Agen et la peur du vide

  • Nathan DECRON (Agen), face au Stade Français.
    Nathan DECRON (Agen), face au Stade Français. Icon Sport
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Agen dépassés dans tous les secteurs de jeu et incapables de peser sur la ligne d’avantage, les agenais ont subi de bout en bout et s’enfoncent dans la crise.

Que dire sur la prestation des Agenais ? Par où commencer ? Difficile, tant les Suavistes n’ont pas existé face à ce Stade français, qui évoluait un à deux crans au-dessus. Il faut dire que tout avait mal commencé : à quelques minutes du coup d’envoi, le SUA perdait son ailier anglais Gabriel Ibitoye, touché au mollet gauche lors de l’échauffement. Après quelques soins et deux courses pour se tester, l’ancien ailier des Quins quittait le terrain la tête basse. Loris Tolot le remplaçait au pied levé, et Jordan Puletua (dont le dernier match remontait au… 11 janvier dernier) prenait place sur le banc. Mais l’on doute que la présence de l’Anglais aurait changé quelque chose à l’issue de ce match…
Pourquoi ? Parce que les Agenais n’ont jamais eu le ballon, en raison d’une conquête catastrophique : 5 pénalités (et un bras cassé) concédées pour la seule mêlée. Le staff agenais a bien essayé de remplacer Correa à gauche par Ryan (habituel droitier) mais rien n’y a fait. La touche n’est clairement plus le plus fort sur lequel le SUA s’appuya si souvent la saison dernière… Et derrière, le bilan n’est pas plus reluisant : « On n’a pas été capables de se faire trois passes », grimaçait l’arrière Jean-Marcellin Buttin.
 

Laussucq : « Comment a-t-on fait pour en arriver là ? »


Abattu, comme le reste de son équipe de son staff, l’ancien Clermontois livra sans filtre une explication de ce naufrage : « On a trop cru en nous. On a cru que ça allait être facile, on pensait que l’on avait bien recruté, que ça se passerait bien. Mais les autres clubs ne nous ont pas attendus et maintenant ils viennent gagner ici. » Les Agenais se sont trompés, donc. Et aujourd’hui, ils se trompent encore : « On pense que c’est le mec d’à côté qui va gagner un mètre. Mais nous, on a besoin d’être 15 pour gagner un mètre, d’être à 110 %. » Un collectif qui se délite, et un manager en détresse : « Vous me parlez de créer du jeu, mais on n’a pas eu un ballon. Comment est-on tombé aussi bas ? Comment a-t-on fait pour en arriver là ? On se demande ce qu’on fait depuis trois mois. On n’a pas eu une occasion. Ce soir, on n’a pas notre place en Top 14. Cela fait douze ans que je suis entraîneur, je n’ai jamais vécu une période comme ça. » S’il a reconnu ne pas avoir de solution dans l’immédiat, le manager a toutefois relevé la tête : « Je me fais insulter par tout le monde. Je n’en ai rien à branler. Je ne suis pas venu à Agen pour être populaire. Je ne le suis pas, ce n’est pas ça mon métier. Pour ceux qui me connaissent, ils savent que je ne lâche pas. » 
 

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