UBB : dans le sillage du coup de gueule

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Une grosse déception à Lyon, une « gueulante » magistrale de Christophe Urios. L’UBB a retrouvé la sensation de la pression. Reportage. 
 

Un signe qui ne trompe pas : certains médias pas spécialement branchés rugby ont diffusé des sons de Christophe Urios après la défaite subie à Lyon, y compris dans des chroniques matinales généralistes. Le coach de l’UBB avait choisi ses mots : « La semaine va être musclée. Sur ce match, on n’aura pas besoin de faire des vidéos. On va vite basculer sur Clermont et on va faire jouer ceux qui ont envie de jouer. Là je ne vais pas mettre de GPS, je m’en fous de tout ça, je vais le faire un peu à l’ancienne, un peu comme je le ressens parce que parfois on a tendance à en… les mouches pour au final faire cette m... » Urios s’est montré vraiment intarissable : « Donc là j’ai un peu les boules, demain j’aurais encore plus les boules et après-demain encore plus... Là je ne vais pas gérer des datas, je vais sentir les mecs et il y en a certains que je ne vais pas sentir longtemps. Je déteste qu’on triche, je déteste qu’on fasse semblant. Quand tu vois le club fait l’effort de mettre à disposition un avion, de faire l’aller-retour sur la journée… Eh bien put… les mecs, on aurait mieux fait de venir en bus. »

 

Ça a le mérite d'être clair ! pic.twitter.com/dEqI9z5THP

— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) October 6, 2020

Le manager bordelais, plutôt gâté depuis son arrivée, connaît son métier. Pas question de laisser passer un tel naufrage. On peut supposer qu’il a plus ou moins réitéré ces paroles dès les retrouvailles de mercredi. C’est ce qu’on a compris des propos du deuxième ligne Cyril Cazeaux : « Oui, la saison passée, nous avons eu la chance de ne pas connaître ce visage de Christophe. Là, on y a goûté, et on n’espère ne pas y regoûter de sitôt. Car ce ne sont pas des moments agréables à vivre. Ni pour lui, ni pour nous. Mais ça secoue, et quelque part, ça fait du bien. Depuis l’an passé, nous n’avions plus manqué une échéance comme ça… » Matthieu Jalibert aussi a évoqué cet après-match sans doute bouillant, mais de façon allusive : « Il y a des choses qui doivent rester dans le vestiaire mais forcément que Christophe nous a fait passer le message. Mais je vous rassure, nous en avions conscience par nous-même… »

La consternation flottait dans l’air

De toute façon, il suffisait de tendre l’oreille à Bègles mercredi, pour mesurer l’impact de cette première mi-temps ténébreuse de Lyon. Elle était sur toutes les lèvres, certains habitués allant même jusqu’à dire que le Lou n’avait pas été spécialement bon, tant l’UBB avait été mauvaise. La consternation flottait dans l’air.

À Musard, on a vu à l’œil nu que Christophe Urios voulait marquer le coup. Il n’était pas sur la pelouse mercredi lors de l’entraînement ouvert au public et il n’est pas venu s’exprimer comme à son habitude. Il a laissé ce soin à son adjoint Frédéric Charrier qui a donné la température : « Notre semaine de préparation avant Clermont aura été courte, déjà. Il faut digérer notre défaite de Lyon. Vous me parlez d’indiscipline, mais je pense que c’était une question d’engagement. Chaque fois qu’on passait au sol, on prenait une pénalité car nous étions moins réactifs, on mettait trois ou quatre secondes à réagir, eux ils étaient tout de suite en place. Ils avaient plus faim que nous au début du match. Ce matin (mercredi, N.D.L.R.), j’ai ressenti de la déception et j’ai vu des têtes basses à la reprise de l’entraînement. Nous n’avons pas beaucoup de temps pour réagir après cette claque. »

On sait Urios habile sur le plan psychologique. Après la tempête, on parierait bien qu’il a su jouer sur la carte de la psychologie distante en mettant les joueurs devant leur propre responsabilité. Style : « Voilà ce que vous avez fait. Je n’ai plus rien à dire, à vous de jouer maintenant. » Une façon de manier le chaud et le froid pour jouer sur la vexation.

Au fait quid des GPS ? Le staff les avait-il bien mis entre parenthèses au nom du retour aux valeurs ? Oui, selon Cyril Cazeaux. Et… non, selon Matthieu Jalibert. Le staff a donc visiblement su s’adapter.

Une chose est sûre, le coach bordelais avait fait quelque peu « tourner » son effectif. Dans ce genre de situations, les grands gagnants sont toujours ceux qui n’étaient pas là. Citons, Jefferson Poirot, Jandre Marais, Kane Douglas, Clément Maynadier ou Cameron Woki… Leur savoir-faire a manqué à notre sens dans la froidure lyonnaise. À noter que Fredéric Charrier a aussi donné les noms de deux joueurs qui ont marqué des points à Lyon, d’abord Romain Buros, l’arrière, solide sous la pression adverse, il fallait le faire ; puis Yoram Moefana, très jeune centre entré en cours de partie. Comme quoi ce naufrage a eu aussi ses rescapés.

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Les commentaires (1)
STaddict Il y a 12 jours Le 10/10/2020 à 01:04

Allô URIOS ? Tu te trompes de saison ! L’État de grâce c’est fini ! On est en 2020/2021 !
Le covid n’arrange pas les choses, hein ?