Toulon : un brouillon est une belle leçon

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    Toulon : un brouillon est une belle leçon Midi Olympique - Midi Olympique
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Avec un XV de départ remanié, les Varois voulaient tester leur résistance et juger de leur profondeur d’effectif. Ce n’est guère concluant...

« Ce qui se passera à Toulouse ce week-end, à la fin de la saison, on ne s’en rappellera plus. » Dans la semaine, Patrice Collazo avait tenu à relativiser la portée de ce prétendu choc sur la pelouse du dernier champion de France: « Il arrive très tôt dans la saison avec beaucoup de contraintes, déclarait le manager.Il va nous servir de base de travail pour la suite. On va voir où nous en sommes. […] C’est un match qui ne va pas décider de grand-chose. »

Ce lundi matin, les supporters Varois ne demandent qu’à croire le technicien. ÀErnest-Wallon, les Rouge et Noir de la rade ont souffert mille maux.La faute à une entame calamiteuse, aux antipodes des exigences de leur mentor: « On se doit de bien négocier cette partie car ça va être un test. » Avec deux pénalités consécutives, un en-avant d’Ikpefan sans pression, une mêlée enfoncée, un premier lancement complètement manqué et une pénaltouche gaspillée, on comprenait aisément la colère de Patrice Collazo sur le bord du terrain.à la mi-temps, le 25 à 0 paraissait presque clément pour des visiteurs fantomatiques : «Nous sommes à 2 à l’heure, on laisse Toulouse faire le jeu, déplorait Louis Carbonel à Canal +.Il va falloir que l’on se bouge, ce n’est pas possible. »

Des blessures fâcheuses

Dans l’engagement - vingt plaquages manqués en quarante minutes - et l’application, les Toulonnais se sont montrés pour le moins défaillants.Avec unXV de départ inédit, leurs limites de fond sont apparues criantes:Toulon ne possède pas encore l’homogénéité d’effectif des cadors du championnat.Sans Parisse, Etrillard, Gros ou encore Serin, il a manqué de caractère et d’abnégation pour au moins espérer rivaliser avec des Toulousains revanchards et inspirés. « Ils auront envie de se racheter après la Coupe d’Europe », avait prévenu le manager toulonnais.

À dire vrai, Patrice Collazo avait pressenti, dans les grandes lignes, la chute des siens en Haute-Garonne. Il l’avait en tout cas anticipée : « Je sais que ça peut redescendre très vite. Ce n’est pas parce que nous avons gagné deux matchs d’affilée en Challenge Cup que l’on va tout expliquer le rugby à tout le monde. Même s’il y a du positif, il y a encore beaucoup de choses à améliorer. » Si les Varois avaient pris le meilleur sur les Scarlets et Leicester, à la maison, pour gagner le droit de disputer la finale de Challenge Cup, ils n’avaient pas pleinement convaincu dans le contenu, trop aléatoire. Leurs talents - Parisse, Villière, Carbonel… - et une remarquable détermination collective avaient heureusement permis de forcer leur destinée.Cette fois, la classe d’un Ollivon et l’insouciance des jeunes Moretti et Egiziano, sur fond de sursaut d’orgueil, ont permis de sauver les apparences. La supériorité numérique des vingt dernières minutes a aidé, aussi. Ce baroud restera anecdotique, tout compte fait. « On a oublié les bases, ce n’est pas un bon match », soufflait Charles Ollivon.

Comme àLa Rochelle en lever de rideau de la saison (29-15), le RCT aura été trop tendre pour ramener des points loin de Mayol. Avec la cascade de pépins physiques - Isa, Robert, Gigashvili… - subie à Ernest-Wallon, cette dangereuse excursion toulousaine restera définitivement un mauvais souvenir pour Patrice Collazo et ses hommes. Dans le même temps, Bristol, futur adversaire des Varois en finale, continue d’impressionner : ce dimanche, les Bears ont été l’emporter 36 à 7 sur la pelouse des London Irish.
 

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