Toulouse, d’un monde à l’autre

  • Rien de mieux qu’un choc pour permettre aux Toulousains de Cyril Baille de ne pas ressasser leur élimination européenne.
    Rien de mieux qu’un choc pour permettre aux Toulousains de Cyril Baille de ne pas ressasser leur élimination européenne.
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Passés à côté de leur rêve européen, les Stadistes ont replongé cette semaine dans la réalité du Top 14. Avec, à les croire, appétit, confiance et ambition.

Mardi après-midi, les Toulousains se présentaient sur les pelouses annexes d’Ernest-Wallon, trois jours après leur élimination en demi-finale de Champions Cup. La fin d’un rêve, à Sandy Park. "Quand une occasion se présente, et elles sont rares, on sait qu’il faut la saisir", ne cache pas le pilier Cyril Baille. Lui et ses partenaires ont pourtant laissé passer une chance de s’installer sur le toit de l’Europe, ce dont ils sont conscients. Et c’est peut-être la raison pour laquelle ils sont arrivés avec quelques minutes de retard sur le terrain pour préparer la réception de Toulon dimanche. La séance vidéo fut un peu plus longue que prévue. Le temps de revoir ces munitions gâchées à Exeter, autant que des décisions arbitrales injustes et en leur défaveur sur quelques instants clés de la rencontre. Cela suffira-t-il à aiguiser leur soif de rebond ? Il faut le croire si l’on s’en réfère aux propos de François Cros samedi dernier : "Ce n’est pas un coup d’arrêt." Le légendaire Jerome Kaino, s’il est apparu affecté durant les heures qui ont suivi cette défaite, lui qui aimerait tant accrocher un sacre européen à son palmarès hors norme avant de se retirer, ne disait rien d’autre : "On est toujours en train d’apprendre. On va s’en servir pour continuer à aller de l’avant. Je suis sûr que nous serons plus forts pour les prochaines opportunités." Quand c’est un tel seigneur qui le dit... Voilà pourquoi, mardi, les sourires et la bonne humeur étaient au rendez-vous. "Ces mecs sont incroyables, nous confiait alors un membre du staff. On s’attendait à retrouver des garçons touchés ce matin mais ils étaient déjà focalisés sur ce qui vient." L’avantage aussi de cet exercice 2020-2021 si particulier. "Oui, c’était bizarre de disputer une phase finale en septembre, explique Baille. Il reste le championnat et une autre Coupe d’Europe maintenant. On a perdu samedi mais on en tire des enseignements et cela va nous aider pour la suite. On doit encore bosser car la saison est longue."

Baille : "la tête à l’endroit"

Certes, avant de passer aux ateliers mis en place par Ugo Mola et ses adjoints, Romain Ntamack et Alban Placines refaisaient encore le film de cette fin de première mi-temps meurtrière en Angleterre, en forme de tournant, quand les Chiefs ont marqué contre le cours du jeu sur une action sujette à controverse. Mais dans leur esprit, les Rouge et Noir avaient bel et bien basculé. "Il y a bien sûr eu de la déception mais il fallait vite la digérer, poursuit le pilier international. Deux grosses échéances nous attendent, avec la réception de Toulon et le déplacement au Racing, et nous sommes obligés d’avoir la tête à l’endroit. Si l’élimination a généré de la frustration, il faut la transformer en motivation. Notre force depuis plusieurs années, c’est notre groupe. Tout le monde s’entend bien et c’est un plaisir de venir s’entraîner chaque jour. Ce ne sont pas des paroles en l’air et c’est une vraie chance dans ce genre de situation. On ne va pas s’apitoyer sur notre sort." Car, aux dires de tous, l’échec de Sandy Park, s’il a laissé quelques traces physiques et gonflé l’infirmerie, n’a pas altéré la confiance des troupes. Chacun a d’ailleurs bien trop loué l’audace, le détachement, la fraîcheur et la spontanéité de cette bande aussi surprenante que réjouissante, pour venir en douter aujourd’hui. Reste désormais à le prouver. "Dans les prochaines semaines, il faudra aller chercher de précieux points, clame Baille. On sait combien Toulon est une équipe dangereuse. C’est un beau défi à relever, face à une des meilleures mêlées du Top 14 à mes yeux." Sorti de sa bulle européenne avec un sentiment d’inachevé mais avec la sensation qu’il avait défintivement sa place parmi les grands, le Stade toulousain n’a d’autre choix que de replonger avec appétit dans sa réalité du championnat. Là où il peut encore asseoir sa domination. Avant la prochaine aventure...

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