Et au milieu coule le rugby

  • Le XV de France est au centre des débats depuis quelques jours
    Le XV de France est au centre des débats depuis quelques jours Icon Sport
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Le Conseil d'État a rendu son ordonnance vendredi et évidemment chacun en a fait son interprétation. La FFR, comme la Ligue, prétendent avoir gagné une bataille juridique. Elles l'affirment haut et fort à grands coups de communiqués. Le rugby français, lui, souffre en silence. C’est lui le grand perdant de cette bataille. Et le score commence à être lourd. Très lourd. Laporte et Goze ont pris le rugby français en otage, squattent les unes des journaux et les antennes de télévision. Où est le jeu, où sont nos champions ?

A tout dire, cette ordonnance du Conseil d'Etat, pour qui n'est ni juriste, ni avocat, elle donne la franche impression que la plus haute juridiction administrative française n’a cure des petits soucis du rugby français, qu'elle a bien d’autres sujets, autrement plus importants, à régler. En clair ? démerdez-vous ! Et pour cause...

Savez-vous pourquoi nos deux institutions se chamaillent, s'invectivent, se balancent un coup par-ci, un autre par-là ? Parce que, comme deux enfants, à l'instant de rentrer en classe, l'un a pris une bille à l’autre. Ou inversement. Et l’on sait compter. On parle bien d'une bille, pas deux. Le fond du différent qui oppose FFR et LNR sur ce sujet précis de la mise à disposition des internationaux français pour cette tournée d’automne, c’est bien un seul et unique match. La FFR en veut six, la LNR seulement cinq.

Paul Goze dit avoir fait un effort en proposant cinq rencontres au lieu de trois prévues par la convention liant les deux parties. Laporte jure avoir tendu la main en plafonnant à cinq le nombre de feuille de match par joueur, en acceptant de libérer l’ensemble du groupe pour la 8e journée de Top 14, d’autoriser les non-sélectionnés pour les cinq doublons à rejoindre leur club et de ne pas retenir les finalistes (Racing 92 et Toulon) des compétitions européennes pour les premiers jours de rassemblement. Bref, chacun a fait un pas vers l’autre. Que grâce leur soit rendue. A l’échelle du rugby, ça vaut presque un chèque en blanc, non ? Pourtant, il manque encore quelques centimètres pour que Laporte et Goze nous claquent un check de circonstances. Ni l’un, ni l’autre ne veulent céder, comme si la guerre d'égos qui les oppose était finalement plus importante que l’enjeu lui-même.

A l’heure où la reconquête des licenciés est vitale pour un sport malade, où l’image du rugby, salement amochée par l'accumulation des affaires, la multiplication des accidents ces dernières années, a besoin de retisser un lien avec ses sacro-saintes valeurs qui ne sont devenues que des outils marketing, la FFR et la LNR ont une obligation vis-à-vis de tous les amoureux de ce jeu. Elle est peut-être juridique au regard de l’ordonnance du Conseil d’État. Mais elle est surtout morale.  

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