Rendez-vous capital pour Agen

  • Romain Briatte
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Publié le , mis à jour

Derniers du classement après trois journées et autant de défaites, les Agenais doivent vite redresser la barre pour enfin gagner à Armandie. Dans le même temps, après une défaite à domicile face à Bayonne, Paris pourra compter sur le retour de son arrière Kylan Hamdaoui.

Même s’il convient d’éviter de tomber dans le catastrophisme après seulement trois journées de championnat, le constat est terrible pour Agen : trois défaites en trois matchs. Le SUALG est la seule équipe du Top 14 à n’avoir pas ouvert son compteur de victoire avec Montpellier, qui n’a disputé que deux rencontres. Surtout, le manager Christophe Laussucq n’a pas apprécié le comportement de ses hommes à Clermont : «Nous, si on ne se bat pas, on va aller en Pro D2.»

Coupables d’avoir regardé les Clermontois jouer pendant la première période, les Agenais ont bien compris le message selon le capitaine Romain Briatte : «L’ensemble du groupe s’est retrouvé lundi matin et nous avons mis les choses au clair. Nous avons loupé notre début de saison et il faut que l’on arrête de se trouver des excuses pour avancer. À Clermont, on fait une première mi-temps où on est passé complètement à côté au niveau de l’engagement alors que ça doit être notre force toute la saison. On est 70 % des joueurs de l’effectif à avoir connu le Pro D2 et on n’a pas du tout envie d’y retourner donc on va s’accrocher jusqu’au bout. On connaît les difficultés de jouer le maintien depuis quatre ans et nous avons un bon groupe, mais les bons moments il faut maintenant les vivre sur le terrain. Cela passe par des victoires.»

La venue du Stade français à Armandie est peut-être un signe pour les Lot-et-Garonnais qui n’ont plus goûté à la victoire sur leur propre pelouse depuis le 19 octobre 2019. En effet, ce dernier succès à la maison avait été acquis face aux Parisiens. Pour éviter de fêter une année entière sans succès à Armandie, les Agenais doivent redresser la barre ce samedi.

Rectifier le tir en discipline

Pour cela, il convient de corriger les erreurs récurrentes de ce début de saison. «On doit être beaucoup plus constant, souligne le capitaine, à Pau, en première mi-temps on donne deux essais à l’adversaire. Même chose à Clermont, donc on doit être constant de la première à la dernière minute. Nous sommes aussi trop indisciplinés puisque nous avons pris beaucoup de cartons en commettant plus de vingt fautes à chaque match. C’est alors impossible de gagner. À Pau, on marque vingt points, ce qui peut être suffisant pour remporter un match, mais on en encaisse trente ! On fait trop de cadeaux.»

Depuis deux semaines, les joueurs ont travaillé spécifiquement les phases de rucks pour rectifier le tir dans le secteur de la discipline et ils espèrent enfin être payés de leurs efforts sur cette phase de combat, là où Christophe Laussucq souhaite retrouver son équipe. «On a essayé d’envoyer du jeu à Clermont et on a vu que l’on a pêché sur nos lancements, en prenant des contres de 60 ou 80 mètres, constate Romain Briatte, Maintenant, il pleut depuis cinq ou six jours  sur Agen donc on va commencer à rentrer dans une période où malheureusement pour les spectateurs le jeu va être plus restreint et nous devons repartir sur des choses simples, efficaces, où avants et trois-quarts on peut se retrouver.»

« Kiki » est de retour

Les deux premiers matchs de la saison face à Castres et Bayonne, Kylan Hamdaoui les a suivis en simple spectateur, la faute à une vilaine déchirure du quadriceps survenue à la fin du mois de juillet. Son dernier match, il l’a donc joué le 1er mars dernier. Huit mois sans compétition, c’est long. Très long. « Je crois que ça va me faire bizarre de rentrer sur le terrain samedi soir », glisse-t-il l’œil malicieux. Pourtant, il l’avoue, la période a été difficile à vivre. À tel point que l’arrière s’est posé de nombreuses questions. « Jamais je n’avais ressenti autant de frustration, souffle-t-il. La Covid, le monde l’a pris de plein fouet. Ce qui m’a plombé, c’est ma blessure. Le plus frustrant, pour moi, c’est que je me suis blessé au moment où on commençait à attaquer la partie la plus sympa avec la mise en place de notre jeu. Et puis, la situation du club, avec la multiplication des cas de Covid au mois d’août, n’a rien arrangé. »


En arrière-plan, il y a évidemment l’équipe de France. Hamdaoui comptait parmi les joueurs appelés durant l’ensemble du Tournoi des 6 Nations, sans jamais prendre part à la moindre rencontre. Mais quand même. Sans doute avait-il l’espoir d’y regoûter au plus vite. « Je ne sais pas trop quoi répondre, bafouille-t-il. C’est vrai que ça a nourri ma réflexion. » Il n’en dira pas davantage, déçu assurément de ne pas avoir pu défendre ses chances avant que le sélectionneur Fabien Galthié ne communique mercredi les 31 joueurs retenus pour la tournée de novembre. Et pour cause. Ces deux dernières saisons, l’ancien Biarrot n’a pas eu de cesse de progresser dans un contexte pourtant assez chaotique. Lui a toujours eu la confiance d’Heyneke Meyer. Il compte parmi les éléments ayant le plus joué sous les ordres du Sud-Africain dans un style de jeu assez minimaliste.

En clair ? En deux saisons sous les ordres de Meyer, Hamdaoui, connu en Pro D2 pour ses qualités de relanceur, a sans doute tapé plus de coups de pied que depuis qu’il a débuté le rugby à l’âge de 11 ans. La réflexion le fait sourire. « Je ne veux pas cracher dans la soupe car Heyneke m’a fait confiance et m’a fait progresser justement sur le jeu au pied. Maintenant, c’est vrai que le système de jeu de Gonzalo me plaît beaucoup. Mais ne nous leurrons pas, le jeu au pied est tout de même un élément important du jeu moderne. »


Gonzalo Quesada, justement, parlons-en. Son retour au Stade français est « un vrai plaisir » pour Hamdaoui. Le premier a entraîné le second durant une saison à Biarritz. « J’ai retrouvé un joueur avec encore plus de confiance, jure le technicien argentin. Techniquement aussi, il a progressé. Ce n’est plus le petit jeune qui travaillait pour aller jouer en Top 14. C’est vraiment un élément important du groupe. » Et ça tombe bien, il revient dans une période où le club de la capitale a bien besoin de gagner.

 

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