Bayonne dans sa dynamique

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    Bayonne dans sa dynamique Aviron Bayonnais
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D’ici trois ans, Bayonne aura bouclé son projet, stade rénové et centre d’entraînement sorti de terre. Les travaux ont déjà commencé. L’Aviron veut ainsi s’inscrire durablement dans l’élite.

Le projet devient réalité. Un événement non seulement pour le club mais aussi pour la ville de Bayonne et même le Pays basque. L’Aviron bayonnais sera bientôt doté d’un stade ultramoderne de 14 500 places assises, inséré, niché dans le paysage urbain. Le seul stade de l’hexagone vraiment en centre-ville. Né dans les esprits des dirigeants en avril 2018, porté par un groupe d’actionnaires représentatifs de l’économie du Pays basque, AB Etxea (la maison de l’Aviron bayonnais en basque) prend donc son envol. La pelouse hybride est déjà sortie de terre et le terrain a été rapproché de la tribune d’honneur. L’ancienne tribune de face (est) vient d’être démolie.

À cela, se sont ajoutées la création d’une fosse technique pour les joueurs, le staff, les arbitres et officiels, ainsi que quatorze places VIP. Dans la foulée, la nouvelle tribune est (face à la tribune d’honneur) va sortir de terre avec 3 746 places (371 places de plus qu’auparavant) dont 746 sièges partenaires, un espace hospitalités de 950 m2, un espace bodega clos, une terrasse couverte, une boutique, un espace enfants, et un parvis au pied de la tribune. La tribune sera opérationnelle le 1er février prochain. Ces premiers aménagements seront suivis un peu plus tard de la construction de la tribune sud, l’actuelle tribune Europcar. Cette deuxième tribune sera reliée à la nouvelle par un virage de 780 m2 sur deux niveaux avec restauration. La nouvelle tribune Sud de 3 200 places (2 536 actuellement), sera dotée de 560 sièges partenaires. Y prendront place une zone mixte, les vestiaires des deux équipes pour les jours de match, ceux des arbitres, ainsi que divers autres locaux comme ceux dédiés à l’antidopage, aux prestataires, à la presse. Le siège de la SASP sera installé dans son prolongement.

Livraison en juillet 2021

Celui qui a dessiné le nouveau Jean-Dauger est Bayonnais. Il s’agit de l’architecte Patrick Arotcharen. Il a donc facilement adapté son ouvrage à l’esprit local, selon les recommandations aussi de l’équipe dirigeante. Grandes armatures en béton, voûtes, verticalité des tribunes qui se rapprochent au mieux du terrain. Élément essentiel pour ce public chaud qui ne sera plus qu’à 5 mètres du terrain, au lieu de 14 précédemment. Parking de 450 places, ouvert au public les jours de matchs, desserte spéciale par le trambus, nouvel éclairage, viendront en complément. Et pour mieux insérer le stade dans la ville, pour ceux qui connaissent les lieux, à l’horizon 2023, une passerelle enjambera les remparts entre l’hyper centre et le stade. Jean-Dauger et Bayonne ne feront qu’un.

Le poumon économique

Bien sûr, le stade n’est pas qu’une vitrine mais un véritable outil créateur de richesses. Si Bayonne veut s’installer durablement dans le Top 14, les résultats sportifs ne suffiront pas. AB Stadium amènera les ressources indispensables. "Ce seront les hospitalités, détaille Philippe Tayeb, l’optimisation des lieux de vie. Il faut profiter de l’emplacement de ce stade qui rentre dans le plan d’urbanisme total de la ville. C’est la survie du club. C’est s’installer dans les exigences du Top 14."

Le coût total de l’opération, stade et centre d’entraînement, s’élève à 27 millions d’euros hors taxes. 20 pour le stade et 7 pour AB Campus, le centre d’entraînement dont le financement sera assuré par les institutions, ville, agglomération, département, région, état. Pour AB Stadium (le stade gardera le nom de Jean-Dauger), le club s’engagera sur un emprunt de 15 ans. Avec aussi des garde-fous. La prudence guide le président de l’Aviron bayonnais et son équipe. "Les hypothèses de Top 14 et de Pro D2 ont été étudiées, assure-t-il. Un cabinet d’expertise a étudié la faisabilité du projet à cinq ans. La mairie a aussi établi un audit. C’était la seule possibilité de survivre en Top 14 avec de nouvelles ressources pour assurer le recrutement et garder nos jeunes. On ne pourra faire des miracles en permanence."

En s’appuyant sur l’aboutissement de ce projet d’ici trois ans, le club table sur un budget aux alentours de 21 millions d’euros.

Centre d’entraînement et stade interdépendants

Si le stade est sur les rails, le premier projet de la nouvelle équipe dirigeante était bien la création du centre d’entraînement, cher à Yannick Bru. Le manager de l’Aviron bayonnais n’a jamais caché que sa destinée dans le club était intimement liée au centre d’entraînement. Dans son projet, que partage d’ailleurs le club, il attache une importance primordiale à la formation des joueurs locaux. Qui ne peut se faire sans cet outil ambitieux. Alors pourquoi cet aménagement du calendrier ? "La création d’AB Campus était l’ADN du projet, assure Philippe Tayeb. Mais il a fallu réfléchir à la possibilité de s’entraîner pendant les travaux du centre d’entraînement. On a donc décidé de réaliser la pelouse. De ce fait, avec la crise Covid qui s’est rajoutée, on a été obligé de réfléchir sur de nouvelles ressources. Cette nouvelle tribune va générer des richesses."

Richesse humaine

Il était aussi judicieux de réaliser ces travaux tant que la jauge était abaissée en raison des conditions sanitaires. Mais cette stratégie ne remet nullement en cause le projet de centre de formation qui sera la deuxième étape après la construction de la tribune est et avant celle de la tribune sud. La réalisation ne sera que décalée dans le temps. "Quand la crise nous a touchés, on a été obligé de réagir rapidement. On a dû accélérer les processus et rentrer dans l’urgence pour générer des ressources." "Le calendrier est à l’identique. On est à juin 2022 pour la finalisation. Conforme à ce qui était prévu. Les deux projets se complètent et ne s’opposent surtout pas."

Car l’Aviron ne veut plus voir ses jeunes s’éloigner. Nombreux sont les joueurs partis sous d’autres cieux, à l’image de Charles Ollivon, Baptiste Chouzenoux, Anthony Etrillard, Martin Laveau et consorts, l’Aviron n’étant pas en mesure de rivaliser avec ses concurrents. "Il va falloir garder cette jeunesse qui monte. On travaille aussi sur le pôle reconversion des joueurs pour essayer de faire revenir nos joueurs partis ailleurs. Notre objectif est d’avoir, d’ici trois ou quatre ans, une équipe d’origine basque ou formée ici à 60 voire 70 %." À Bayonne, la richesse est aussi humaine.

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Edmond LATAILLADE
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