La cour de récré

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Publié le , mis à jour

L'édito du vendredi par Léo Faure... Fabien Galthié a donc annoncé 31 joueurs, ce mercredi. Et 31 joueurs seulement, malgré ses invocations à disposer de 42 éléments, aux entraînements de Marcoussis, afin d’anticiper les blessures qui ne manquent jamais de venir. Le sélectionneur précise bien que des « partenaires d’entraînement » seront également convoqués. Que faut-il en comprendre ? Que Galthié, contraint par le piège des guérillas d’institutions, fera le nombre mais sans l’élitisme qui devrait coller à la peau bleue du XV de France. Sinistre paysage, quelques mois seulement après les promesses du grand projet 2023 qui devait fédérer toutes les strates du rugby français.

On en est donc là, avec deux institutions (LNR et FFR) qui ne se font même plus la guerre : après le temps des discussions, certes belliqueuses, elles s’ignorent désormais, refusant jusqu’à se mettre autour d’une table pour négocier, même à l’invitation d’un Conseil d’État. Vous voulez un scoop ? Sur le dossier des tests-matchs d’automne qui les oppose en tous points, ledit Conseil d’Etat va bientôt imposer à FFR et LNR de nouvelles discussions forcées. Qui n’auront pas lieu, sur le fond. Les deux clans ont déjà fait savoir qu’ils camperont sur leur position : 5 matchs (au lieu de 3) et pas un de plus pour la Ligue, qui considère avoir déjà consenti ici sa part de sacrifice ; 6 matchs irrévocables pour la Fédération, qui y voit une simple égalité avec les autres nations du gratin mondial.

Au bout du bout, dans une cour de récréation où chacun se mesure la virilité à grands coups de communications juridiques, c’est le droit pur et dur qui s’appliquera. Sans la moindre concertation, sans personne pour porter une vision à moyen terme et sans une once de préoccupation pour les intérêts du sportif, qui ne semblent plus vraiment intéresser personne.

On pourrait donc aboutir à cette situation : dans son droit après l’ouverture par World Rugby d’une fenêtre internationale de sept semaines, la FFR fera jouer l’article 9 et préemptera les joueurs sur l’intégralité de la période (19 octobre — 6 décembre), sans relâche dans les clubs pour assurer le quotidien du Top 14. La LNR, de son côté, fera valoir la convention pour limiter les joueurs appelés à 31 et, si elle le souhaite, le nombre de matchs du XV de France à trois rendez-vous seulement.

L’ubuesque devient envisageable. Des joueurs « bloqués » en Bleu pendant sept semaines pour trois matchs joués ; des clubs dépouillés de leurs internationaux pour autant de temps et un XV de France qui, encore une fois, prendra du retard sur sa concurrence.

Soyez sûrs qu’en l’affaire, tout le monde affirmera avoir agi dans son bon droit. D’un point de vue légal, ce sera le cas. à cet extrême, il n’y aura pourtant que des perdants. à commencer par Fabien Galthié, dont le projet de bâtisseur souffre mille morts de ces gamineries de salon. Il ne manquerait plus que, in fine, les relations entre le sélectionneur et ses homologues de club finissent de se tendre sur l’autel de ces désaccords pour que le rugby français touche franchement au risible.

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