Toulon, la garde de nuit

  • Gervais Cordin (Toulon), face à Montpellier.
    Gervais Cordin (Toulon), face à Montpellier. Icon Sport
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Dominateurs mais incapables de tuer le match, les Toulonnais ont su résister à une séquence finale de onze minutes dans leur quinze mètres pour finalement faire tomber le MHR. Toulon n’a pas tout réussi, mais s’est rassuré à une semaine de sa finale de Challenge Cup.

Une semaine après leur désillusion sur la pelouse de Toulouse (39-19) et à quelques jours de leur finale de Challenge Cup, les Toulonnais n’avaient d’autre choix que de relever la tête contre Montpellier. Pas de crainte de se tromper de rendez-vous ? « Celui qui se trompe, la semaine prochaine il sera dans le canapé. Et s’il avait fallu partir avec le centre de formation pour une finale de Coupe d’Europe, je l’aurais fait. Je n’accepte pas qu’on choisisse ses matchs, surtout après ce qu’on a fait la semaine dernière. » Force est de constater que la menace portée par Patrice Collazo eut pour vertu de faire réagir ses joueurs. Et même s’ils n’ont pas tout bien fait samedi soir à Mayol, les Varois se sont très largement rassurés sur leur capacité à avancer ensemble. « L’état d’esprit affiché est de bon augure pour la suite, glissait en ce sens Gervais Cordin. On devait montrer un autre visage que celui de la semaine passée contre Toulouse. Le groupe avait envie de se racheter. » Maladroits au moment de conclure, mais capables d’inscrire un essai de soixante mètres en première main ? Impénétrables en défense en première mi-temps, mais susceptibles de prendre deux essais en huit minutes au retour des vestiaires ? Vous dites « paradoxe toulonnais » : ils répondent « apprentissage », pour un groupe talentueux, volontaire et enthousiaste, qui apprend de ses erreurs sortie après sortie.


« On doit être capables de se détacher au score »


Emmené par ses revenants - « Ice » Toeava, qui disputait ses premières minutes en Rouge et Noir, le virevoltant Gervais Cordin ou encore le dynamiteur Baptiste Serin - Toulon a donc construit son succès dans la douleur. « C’est un match que l’on s’est rendu compliqué : nos sorties de camp n’étaient pas bonnes et on a gavé Montpellier de ballons, ce qui a laissé le MHR dans le match. Il nous reste du travail dans la maîtrise : on n’est pas à l’aise quand il faut gérer, mais davantage quand on produit. Sauf que pour produire, il faut être en confiance et se détacher au score. Par moments on a des éclairs, des fulgurances, on produit des choses hyperintéressantes, mais on doit être capables de se détacher au score. » Pourtant, alors qu’ils avaient maladroitement laissé Montpellier en vie tout au long de la rencontre, les Toulonnais ont finalement changé de visage dès lors que les Montpelliérains s’installaient dans leurs 22 mètres et menaçaient leur victoire au bout du suspense.
 

« Je savais qu’on ne pouvait pas perdre ce match »


Onze minutes durant, les Varois ont ainsi semblé imperturbables. Et le RCT maladroit et indiscipliné des 70 premières minutes a alors fait place à un Toulon résilient, patient et capable de ne pas commettre la moindre erreur pour défendre sa ligne d’en-but. Comme possédés, les Rouge et Noir ne laissaient pas le moindre espace aux Cistes. « Je les connais, je sais l’intensité qu’ils sont capables de mettre à deux mètres de la ligne. Montpellier rentrait fort, mais il y avait toujours un joueur de Toulon en dessous. Je savais qu’on ne pouvait pas perdre ce match », appréciait tout sourire Patrice Collazo, conscient que ses joueurs auraient continué de défendre sans baisser d’intensité dix minutes supplémentaires si le scénario le nécessitait. « J’aime bien quand on gagne les matchs sur la fin, à trois mètres de la ligne, même si c’est un peu stressant. C’est positif pour la construction d’une équipe. » Adepte du « souffrir, pas de problème du moment que c’est ensemble », Patrice Collazo a été rassuré par ses hommes samedi à Mayol. Et s’ils ont montré qu’ils avaient encore de nombreux axes de progression, les Varois ont surtout prouvé qu’ils étaient capables de plier sans ne jamais rompre, quoi que cela leur en coûte, quand il s’agissait de défendre leurs intérêts communs. De bon augure pour la suite ? Sans le moindre doute, à une semaine d’une finale de Challenge Cup désormais dans toutes les têtes toulonnaises.

Pierrick ILIC-RUFFINATTI
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