester au-dessus des considérations politiques mais Galthié et son équipe ont fait du bon travail. Ils doivent pouvoir poursuivre dans la confiance. Mon rôle, avec Jean-Marc Lhermet, sera de créer les conditions de la performance pour toutes les échéances dont 2021, 2023 et 2024. Par ailleurs nous voulons lancer des programmes de recherche et d’innovation autour de la performance en lien avec les grandes universités et les laboratoires de recherche, la LNR et les clubs. Innover est un enjeu clé pour notre fédération.

Le monde amateur

Laporte : « Un soutien de proximité »

  • Aller encore plus loin dans le soutien opérationnel, logistique et financier des clubs. Je voulais une fédération de proximité. Que les clubs puissent avoir une réponse à leurs questions dans les plus brefs délais. Qu’ils soient consultés pour les décisions stratégiques. Que l’on ne taxe plus mais que l’on redistribue. L’exemple de la création de la Nationale est symbolique. Nous étions dans l’impasse avec la LNR qui ne voulait pas de deux montées en Pro D2. J’ai personnellement appelé tous les clubs pour connaître leur point de vue sur la question de la Nationale qui était dans les cartons. Puis ils ont pu voter ou non à sa création. C’est comme cela que je vois la politique que doit mener la FFR. On doit aussi être réactif, comme avec le plan de relance de 35 millions, suite à la crise du Covid 19. La fédération doit simplifier la vie de nos dirigeants. Que cela soit 80 % du plaisir et 20 % d’emmerdes et pas l’inverse.

Grill : « La pierre angulaire de mon mandat » 

  • Le rugby amateur, c’est toute ma vie et ce sera la pierre angulaire de mon mandat. Nous voulons reconstruire le rugby par la base : relancer le nombre de licenciés, réduire les déplacements, communiquer pour rassurer les parents et dire que le rugby dans les EDR n’est pas le Top 14, donner des outils pour fidéliser les licenciés, arbitres et bénévoles, assurer les formations aux brevets fédéraux en ligne, développer la pratique féminine, le 5, le 7, le loisir, financer les clubs formateurs développeurs et citoyens avec 16 millions d’euros en plus des 35 millions du plan de relance, reconquérir les cours d’école, mobiliser les internationaux pour valoriser les bénévoles, recentrer les CTC sur un nombre réaliste de tâches à accomplir, rétablir les 32es de finales, retrouver la proximité perdue dans les grandes Ligues… Le rugby amateur, c’est beaucoup plus que des rencontres le week-end, c’est une école de vie, c’est un brassage de populations. C’est un village ou une ville qui vit et qui vibre. C’est une transmission de valeurs essentielles.

Le milieu scolaire

Laporte : « Une priorité des CTC »

  • On ne l’a pas assez souligné, mais la convention cadre que nous avons signée avec le ministre Jean-Michel Blanquer et l’Education Nationale il y a quelques mois est une véritable révolution. Nous avons la possibilité de faire rentrer le rugby dans les écoles. Et nous n’allons pas nous faire prier. C’est l’une des missions prioritaires des 162 Cadres Techniques de Clubs que la fédération vient de recruter. Ils doivent aller dans les écoles et collèges, proposer de l’activité rugby. C’est une des solutions qui nous permettra de regagner des licenciés. À ce titre, je tiens à signaler que durant mon premier mandat, nous avons atténué la baisse et qu’en novembre 2019 pour la première fois, ce nombre repartait à la hausse. Mon objectif de + 100 000 sera un des axes forts de mon second.

Grill : « Multiplier le budget par 10 »

  • Le rugby est né à l’école. C’est un formidable apprentissage de la vie et de la société. Mais aujourd’hui, il a pratiquement disparu des cours d’école et des STAPS. Et rien de concret n’est fait. La réalité d’une ambition se prouve dans les budgets, pas dans la communication. La gouvernance actuelle néglige le scolaire en n’y consacrant qu’à peine 0,5 % de son budget…. Notre ambition est de revenir dans les cours d’école du primaire (programme 1000 Ambassadeurs), mais aussi dans le secondaire, l’universitaire et dans les STAPS avec la multiplication par 10 du budget. Il ne s’agit pas seulement d’investir de l’argent. Il s’agit aussi d’un engagement que je porterai personnellement au plus haut niveau. Le rugby scolaire et universitaire sera un marqueur fort de mon mandat.

La première mesure

Laporte : « Les arbitres à la charge de la FFR »

  • C’est une réforme qui est actuellement en gestation mais qui va aboutir rapidement. Je ne veux plus que les clubs aient à défrayer les arbitres. Ils doivent être à la charge de la FFR au plus vite. Je m’y engage. Cela va permettre aux clubs de réaliser plusieurs milliers d’euros sur leur budget annuel. Dans la situation actuelle, c’est une de nos priorités. Et puis qu’u club paye l’arbitre au cul du camion ce n’est plus possible ! Il faut vivre avec son époque. Je parle des arbitres, mais la mesure doit aussi englober les délégués et les juges de touche pour certaines divisions. Ma philosophie est de redistribuer les richesses de la fédération, et pas de les laisser dormir dans un coffre. Nous avons les moyens de cette ambition sans mettre à mal les finances.

Grill : « Un kit booster EDR offert à tous les clubs »

  • La première mesure sera la relance des licenciés avec un « kit booster EDR » (un dispositif complet de communication tourné vers les enfants et conçu avec la BD les Rugbymen) offert à tous les clubs. Mais tout de suite, il faudra rétablir un climat d’apaisement et de concorde dans toute la famille du rugby français. Depuis trop longtemps, il est soumis à des tensions extrêmes. Notre image en pâtit, notre avenir en dépend. Pour gagner des compétitions, pour gagner des licenciés, pour gagner une nouvelle image, nous devons revenir à un climat serein et apaisé où le débat est possible et où les mains sont enfin à nouveau tendues.

Pourquoi moi

Laporte : « Fier du bilan de mon équipe »

  • Je l’ai déjà dit, je souhaite être jugé sur les faits. Ai-je tenu mes engagements ? Je suis fier du bilan de mon équipe. Nous avons mis en place ce que nous avions dit en 2016. On doit aller plus loin dans certains domaines mais samedi prochain, je veux savoir si nous avons bien travaillé. Est-ce que les clubs sont satisfaits ou pas de notre politique. Tout est sur la table et jusqu’à mardi soir à Toulouse, je présente fièrement ce que nous avons fait. J’ai mis en place l’outil démocratique de juger nos actions. Ce sera chose faite samedi prochain.

Grill : « C’est voter pour une vision du rugby »

  • Je dirais plutôt pourquoi voter pour nous ! Pour ma part je suis dans le rugby territorial et régional depuis 40 ans, dont 20 ans comme bénévole. J’ai coché toutes les cases : dirigeant EDR, cadets, juniors, seniors, président de club et président de Ligue. C’est ma vie. Je sais ce que c’est que d’attendre les parents en retard à l’arrivée du bus, de laver les jeux de maillots, de motiver les bénévoles, de chercher des sous ou de passer des heures à rédiger des dossiers pour obtenir des subventions. Je suis aussi un chef d’entreprise qui sait qu’on ne dépense pas l’argent qu’on n’a pas et qu’on n’avance qu’avec le respect et la confiance. Mais je suis surtout entouré d’une liste de 38 personnes, construite avec Jean-Marc Lhermet, dont nous sommes immensément fiers. La liste comprend près de 20 présidents ou anciens présidents de clubs déterminés à simplifier la vie des bénévoles. Elle a 53 ans de moyenne d’âge, elle est renouvelée à plus de 90 %, elle représente tous les rugbys, dans toutes les régions, à tous les niveaux. Enfin, voter pour nous c’est voter pour une vision du rugby qui est aussi éducatif et citoyen et pour un programme co-construit tout au long des 230 rencontres et débats menés avec les clubs partout en France.
Arnaud Beurdeley et Pierre-Laurent Gou
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