Clermont : Bès raconte Ojovan, un roc à polir

  • Repéré à Moscou dans une salle de sport par son compatriote Vadim Cobilas (Bordeaux-Bègles), Cristian Ojovan a découvert le rugby sur le tard.
    Repéré à Moscou dans une salle de sport par son compatriote Vadim Cobilas (Bordeaux-Bègles), Cristian Ojovan a découvert le rugby sur le tard. - Photo Vincent Duvivier
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Arrivé d’Aurillac cet été, le pilier Moldave est projeté sur le devant de la scène par la blessure de Rabah Slimani. Avec un fort potentiel qu’il faut désormais pleinement exploiter.

Quand l’ex-Aurillacois Cristian Ojovan a posé le premier pied à Clermont, cet été, Didier Bès n’avait plus grand-chose à découvrir. « Je suivais Cristian depuis plus d’un an. Mais pas en regardant quelques montages vidéos de lui, quand les mecs ne te montrent que ce que tu as envie de voir ! J’ai regardé tous ses matchs la saison dernière. Je savais qu’il nous faudrait remplacer Dato (Zirakashvili, N.D.L.R.) à droite de la mêlée et je connaissais son potentiel. Alors, j’ai regardé tous ses matchs, en me focalisant sur lui. » Il aura pu y voir tout le potentiel du pilier moldave, dominateur dans l’exercice de la mêlée fermée toute la saison en Pro D2, quel que soit l’adversaire du Stade aurillacois.

«J’ai aussi pu cibler assez vite les choses à améliorer. Des défauts de posture, notamment. Il travaillait vers l’intérieur et croisait trop vite. En Pro D2, ça suffisait…» Comme cela suffisait et qu’il était effectivement une terreur de la deuxième division dans l’exercice, Ojovan a d’abord été réticent à modifier ses habitudes. « Ce sont des automatismes réflexes que les joueurs enregistrent. Quand je lui ai demandé de changer, il ne comprenait pas trop. Pourquoi modifier quelque chose qui marche ? Parce que son contexte avait changé et qu’en Top 14, ça ne marcherait pas. Mais pour le comprendre, il a fallu que Cristian le touche du doigt. C’est souvent comme ça, l’apprentissage : il faut tomber pour apprendre. »

"Il ne faut pas être pressé avec lui"

Ces limites, Ojovan les a d’abord touchées une première fois en match amical cet été. Justement face à ses anciens copains d’Aurillac. « Il s’était fait un peu chahuter en mêlée par ses potes, qui connaissaient ses réflexes et ses points faibles », se souvient encore Bès. « Là, il est revenu vers moi : "C’est bon, coach. J’ai compris." Et comme c’est un garçon à l’écoute et travailleur, on a pu vraiment entamer le travail de mutation. »

à seulement 23 ans, l’avenir appartient à Ojovan. Le présent aussi puisqu’il devrait enchaîner une deuxième titularisation, ce samedi face à Paris, avec la blessure musculaire de Rabah Slimani. La suite dépendra de sa capacité à peaufiner ses qualités naturelles. « Comme beaucoup de joueurs de l’Est, Cristian aime le travail de force. Mais il ne s’en contente pas. Avec lui, on bosse fort sur le jeu, poursuit Bès. à Aurillac, il avait trop tendance à être absent du jeu. Quand il avait le ballon, il transmettait immédiatement ou il passait trop facilement par le sol. Il doit apporter plus, d’autant que c’est un très bel athlète. Il est puissant mais aussi très souple : en salle, il effectue des squats complets sur des charges lourdes. C’est assez rare ! Et malgré ses 120 kg, il est dynamique. Il est prédisposé pour réussir. »

Reste, donc, à lui laisser le temps d’éclore. « Il ne faut pas être pressé avec lui. Dans ce milieu, on aimerait que tout aille vite. Mais c’est contre-productif. Cristian doit apprendre, se tromper et se relever. Il a été sous pression en début de saison. C’est bien, ça participera à le construire. Et quand tout ira bien, il retombera peut-être. C’est la vérité de ce milieu : quand tu t’enflammes, tu es vite puni. Surtout en première ligne… »

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