Usap, remontada et manita

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    Usap, remontada et manita - Fabien Belloli
Publié le , mis à jour

Rapidement menés 13 à 0, Perpignan a fait preuve d’une grande force de caractère pour s’imposer à Nevers et signer une cinquième victoire de rang. L’Usap est le nouveau leader de Pro D2.

Comme une force tranquille qui finit, tôt ou tard, par prendre le dessus. Jeudi, à Nevers, Perpignan aurait pu douter, sombrer, laisser tomber. Auteurs d’une entame catastrophique, et menés 13 à 0 après seulement douze minutes de jeu, les Sang et Or ont affiché un état d’esprit exemplaire doublé d’un caractère collectif paré à toute épreuve. Sur la pelouse du Pré-Fleuri, là où ils n’avaient jamais gagné, les protégés de Patrick Arlettaz ont longtemps fait le dos rond. Avant de grappiller leur retard, puis de renverser le cours d’une rencontre pourtant bien mal embarquée. Comme à Carcassonne quelques semaines plus tôt.

À l’extérieur, l’Usap fait décidément preuve d’une maîtrise déconcertante. « Notre force, c’est de savoir gérer les temps faibles, minimiser l’hémorragie pour ensuite mettre notre jeu en place, s’installer, être intelligent et gérer le match. Sadek (Deghmache, N.D.L.R.) et Ben (Volavola) ont su le faire à Nevers, pour revenir dans la rencontre, pour simplement scorer quand nous en avons eu la possibilité et construire notre match petit à petit », livre Quentin Walcker.

« L’année dernière, nous aurions perdu des matchs de ce type. Dans l’excitation, nous aurions paniqué en voulant marquer et en faisant des choses dans le but de boucler le match. Alors que là, nous nous sommes rassurés grâce à notre défense puisqu’on récupérerait des ballons et des pénalités. Ainsi, sans paniquer, nous avons simplement appliqué les fondamentaux. Nous avons fait confiance aux copains et on s’est dit que rien ne pouvait nous arriver quand on est tous ensemble. »

Jaminet décisif comme jamais

Remplaçant au coup d’envoi, le pilier gauche a fait une entrée fracassante en seconde période. C’est lui qui gratte un ballon au sol et offre la pénalité de la gagne à son ouvreur fidjien à la 72e minute. Désireux de balayer le mauvais souvenir d’il y a trois ans, où une blessure aux cervicales avait failli lui coûter sa carrière, et bien plus, Quentin Walcker a symbolisé un banc de haut niveau. Les entrées de Chouly, Pelepele Lemalu, Rodor et Roussel ont fini par achever l’Uson. « On sentait qu’on pouvait marquer à tout moment. L’entrée du banc avec du sang frais a fait du bien au collectif mais on le sait : si l’équipe est composée de vingt-trois joueurs, c’est qu’il y a une raison », confirme Walcker. Comme à Albert-Domec, le staff a renouvelé son pari de mettre six avants sur le banc. Un gain marginal qui a aussi fait la différence.

Plus mature, plus complète, l’Usap est surtout restée tout aussi talentueuse. Malgré les départs de Bousquet, Cocagi et autres Forletta cet été, le club catalan s’est appuyé sur sa formation, l’une de ses marques de fabrique. Après les révélations Rodor, Roussel et Dubois la saison passée, le ProD2 découvre Melvyn Jaminet depuis quelques mois. À Nevers, l’arrière de l’Usap connaissait la première titularisation de sa carrière à l’extérieur. Et malgré la présence en face de son frère aîné, Kylian, le joueur de 21 ans ne s’est pas laissé envahir par la pression. Mieux encore, après avoir trouvé une superbe touche à cinqmètres de l’en-but neversois, le numéro 15 perpignanais a relancé son équipe d’un cadrage-débordement d’école pour servir Jean-Bernard Pujol. Comeilleur marqueur de son équipe (3 essais), passeur décisif, Melvyn Jaminet incarne le renouvellement. Une Usap forte de cinq victoires consécutives, leader du championnat et que peu d’adversaires semblent être en mesure de contrer.

Emilien Vicens
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