Des prophètes en Provence

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Entre un RCT nouvelle génération désireux de renouer avec la gloire et des Bears déterminés à prendre date, le bras de fer s’annonce épique, du côté d’Aix.

La dernière fois, c’était la grande Coupe d’Europe ; c’était dans le temple du rugby, Twickenham, devant près de 60 000 passionnés ; c’était la référence Clermont en face avec sa demi-équipe de France alors ; et il y avait "Wilko", Giteau, Mitchell, "Basta" ou encore Guirado en rouge et noir. Cinq ans après son troisième sacre continental, le RCT va de nouveau connaître les honneurs d’une finale européenne.

Cette fois, ce sera le Challenge Cup ; ce sera au stade Maurice-David à Aix-en-Provence, avec une affluence de match de Fédérale quand cette partie aurait dû se jouer au stade Vélodrome de Marseille ; ce sera contre Bristol, un novice, certes ambitieux, au palmarès dérisoire ; et c’est au tour des Ollivon, des Etrillard, des Villière et des Serin de jouer. "C’est le match le plus important de ma carrière", se projette Louis Carbonel. Venant de la bouche d’un minot de 21 ans, ça mérite d’être relativisé.

Mais si le RCT ne va pas vivre son plus grand moment de gloire, le collectif façonné par Patrice Collazo se voit, lui, offrir l’opportunité d’entrer dans l‘histoire du club. En devenant les premiers à soulever ce trophée, là où leurs prestigieux devanciers avaient échoué en 2010 et 2012. Depuis près d’un an, les Varois se sont promis d’aller au bout : "C’est une coupe relevée mais le RCT a des raisons d’être ambitieux. Les joueurs se sont fixé cette compétition comme objectif", avait avancé Patrice Collazo en novembre dernier, quand l’aventure avait débuté.

"Dans ce club pour gagner des titres"

Raphaël Lakafia et ses partenaires sortaient alors d’une saison pour le moins décevante, conclue à la neuvième place. Le plus mauvais classement de la décennie pour la maison rouge et noir. Depuis, le Toulon nouvelle génération a enclenché la marche avant : ses cadres ont pris de l’ampleur (Ollivon, Serin, Etrillard…), ses jeunes ont déployé leurs ailes (Carbonel, Gros, Rebbadj…) et ses recrues ont, dans leur grande majorité, apporté la plus-value espérée (Villière, Gigashvili, Heem, Moyano, Parisse, Etzebeth…

"Depuis 2019, il y a une montée en puissance de l’équipe, nous confiait récemment Charles Ollivon. Ce groupe est en train de prendre une nouvelle dimension." Entre une bonne et une grande équipe, la différence tient avant tout à la capacité à garnir l’armoire à trophées. Le capitaine des Bleus en est conscient : "Nous sommes dans ce club pour gagner des titres. Toulon en a besoin."

Pour y parvenir, ce vendredi, après cinq ans de disette, les Varois devront surmonter une préparation atypique, délocalisée à Aix depuis vendredi, et élever leur niveau de jeu après plusieurs prestations cahin-caha. Car en face, les Bears arrivent avec une ambition maximale et des armes de poids, de Radradra à Piutau en passant par Hughes et Luatua : les nouveaux riches du Premiership sont déterminés à régner sur l’Angleterre et l’Europe au plus vite.

"C’est un rendez-vous fondateur que nous attendons depuis le tout début, se projette le boss de Bristol Pat Lam. Aller chercher un premier trophée majeur serait le début d’un processus." La reconquête de Toulon et l’épopée des Bears commencent à Aix, drôle de théâtre d’une finale attendue comme épique.

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