À Castres, la bulle sanitaire a éclaté

  • Mauricio Reggiardo (Castres).
    Mauricio Reggiardo (Castres). Icon Sport
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La rencontre face à Brive a été reportée. Alors que le club faisait partie des « bons élèves » aux trois coups du championnat, la Covid-19 a fini par contraindre le CO à reporter ses trois derniers matchs toutes compétitions confondues. Comment en est-on arrivé là ?

Le mal est entré dans le club aux premiers jours de septembre. Jusque-là, le Castres Olympique menait bien sa barque et réussissait à garder le centre d’entraînement du Levézou imperméable aux attaques de la Covid-19. Pendant que le Stade français, Lyon, Toulouse, Montpellier ou Agen se débattaient déjà contre l’épidémie ; avec jusqu’à 27 cas déclarés au sein d’un même effectif, les Tarnais, à l’instar de Pau, Bayonne, La Rochelle ou Toulon, pouvaient se féliciter de disposer d’une bulle sanitaire efficace. La préparation estivale s’était déroulée sans heurts et dans des conditions optimales, permettant aux Castrais d’aller arracher un précieux succès à Agen en ouverture de leur championnat, le 5 septembre (22-26). C’est d’ailleurs lors de la préparation de ce déplacement à Armandie que les Castrais ont été, pour la première fois confrontés à la maladie. Un cas positif fut en effet recensé lors du dernier test PCR effectué avant le voyage à Agen. Une contamination extérieure au club, un « patient zéro » vite isolé du reste du groupe, dont l’absence à Armandie n’impacta pas outre mesure le déroulement du week-end. Il n’y avait alors pas lieu de s’affoler.

Tout allait encore pour le mieux lors de la deuxième journée de championnat. Les Tarnais étaient alors opposés au Stade français, un des clubs les plus durement touchés par la maladie durant l’été. Est-il possible que les Soldats roses aient contaminé les joueurs du CO ? C’est peu probable. En effet, les Parisiens alignés face à Castres le 13 septembre avaient été soumis à des tests non pas PCR mais sérologiques attestant qu’ils avaient tous développé les anticorps contre le virus.
 

Déjà un lourd tribut payé à la maladie


C’est pourtant une semaine plus tard, le 19 septembre, que le CO va connaître son premier réel coup d’arrêt dû à la Covid-19. Alors qu’il devait se déplacer sur la pelouse de Leicester pour jouer un quart de finale européen, le club tarnais apprenait qu’il était éliminé sur tapis vert. En cause ? Trois tests remontés positifs sur un panel de 55 membres du club testés, espoirs compris. Ironie du sort, aucun des joueurs positifs n’était censé faire partie du voyage en Angleterre mais l’EPCR, l’organisme en charge de la compétition, ne voulait rien entendre. Rageant, frustrant mais l’épidémie était encore sous contrôle au club.
 

La gestion des asymptomatiques en question


Pour preuve, les tests PCR effectués le lundi 21 septembre au matin remontaient tous négatifs, permettant au CO de préparer avec optimisme le déplacement à Montpellier, après une semaine de repos. Sauf que, malgré l’adoption de règles d’hygiène sanitaire très strictes depuis le début de l’épidémie, trois nouveaux cas faisaient irruption le 1er octobre après contamination extérieure, conduisant la LNR à reporter le match prévu dimanche 4 octobre au GGL Stadium de Montpellier. La chaîne de contagion était lancée : lundi 5 octobre, ce sont onze nouveaux membres du club qui étaient testés positifs. Cédric Chadourne, médecin référent du club en charge du suivi des tests pointe du doigt la difficile gestion des cas asymptomatiques : « Malgré toutes les dispositions préventives que nous pouvons prendre en matière sanitaire et malgré tous les efforts réalisés par les laboratoires pour avoir les résultats des tests dans les meilleurs délais, certains paramètres ne sont malheureusement pas maîtrisables. Il nous a été par exemple impossible d’isoler jeudi dernier (le 1er octobre, N.D.L.R) dans la journée des joueurs asymptomatiques mais potentiellement contagieux avant de les savoir positifs aux tests jeudi soir. » Dans ce cas, difficile d’isoler du reste du groupe et dans l’attente des résultats des tests en cours, des joueurs ne présentant aucun symptôme lors des entraînements. Conséquence directe, ces « joueurs asymptomatiques » ont servi de vecteur de contagion pour transformer le Castres Olympique en véritable « cluster », conduisant au report du match contre Brive, censé se tenir samedi. Cinq nouveaux cas remontaient positifs sur les tests effectués jeudi 8 octobre… N’en jetez plus, la coupe est pleine.

À l’heure actuelle, le club reste fermé et le groupe se retrouve à l’isolement afin de rompre la chaîne de contamination. L’objectif est de faire une remise à plat complète, en espérant que les sacro-saints tests du lundi permettent au Castres Olympique de reprendre une activité normale dès mardi, ceci afin de préparer, normalement, si tant est que cela soit encore possible aujourd’hui, le déplacement à La Rochelle.

David Bourniquel
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